L'Open Data et Internet séduisent peu les fonctionnaires français

Logica et PAC publient une étude réalisée auprès de fonctionnaires européens qui démontre une certaine prudence de l'administration française face à l'usage d'Internet et de l'Open Data. Pointant du doigt des citoyens qui, selon eux, sont peu impliqués dans la vie publique par manque de connaissance ou encore par réticence. L'étude montre également des agents de l'état français sceptiques quant aux partenariats public / privé.

En matière d'e-administration, il existe bien une exception française, semble nous dire Logica dans une étude réalisée en collaboration avec le cabinet d'analystes Pierre Audoin Consultants. Une exception marquée notamment par la prudence pour tout ce qui concerne l'intégration des nouvelles technologies dans la vie du citoyen ou dans la modernisation des procédures administratives.

Sur un panel de 180 fonctionnaires en France, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Suède et Finlande, il apparait par exemple que les employés de l'Etat français ne considèrent que très peu Internet (seulement 17%) comme le prochain canal d'interaction (d'ici 5 ans) avec les citoyens, considérant le face-à-face, ou encore le courrier, comme moyen privilégié. Ils sont 43% en aux Pays-Bas, 33% en Angleterre et en Allemagne, et 30% en Finlande, à voir en Internet un outil clé de dialogue avec le citoyen.

Même prudence dans l'Open Data. Seulement 27% des répondants français estiment que le gouvernement devrait davantage faciliter la mise à disposition des données publiques, contre un gros 70 % en Suède.  "L’Open data soulève des questions auxquelles il faut répondre pour pouvoir concrétiser le projet : quelles données ? Quel usage ? Quelle sécurité des données ? ", commente Didier Menusier, directeur général adjoint de Logica, tout en rappelant que des initiatives sont en cours dans l'Hexagone pour favoriser le mouvement très tendance de l'Open Data - comme le portail data.gouv.fr. En France, avec certes un peu de retard par rapport au reste du monde, l'éco-système des données ouvertes se construit progressivement. Citons par exemple la société (privée) Data Publica qui se définit comme la première place de marché de la données publiques, puis les initiatives, quelque peu éparses, de certaines villes comme Paris, Rennes, ou encore Marseille.

Dans le même ordre d'idée, alors que l'Open Data vise notamment à rendre transparente l'information publique  à destination des citoyens, les fonctionnaires français restent justement sceptiques quant à l'engagement de ces mêmes citoyens. Ils ne sont que 33% à penser que le gouvernement pourrait les encourager à s'impliquer davantage (contre 68% en Suède et 65% en Finlande). Citant alors à 60% le manque de connaissances des citoyens dans la vie publique et à 43 % la réticence de ces mêmes citoyens à s'engager. Le rapprochement entre l'administration et ses administrés devrait prendre encore un peu de temps, donc.

Enfin, autre information intéressante, 62 % des fonctionnaires français considèrent les partenariats entre le secteur public et privé comme une forme de réussite. Un taux bien en dessous de celui des autres pays européens (92% pour l’Angleterre et 89% pour la Finlande). "Globalement, les acteurs du service public [en France, NDLR] comprennent bien les atouts que le secteur privé peut apporter, mais on note une certaine défiance face aux conditions de mise en œuvre : certains craignent que cela revienne plus cher au final, d’autres que la qualité du service public s’en ressente […]", explique Olivier Rafal, directeur de recherches chez Pierre Audoin Consultant.
Rappelons que la Bibliothèque Nationale de France a lancé hier un appel à des partenaires privés dans le cadre de son grand chantier de numérisation de son fonds documentaire.

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