Steria perd son fondateur, Jean Carteron

Le 22 juillet 2011, Steria a perdu son fondateur, Jean Carteron. LeMagIT revient sur le parcours de ce Polytechnicien et ingénieur des télécoms et sur celui de sa société, créée il y a plus de 40 ans.

Jean Carteron, alors qu'il dirigeait
Steria

Dans un courrier aux salariés, François Enaud, le gérant et PDG de Steria a annoncé le décès le 22 juillet 2011 du fondateur de la société, Jean Carteron. Né en 1926, ce polytechnicien et ingénieur des télécoms a tout d'abord au sein des Postes et Télécommunications avant de piloter l'essor du calcul numérique au sein d'EDF au début des années cinquante. En 1963, il quitte l'administration pour prendre la direction d'une des entités du groupe Sema, avant de fonder sa propre société, Steria. La Société d'Étude et de Réalisation en Informatique et Autonomisme, est créée le 2 septembre 1969 avec le soutien financier de la BNP (qui détenait à l'origine 49 % du capital). Son premier contrat sera avec le ministère des finances pour aider à rationaliser le budget.

Tirant profit du plan calcul Jean Carteron va faire de Steria l'un des géants des services informatique en France. Deux ans après sa création, la société réalise déjà près de 10 millions de francs de chiffre d'affaires. Peu à peu Steria se développe en région avec les ouvertures de premiers bureaux à Bordeaux, puis à Toulouse et Lyon. C'est aussi le temps des premières acquisitions avec le rachat de la Frap (Société Française d'Analyse et de programmation). En 1973, Steria acquiert, la Société d'Assistance Informatique (SAI), spécialisée dans les systèmes d'automatisation en temps réel. Cette entité contribuera beaucoup au développement de Steria.

Des projets emblématiques

• 1973 : premier traitement de texte pour l'AFP

• 1977 : développement du système de gestion centralisé du centre Pompidou

• 1981 : Travaux sur le Teletel et le Minitel

• 1989 : Développement du système d'échanges interbancaires connectant les DAB en France

• 1998 : développement du système automatisé de la ligne de métro Meteor

• 2001 : Steria développe le système derrière la carte d'identité électronique belge

• 2006 : A Singapour Steria développe un système de gestion du trafic basé sur les informations collectés par les 20000 taxis de la ville/Etat

Vers la fin des années soixante-dix Steria est aussi l'un des grands contributeurs au développement du Télétel, qui donnera lieu à la naissance en 1981 du Minitel. La fin des années 1980 verra Steria se développer à l'international, en Allemagne, en Belgique et en Espagne par exemple. Elle verra aussi Steria mettre la main sur C-Mips, une société qui finira par devenir son bras armé pour les services d'intégration en architectures client/serveur.

Si le début des années quatre-vingt-dix est prometteur, la société est frappée de plein fouet par la crise de 92/93 et enregistre ses premières pertes. Steria se lance dans les services d'outsourcing avec Steria Exploitation.

1998 : passage de témoin à François Enaud

En 1998, suite à la tentative ratée de prise de contrôle de Steria par la Compagnie des Signaux (CS), Jean Carteron confie les rênes de la société à un cadre de 38 ans, François Enaud, qui 13 ans plus tard est toujours à la tête de la société. Sous la direction d'Enaud, Steria va changer de taille. En 1999, vient l'entrée en bourse à Paris, mais aussi le développement au Royaume-Uni. L'entrée sur le marché boursier a permis à Steria de lever des fonds et ces fonds sont mis à contribution pour accélérer le développement de la SSII. Steria rachète ainsi en 2000 Tecsi, Equip, Metanoïques et surtout l'activité outsourcing d'Experian.

Avec l'acquisition de Bull Integris, Steria entre dans le Top 10 européen

En 2001, Steria met la main sur une autre pépite, le pôle européen d'Integris, l'activité de services et d'infogérance de Bull, une entité qui pèse alors 750 M€ de CA et emploie 4 500 personnes en Europe. L'achat est effectué à un prix cassé et permet au groupe de prendre son envol à l'international. Elle propulse en effet Steria dans le top dix des entreprises européennes de services informatiques, en triplant son chiffre d'affaires. Pour la première fois, le CA international est supérieur au CA réalisé en France. Sous la houlette de François Enaud, le développement à l'international va se poursuivre à marche forcée avec notamment en 2007 le rachat du britannique Xansa.

Un fondateur qui continuait à suivre l'évolution de sa création

Jean Carteron, dit François Enaud, suivait avec intérêt l'évolution de Steria, une société toujours chapoté par une structure en commandite par actions dont le contrôle reste largement entre les mains de ses salariés, même si ceux-ci ne contrôlent plus qu'environ 16 % du capital (la part des salariés dans le capital ayant été réduite au fil des acquisitions). En 1999, il avait rédigé une histoire de la société dans un livre publié aux éditions Le Cherche-Midi (Steria : 30 ans de création continue). En 2000, il avait aussi fondé l'Association pour l'histoire des télécommunications et de l'informatique (Ahti) qu'il présidera jusqu'en 2004. Jusqu'en 2007, il restera actif au sein de la société en conservant la gérance de la structure de commandite - depuis transmise en 2007 à François Enaud - et en étant administrateur de Steria SA. Il avait alors 80 ans. Depuis, il était toujours président d'honneur du conseil de surveillance de la firme et détenait encore environ 4 % du capital de Steria...

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