A la reconquête des éditeurs, Syntec Numérique propose une nouvelle grille de lecture

Syntec Numérique semble décidé à reconquérir le monde de l’édition. Soupçonné de ne servir que les SSII au point de susciter la création d’une association parallèlle plus dédiée – l’Afdel –, Syntec avait perdu un peu de terrain dans le logiciel français. Transformé, l’organisme patronal a réagi et lance coup sur coup une vaste étude sectorielle et des Trophées appelés à durer tout en se préparant à monter au créneau durant la présidentielle.

Entamée il y a un an avec la nomination à la tête de son collège éditeur du dynamique patron d’Avanquest Bruno Vanryb, la reconquête du monde de l’édition logicielle par Syntec Numérique – souvent soupçonné de faire la part belle aux SSII – a pris un tour nouveau cette semaine. L’organisation patronale a en effet remis ses premiers trophées des créateurs de logiciel. L’occasion également de présenter une étude réalisée par Ernst & Young et censée faire date pour évaluer le dynamisme du secteur et de ses acteurs en France.

Une première selon Bruno Vanryb, qui oublie un peu vite que l’Afdel – qui représente également de manière de plus en plus visible et dynamique les éditeurs de logiciel – publie depuis plusieurs années un top 100 de l’édition logicielle associé cette fois à Pierre Audoin Conseils et PriceWaterhouseCooper. Au-delà du classement, l’étude Syntec présente cependant une nouveauté méthodologique en prenant le parti de regrouper les éditeurs en fonction de 4 catégories : Sectoriels, Horizontaux, Particuliers et jeux, Intégrateurs et services.

Pour ses initiateurs, trois éléments majeurs ressortent de l’analyse du secteur : le marché français est particulièrement morcelé avec une part importante de TPE et de PME ; hors jeux vidéo ce sont les éditeurs de solutions B-to-B qui prédominent nettement sur les éditeurs d’outils grand public ; la France dispose d’un potentiel important et à cultiver en matière de R&D qui explique que de grands éditeurs de type SAP, Sage ou Microsoft installent d’importantes unités de développement dans l’Hexagone.

La reprise profite à un secteur néanmoins trop atomisé

Côté chiffres, 2010 a constitué une bonne année de reprise après les difficultés de 2009 et le chiffre d’affaires global réalisé par les 297 premiers éditeurs français s’élève à 7,7 milliards d’euros, 10% au dessus de 2008, année prise en référence. Reste une réalité contrastée que la nouvelle classification Syntec permet d’éclairer : les éditeurs disposant d’une offre entreprise horizontale réalisent une forte croissance (+22%) sur la période tandis que les intégrateurs et éditeurs/SSII affichent une décroissance de 4%. Bonnes nouvelles également : les entreprises de moins de 100 millions d’euros de CA – majoritaires – ont le plus profité de la sortie de crise avec une croissance de 26% pour les sociétés générant entre 50 et 100 millions d’euros de CA. Du coup, les effectifs généraux de l’édition sont en croissance depuis 2008 à hauteur de 5% en moyenne annuelle. Et plus d’un éditeur sur deux déclare avoir l’intention de continuer à embaucher.

En terme de modèle économique, si le cloud computing est un axe de développement identifié, l’évolution n’est pas encore un bouleversement et 1 euro sur 3 est toujours le fruit des ventes de licences.

Au niveau des classements, aucune surprise. Dassault Systèmes est bien le leader – de très loin – des éditeurs dits sectoriels, Cegid s’impose – avec Axway dans la roue – au niveau des « Horizontaux », Ubisoft – spécialiste mondial des jeux - et le roi incontesté du grand-public et GFI s’impose comme le principal Editeur/Intégrateur.

Besoin d’une politique industrielle en support

Reste le problème majeur du logiciel français : au-delà de Dassault Systèmes et d’Ubisoft qui s’imposent également sur leur marché à l’international, l’Hexagone peine à sortir des champions mondiaux dignes de ce nom. De l’effort de concentration local – entamé notamment autour de Dassault – , aux demandes de dispositifs de financements spécifiques pour passer le cap de l’international, en passant par les besoins en recrutement de profils plus orientés marketing, chacun y va de sa proposition. Et d’espérer souvent que la dynamique puisse venir des pouvoir public, notamment en matière de formation, de structuration du financement des projets ou encore de politique industrielle. A ce titre chacun semble avoir coché la prochaine présidentielle comme l’un des moteurs possibles du développement du secteur.

Et une chose est certaine : en cette année pré-électorale en France, les éditeurs de logiciel présents dans l’Hexagone ne manquent pas de représentants revendiquant le droit de porter haut leurs couleurs auprès des candidats à l’élection. Fort du travail de reconquête entamé par Guy Mamou Mani et Bruno Vanryb, le Syntec prévoit ainsi la publication d’un livre blanc de 15 propositions pour le secteur dans son ensemble. Le collège éditeur de Syntec publiera prochainement quant à lui un livre « blanc et noir » du logiciel en France qui s’accompagnera également de propositions.

L’Afdel ne sera certainement pas en reste et même si Patrick Bertrand, président de l’association, nous expliquait récemment ne pas vouloir présenter « un programme à soumettre aux candidats », il affirmait également souhaiter « avoir des programmes clairs en faveur de l’industrie informatique, trop peu visible dans les différents projets économiques ». Une manière de peser également.

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