I/O : Google enraye la fragmentation d’Android mais oublie l’Open Source d’Honeycomb

A l’occasion de sa conférence développeurs Google I/O, Google a levé un coin du voile sur Ice Cream Sandwich, prochaine version d’Android qui s’adaptera à la fois au monde des smartphones et des tablettes. Un OS unique pour stopper la fragmentation très décriée de l’OS mobile. Le groupe entend également guider les constructeurs dans la mise à jour de l’OS afin d’assainir le parc Android. Mais pendant ce temps-là, le code source d’HoneyComb n’est toujours pas ouvert.

Fini la fragmentation d’Android, a clamé haut et fort Google à l’occasion du premier jour de Google I/O, la conférence développeurs de la firme de Mountain View. Face à un parterre de développeurs entièrement acquis aux outils de la marque, Google a annoncé avoir décider d’endiguer enfin la tâche d’huile qui ternissait les beaux chiffres de la croissance de l’OS sur le marché de la mobilité : les trop nombreuses versions de l’OS présentes sur le marché et la lenteur des constructeurs de terminaux à faire monter en gamme et mettre à jour l’OS.

Et Google entend jouer une partition en deux parties. Tout d’abord, les développeurs ont pu avoir un aperçu de la prochaine mouture de l’OS, nom de code Ice Cream Sandwich. Cet OS, dont la sortie est prévue quelque part fin 2011, sera un OS unique, qui conviendra à la fois aux smartphones mais également au très tendance marché des tablettes tactiles. Un socle unifié qui vient alors réunir Honeycomb, l’OS sorti en février 2011, et destiné aux précieuses ardoises - dont il reprendra en partie les innovations - et enfin Android version smartphone, dont la dernière version est Gingerbread. Une plate-forme mobile unique, donc, avec un magasin applicatif : le casse-tête des développeurs semble sur le point de se terminer. Pour peaufiner l’ensemble, Google prévoit de fournir des outils qui permettront de développer des applications capables de s’adapter à toutes formes de terminaux embarquant l’OS.

Honeycomb toujours pas Open Source

Mais ce n’est pas tout. Toujours lors de conférence d’ouverture, Google a annoncé avoir collaboré avec certains constructeurs et opérateurs afin de publier une forme de bonne pratique, qui leur permettra de fluidifier les processus de mise à jour de l’OS sur leurs terminaux. A travers cet accord, ils s’engagent à mettre à jour leur plate-forme 18 mois après la sortie de la release par la communauté Android. Une unification du parc qui devrait rassurer les développeurs sur la version de la plate-forme cible qu’ils devront viser pour leurs applications. Parmi les partenaires de Google concernés, on retrouve notamment, HTC, Samsung, Sony Ericsson et Motorola.

Restera alors une question, après ce premier discours d’inauguration très teinté aux couleurs d’Android. Quid du versement à la communauté de l’Open Source du code d’Honeycomb - dont la version 3.1 a également été annoncée ce jour ? Alors que le groupe étale ses innovations autour de son OS mobile, pas un mot n’est mentionné quant à la disponibilité du code source de l’OS à tablettes, dont l’ouverture avait été décalée en mars dernier par Google. Le groupe expliquait alors que le code n’était pas prêt à être modifié et personnalisé par les développeurs.

Pour Stéphane Guérin, président de la jeune association Paris Android User Group (PAUG) qui s’est fixée pour mission d’être le point central de la communauté Android en France, il s’agit d’une stratégie de Google, qui vise à assainir une base installée quelque peu disparate en terme de qualité. “On pense que Google cherche à garder la main sur Android pour éviter que les constructeurs ne fassent n’importe quoi. Et endiguer un marché des tablettes à bas prix équipées de versions d’Android buggées.” Et de citer des ardoises à 50 $ sur le marché chinois, équipées d’OS qui “ne fonctionne pas très bien”. En retardant la publication d’un code source qui visiblement n’est pas finalisé et peu mature, il est probable que Google souhaite éviter une pétaudière de versions instables. Mais il vrai que “cela est discutable en ce qui concerne l’approche Open Source”, ajoute-t-il, toutefois

Même son de cloche en ce qui concerne les accords passés avec les constructeurs autour des processus de mises à jour, commente-t-il. Un bon point, surtout pour les tablettes, estime Stéphane Guérin, car “les constructeurs ont besoin d’être cadrés; ils ne savent pas ce qu’il faut faire en matière d’updates et lorsqu’il s’agit de vérifier le bon fonctionnement des dernières mises à jour appliquées”.

Pas un mot également sur le très sensible dossier Java et Oracle. Google, pourtant aux prises avec Oracle avec un procès pour violation de copyright de Java dans Android, a préféré taire l’histoire. Mais, finalement, il s’agit d’une bataille juridique entre Google et Oracle, rappelle Stéphane Guérin. Comprendre, pas une histoire de développeurs. Au final, si le verdict tombait en la défaveur de Google, Android resterait encore débout et ne serait pas prêt de disparaitre, explique-t-il. Ecartant ainsi d’un revers toute forme de gène de la communauté sur ce sujet.

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