PLM : PTC rapproche Windchill de l’ALM

Le spécialiste du PLM, PTC, a décidé le mois dernier de s'offrir MKS, un spécialiste de l’ALM. Une façon pour le groupe de combler le fossé entre la gestion du cycle de vie des produits et celle du logiciel embarqué. Fondu à Windchill, l’outil de PLM du groupe deviendra alors une solution unique pour la mécatronique.

En matière de PLM, rien n’est productif pour les industriels à moins de couvrir l’ensemble des besoins de la chaîne, semble dire aujourd’hui PTC, le trublion du PLM (Product LifeCycle Management). Le groupe, qui vient de publier un CA de 269,2 millions de dollars au deuxième trimestre, en progression de 12% en un an, annonce compléter son offre de gestion des cycles de vie des produits, d’une brique ALM (Application LifeCycle Management - gestion du cycle de vie des applications).

Et fidèle à la stratégie du groupe de grossir via des opérations de croissance extérieures lorsqu’il s’agit d’un segment critique pour le groupe, PTC se paie le Canadien MKS, pour plus de 302 millions de dollars US (292,5 millions de dollars canadiens). L’annonce en a été faite le 7 avril dernier, mais était relativement passée inaperçue.

MKS est un acteur clé de l’ALM sur le secteur très critique des logiciels et applications à destination du monde de l’embarqué, très présent dans l’industrie manufacturière, notamment, rappelle Marc Diouane, Executive vice président de PTC.

La solution de MKS, Integrity (que l’éditeur décrit lui-même comme une plate-forme d’ingénierie unifiée pour le développement de produit), permet notamment de coordonner et de gérer de bout en bout chaque étape de la conception et du développement de produits qui incluent des logiciels embarqués. La solution prend donc en charge la gestion des composants, du code, mais doit également permettre d’effectuer des tests afin de garantir un produit final conforme. Sur son site, la société indique s’intéresser aux secteurs de l’automobile, des applications médicales, de l’électronique, et de l’avionique, par exemple. En 2010, la Canadien a réalisé un chiffre d’affaires de 62,9 millions de dollars US.

Pour Marc Diouane, cette acquisition devrait notamment permettre de positionner PTC sur le marché du PLM “avec une valeur unique ”. Comprendre une valeur que Dassault Systèmes et Siemens, ses archi-rivaux, ne proposent pas. Car l’idée derrière MSK est de rapprocher deux mondes de la gestion des cycles de vie des produits : le logiciel et le matériel. “Bien que la présence de logiciels embarqués dans les produits n’ait cessé de croître, la gestion des processus de développement de matériels et de logiciels demeure largement déconnectée”, constate PTC dans une de ses présentations. Ce rachat vient donc combler ce fossé, qui tendait à distinguer la gestion des cycles de vie des produits de celle des logiciels qu’ils intègrent. Le développement logiciel est bien souvent externalisé auprès de prestataires, comme Capgemini, note encore Marc Diouane, qui voit ainsi cette alliance comme une volonté de proposer au marché “une solution globale”.

Et bien sûr, tous les regards de se tourner vers l’industrie automobile, un secteur clé pour PTC qui constitue le gros de son portefeuille client. Le groupe revendique parmi ses clients Aston Martin, Toyota, Volkswagen, Hyundai et Kia, notamment. PTC a également crée un centre d’excellence R&D entièrement dédiée au PLM pour l’industrie automobile. Le marché est donc clé pour le groupe. Et greffer une brique tournée vers le logiciel à son outil phare de PLM, Windchill (dont la version 10 vient d’être annoncée), fait sens. Un fois les outils de MKS dans Windchill, PTC pourra  orchestrer les trois étapes : la mécanique, l’électronique et donc le logiciel. “La mécatronique (nom bannière de ces trois étapes) est la composante qui n’a pas de réponse chez les constructeurs, commente Marc Diouane. Ils utilisent aujourd’hui pour la plupart des outils développés en interne”.

Si aucun calendrier d’intégration des outils de MKS à Windchill n’a pour l'heure été fixé, les phases devraient être effectuées au rythme de la montée en version de la solution de PLM. Une montée qui sera progressive, affirme PTC, le groupe ayant décidé d’adopter le développement agile (et Scrum) pour publier ses applications.

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