Bureautique, Mac OS X : Apple fait pression sur Microsoft avec la gratuité

En décidant d’offrir système d’exploitation et suite bureautique à ses clients, Apple renforce et étend la pression qu’il avait commencé à exercer sur Microsoft mi-septembre, aussitôt suivi par Google.

Cela marquera-t-il la fin d’une ère ? Celle où entreprises et consommateurs paient pour disposer de la dernière version du système d’exploitation de leur ordinateur personnel. Peut-être. En tout cas, Apple a frappé fort, ce mardi 22 septembre, en annonçant proposer gratuitement aux utilisateurs de ses Mac la nouvelle version de leur système d’exploitation, OS X Mavericks. En face, chez Microsoft, il faut compter au moins 119 € pour accéder à Windows 8.1. Mais la firme à la pomme va plus loin, offrant également sa propre suite bureautique, iWork. Là où il faut compter au moins 99 € par an pour Office 365 Famille Premium ou 139 € pour Office Famille et Etudiant.

Au-delà de la mobilité

Apple avait déjà franchi une première étape dans ce sens, annonçant mi-septembre la gratuité des versions mobiles de ses applications de bureautique. Google n’avait pas tardé à réagir, s’alignant sur la firme à la pomme comme s’il lui revenait désormais de donner le la au marché : quelques jours plus tard, Google annonçait à son tour proposer gratuitement sa suite bureautique mobile QuickOffice aux utilisateurs de ses services disposant de terminaux iOS et Android. Au préalable, cette suite n’était gratuite que pour les clients des Google Apps Entreprise.

La toute dernière initiative d’Apple étend le terrain de l’affrontement au-delà de la mobilité, atteignant le poste de travail classique. Surtout, Apple ne se contente pas de viser les utilisateurs de ses ordinateurs personnels. La firme sort de son marché traditionnel pour viser les utilisateurs de PC sous Windows : un document iWork peut désormais être partagé et modifié de manière collaborative par un groupe d’un maximum 20 personnes… en ligne, via le service iCloud. Un autre pied de nez à Microsoft et à sa suite bureautique en mode Web.

Une nouvelle approche du logiciel

Ainsi, Apple profite des hésitations de Microsoft quant au lancement d’une version d’Office pour tablette autres que Windows. Surtout, la firme de Cupertino envoie un message clair aux consommateurs, les invitant à s’intéresser sur les raisons qui les poussent à payer pour des logiciels qui constituent la base de leurs usages, en en faisant une commodité. Apple transpose ainsi à l’ordinateur personnel un modèle qu’il a déjà adopté pour ses smartphones et qui apparaît hérité d’un autre monde : celui des appliances grand public, des produits complets où logiciel et matériel ne sont pas dissociés ni dissociables.

Cette approche est susceptible d’inquiéter les défenseurs de l’ouverture mais peut-elle véritablement faire souffrir Microsoft ? Les positions de l’éditeur tant dans le grand public que dans le monde de l’entreprise sont robustes. Mais elles sont fragiles sur ceux de la mobilité et du Web, deux domaines qui continuent de se développer. Un développement dont l’accélération pèse durement sur les ventes de PC et qui laisse à penser que le geste d’Apple pourrait ne pas laisser Microsoft indifférent même s’il apparaît quelque peu pris en étau : d’un côté, l’éditeur cherche à changer ses modèles commerciaux, de l’autre, la lenteur du changement l’oblige à continuer de compter sur les revenus liés à ses modèles historiques.

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