Découplage entre IE et Windows : Microsoft satisfait enfin la Commission européenne

Feu vert de la Commission européenne. Après quelques aménagements apportés dans le courant de l'été, la fenêtre de choix du navigateur, que Microsoft propose d'ouvrir au premier lancement d'Internet Explorer, trouve enfin grâce aux yeux de l'Europe. L'épilogue d'un long feuilleton qui a opposé la Commission au premier éditeur mondial.

A quelques encablures d'un des lancements les plus importants de son histoire - celui de Windows 7 le 22 octobre -, Microsoft est parvenu à aplanir le dernier différend l'opposant à la Commission européenne. Au cours d'une conférence de presse, Neelie Kroes, la commissaire à la Concurrence, a parlé de la "satisfaction" de la Commission devant les dernières propositions de l'éditeur au sujet des liens qui unissent son navigateur (IE) à Windows. Rappelons qu'en juillet dernier, Redmond a proposé la solution du ballot screen, un écran à choix multiples permettant de télécharger un navigateur alternatif au premier lancement d'IE.

Une solution qui a manifestement retenu l'attention de la Commission, même si cette dernière a demandé à l'éditeur quelques ajustements dans le courant de l'été, sur la base des premiers commentaires reçus par les services de Neelie Kroes. Cette dernière parle ainsi "d'améliorations" apportées par Microsoft. En juillet, le Financial Times avait révélé que l'éditeur avait repris langue avec l'UE afin de trouver un terrain d'entente avec Bruxelles.

Interopérabilité : Microsoft va aller plus loin
Sans livrer de détails sur les engagements de l'éditeur, Neelie Kroes, la commissaire à la Concurrence, a toutefois promis de nouvelles avancées de Redmond sur la question de l'interopérabilité de ses systèmes. "En juillet, Microsoft a aussi formulé des propositions en matière de publication d'informations d'interopérabilité. Ces propositions amélioreront l'interopérabilité entre des tierces parties et plusieurs produits de Microsoft, incluant Windows, Windows Server, Office, Exchange, et SharePoint. Microsoft a également amélioré ses propositions en la matière [depuis juillet, ndlr]". Et la commissaire, inhabituellement transformée en RP de Redmond, de promettre des annonces de l'éditeur sur ce terrain très prochainement.
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L'écran de choix comportera 12 navigateurs, retenus en fonction de leurs parts de marché sur le continent. "Etant donné qu'il y a cinq navigateurs dominants aujourd'hui sur le marché, ce principe laisse de la place à de nouveaux entrants", a expliqué la commissaire. Cette dernière relève que, suite aux remarques de la Commission au cours de l'été, Redmond a accepté d'agrémenter son ballot screen de boutons informant les utilisateurs sur la nature des logiciels qu'ils peuvent télécharger et d'améliorer l'expérience utilisateur de ce système. Un dernier point qui avait été critiqué fin septembre par l'ECIS (European Committee for Interoperable Systems), un groupe de pression comprenant Adobe, Corel, IBM, Nokia, Opera, Oracle, RealNetworks, Red Hat et Sun.

Pas de discriminations contre les constructeurs qui délaissent IE

De plus, explique Neelie Kroes, "dans les futures versions de Windows, incluant Windows, les constructeurs de PC pourront installer des navigateurs concurrents, y compris comme navigateur par défaut, et pourront désactiver Internet Explorer. Et Microsoft ne sera pas autorisé à prendre des mesures discriminatoires contre les constructeurs faisant de tels choix".

Bref, pour Neelie Kroes, les améliorations concédées par Redmond ouvrent désormais la voie à un test sur le marché. La solution sera toutefois encore soumise à commentaires, après publication des détails sur le site de la Commission vendredi. "S'il est accepté, l'écran de choix du navigateur sera distribué aux utilisateurs dans les deux mois qui suivent notre décision", a précisé la commissaire.

Seconde bataille d'une guerre d'usure

Condamné en 2004 à une amende de 497 millions d'euros - pour des questions d'interopérabilité de ses systèmes -, Microsoft est de nouveau tombé sous le coup d'une enquête de la Commission en janvier 2009 pour les liens unissant IE à Windows. L'UE demandait à l'éditeur de fournir une solution technique pour donner aux consommateurs le choix de leur(s) navigateur(s), une exigence à laquelle Microsoft avait d'abord répondu par l'absurde : la suppression d'Internet Explorer dans Windows en Europe (avec une version dite E). Avant de finalement proposer la solution du ballot screen, en juillet dernier.

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