Systematic : une feuille de route qui passe par un financement majoritairement privé

Le pôle de compétitivité francilien Systematic a placé au coeur la 3e étape de sa feuille de route 2012-2015 une refonte de sa gouvernance pour y laisser entrer des investisseurs privés. Une feuille de route que devra mettre en application son nouveau président Jean-Luc Beylat.

Nouvelles thématiques, nouvelle gouvernance, nouveau modèle économique et…nouveau président : le pôle de compétitivité francilien Systematic a décidé de prendre un tournant en ce qui concerne son avenir. Réuni le 15 juin dernier, l'un des pôles de compétitivité français le plus influent en matière d'innovation dans le logiciel libre, la sécurité et les télécoms, a dévoilé sa prochaine feuille de route pour la période 2012-2015.

Formalisée par le bureau exécutif du pôle, cette stratégie d'avenir sera mise en musique par un nouveau président : Jean-Luc Beylat, président d'Alcatel Bell Labs France, déjà membre du bureau exécutif et vice-président en charge du développement international et de la stratégie du pôle depuis 3 ans. Il prend officiellement les rênes de Systematic, en remplacement de Dominique Vernay, élu mi-avril président de la FCS (Fondation de coopération scientifique) Campus Paris-Saclay.

Après une étape 2009-2011 estampillée consolidation, le pôle souhaite désormais embrayer sur l'innovation et passer, selon les propres mots de son nouveau président, d'une "usine à projets" à un "moteur de l'innovation". Soit, en clair, concrétiser la conversion des développements en produits ou services réels dans l'industrie.

Pour cela, outre renforcer son rôle en tant "qu'acteur clé de la coordination de politiques publiques" - en contribuant notamment à la coordination des pôles en France, et aux investissements d'avenir -, Jean-Luc Beylat souhaite également muscler le positionnement de Systematic à l'international, en conduisant différentes actions dans les pays émergents. Et de citer l'Inde, la Russie et le Brésil comme étant des pays à forte dynamique. Il compte également mettre en oeuvre un plan Méditerranée, pour favoriser également l'accès à des marchés aux 380 PME de Systematic. Des PME qui se verront également doter d'un Pacte PME rénové, et d'une visibilité accrue pour 11 d'entre elles - le pôle parle de Champion du pôle (des PME en hyper-croissance), dont le but final est de renforcer les liens entre les grands groupes et ces PME innovantes, en leur donnant plus de visibilité.

Dans sa feuille de route 2011 - 2013, Systematic a également inscrit la création d'un nouveau groupe thématique dédié à la gestion de l'énergie et différentes actions, au travers de plusieurs groupes, sur le Cloud Computing, le "Big Data" (en collaboration avec Cap Digital notamment) et la e-santé et la ville durable.

Un financement revisité

Mais l'un des points clé de cette feuille de route est une évolution des modes de financement du pôle. Jean-Luc Beylat explique "qu'une refonte des statuts est en cours d'ici à la fin 2011 pour une modification de la gouvernance en 2012". Une refonte qui passera par la création d'un collège d'investisseurs qui côtoiera les grandes entreprises, des instituts de recherche publics et des PME. "Jusqu'alors, les investisseurs privés étaient présents au travers du club des PME, mais pas présents dans la gouvernance", souligne-t-il. Trois représentants siègeront au directoire et un au bureau exécutif. Avec pour objectif que "plus de 50% des fonds soient privés", ajoute-t-il.

Autre ajustement, celui du modèle économique qui passera également par la création d'une prestation - facturée - auprès des PME "sous forme d'accompagnement vers la labellisation". Histoire de rendre, au final, le pôle auto-suffisant, et de le préparer à un éventuel retrait de l'Etat dans les financements directs.

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