Principe de précaution : SAP et Salesforce se rapprochent de Google

Pour se déployer dans l'entreprise, les éditeurs de progiciels cherchent depuis des années à s'immiscer dans les environnements de travail les plus utilisés dans cet environnement. En ciblant la suite Office de Microsoft bien sûr. Mais les récents progrès de Google incitent maintenant deux grands noms, Salesforce et surtout SAP, à bâtir des ponts entre leurs progiciels et Wave, la future suite collaborative de Mountain View.

On n'est jamais aussi bien trahi que par ses vieux amis. Microsoft a dû méditer la devise en apprenant que SAP faisait partie des deux éditeurs qui ont bâti des prototypes sur Wave, la nouvelle brique collaborative de Google dont la bêta vient d'être ouverte à 100 000 premiers invités. L'éditeur allemand explique avoir développé un prototype baptisé Gravity, permettant de modéliser des processus métier au sein de la suite collaborative de Google. Dans une vidéo, SAP démontre l'usage possible de Gravity dans le cas d'une fusion entre une banque et une assurance. Une fois modélisés, les processus peuvent être exportés vers l'outil de BPM de l'éditeur de PGI.

Support client chez Salesforce

Le nom du second partenaire de Google est moins surprenant. Déjà proche de Mountain View, Salesforce dévoile une extension pour Wave permettant d'utiliser la suite collaborative pour le support des clients. Dans une vidéo (voir ci-dessous), le spécialiste de la relation client en mode Saas montre comment cette extension peut servir à démarrer des interactions entre un consommateur et un robot, mis en place par l'entreprise. Des échanges qui seront, là encore, exportés vers l'outil de Salesforce.

La société de Marc Benioff avait déjà dévoilé, en avril dernier, une extension de son produit (Salesforce for Google Apps), permettant d'employer Gmail, de créer et partager des documents Google et de lancer des communications GTalk (messagerie instantanée) depuis l'interface de CRM. Le module pour Wave apparaît donc comme un prolongement de cette stratégie. Signalons tout de même que Salesforce dispose d'un autre fer au feu, avec des outils d'interopérabilité pour Office et Outlook.

Pour SAP, se rapprocher du trublion Google

Le ralliement de SAP est donc plus inattendu. Rappelons que l'Allemand s'était rapproché de Microsoft, pour justement coupler ses PGI aux outils bureautiques de Redmond. En juin 2006, était ainsi annoncé Duet, fruit d’une collaboration entre le premier éditeur mondial et SAP. Cet ensemble de technologies offre la possibilité de voir et de manipuler des données du PGI directement depuis Office. Selon un billet de blog posté sur le site de SAP - et détaillant les raisons pour lequel l'Allemand se rapproche de la suite de Google -, l'éditeur explique que cette stratégie complète son rapprochement avec les outils bureautiques, stratégie déjà concrétisée par Duet donc, mais aussi par Alloy pour les environnements IBM (un outil annoncé en janvier dernier et reliant Business Suite à Notes).

Dans ce même billet de blog, SAP détaille cinq scénarios de couplage avec Wave : la collaboration donc (pour la modélisation de processus par exemple, mais aussi pour les recrutements), la gestion des habilitations, la gestion des approbations, l'intégration de fonctions décisionnelles issues de BO et l'emploi de Wave comme un outil de partage des connaissance en lien avec SAP HR.

Google en entreprise : un mouvement naissant

La nouvelle amourette de SAP n'est pas innocente. L'Allemand se rapproche de celui qui apparaît aujourd'hui comme l'alternative la plus crédible à Microsoft sur le poste de travail. Selon un sondage conduit récemment par le cabinet IDC auprès de 262 entreprises américaines, Google Docs serait déjà « largement utilisé » dans près de 20 % des organisations outre-Atlantique. Alors qu'il y a un an et demi, la proportion de sondés utilisant régulièrement ces Docs n’était que de 5 %. En France, la pénétration de Google dans les entreprises est probablement moins significative. Même si le Californien a gagné une première référence importante en convainquant l'équipementier automobile Valeo de migrer ses 30 000 utilisateurs vers l'édition sur abonnement des Apps.

Bien que présentant une ergonomie encore très imparfaite pour les entreprises, selon un analyste cité par nos confrères d'Infoworld, Wave promet une approche globale de nature à ringardiser l’e-mail. C'est en tout cas ce que promet Mountain View. Surtout, Google a pris soin de proposer d'emblée un environnement de développement aux API ouvertes, permettant d'attirer des éditeurs tiers sur sa plate-forme. Et a garanti que la solution pourrait être déployée sur les propres serveurs d'une entreprise utilisatrice, afin d'aplanir l'obstacle relatif à l'hébergement des données sur une infrastructure cloud que la DSI ne maîtrise pas. Des arguments qui n'ont pas échappé à SAP.

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