Rentrée Microsoft France : Office 365 à la SG et accord avec Cegid

A l’occasion de sa traditionnelle conférence de rentrée, Microsoft a annoncé un accord clé avec l’éditeur lyonnais Cegid et dévoilé un partenariat avec la Société Générale portant sur Office 365.

C’est hier que Microsoft faisait son habituelle rentrée des classes sur son Campus d’Issy-Les-Moulineaux. Peu d’annonces produits cette année, mais deux accords importants ont jalonné cet évènement. En attendant l’arrivée – confirmée imminente - de Windows 9.

La Société Générale investit dans Microsoft pour sa « transition numérique » mondiale

La plus grosse annonce « business » du jour est venue de la Société Générale. La banque a rendu officiel son choix des outils Microsoft pour accompagner sa « transformation digitale ». En résumé, la « SG » va - sur la totalité de son périmètre (banque de détail, d’affaires et d’investissement) - déployer dans l’année 2015 des solutions de collaboration pour l’ensemble de ses 150.000 collaborateurs qui s’appuieront sur Office 365, Yammer, Lync et Sharepoint.

En phase « pilote » depuis huit mois, le projet est intéressant car les banques sont habituellement plus friandes de développements internes. Ici, le déploiement se fera sur une architecture hybride pour répondre aux impératifs de confidentialité et réglementaires.

En fonction des retours d’expérience, la Société Générale choisira de déployer telle brique dans ses centres de données en propre (Sharepoint pour les documents sensibles par exemple), d’autres sur Azure (Yammer, qui n’est disponible qu’en mode Cloud), et d’autres sur des serveurs dédiés à la banque mais géré par Microsoft (la partie collaborative d’Office 365 en Cloud privé par exemple).

En parallèle, une première vague de 90.000 tablettes seront distribuées aux employés de la banque. Des tablettes qui restent à déterminer plus précisément mais qui tourneront sous Windows, confirme Françoise Mercadal Delasalles, Directrice de l’Innovation à la Société Générale. Dans un deuxième temps, une réflexion sur un BYOD plus large et la possibilité d’intégrer l’iPad ou des tablettes Android à l’entreprise est envisagée.

Ces premières tablettes Windows permettront d’accéder, en mobilité, à des applications Société Générale (disponibles soit sur le Windows Store, soit sur un « SG Store »), de surfer sur Internet en toute liberté (« c’est la philosophie d’ouverture de ce projet ») et d’accéder aux réseaux sociaux (une source d’informations et d’interactions devenue incontournable pour Françoise Mercadal Delasalles). Mais pas aux applications critiques de l’établissement financier qui elles, sécurité oblige, resteront cantonnées au poste de travail traditionnel, à l’exception de la messagerie et de l’agenda (qui seront a priori accessibles via un Cloud Privé).

Cet accord de très grande envergure complète la stratégie de la Société Générale dans le numérique après la refonte de ses sites web, le lancement d’apps mobiles pour les clients, la simplification des UI ou l’organisation de Hackathons (comme récemment à l’Ecole 42) et le soutien aux start-ups (avec une participation à l’incubateur de l’Ecole Centrale ou du Paris Region Lab), véritable vivier de talents IT pour l’entreprise.

« Je plaisante souvent en disant que la banque, c’est une grosse usine informatique avec des conseillers commerciaux autour », résume Françoise Mercadal Delasalles. « Ce n’est pas tout à fait cela mais aujourd’hui, l’informatique change la donne. Les clients ne veulent plus attendre à un guichet, ils veulent des réponses H24, ou communiquer avec nous via Twitter ».

Une donne qui devrait également être changée en interne. « On est en réflexion sur les nouveaux usages qui vont émerger avec ces outils de collaboration », explique la responsable du projet qui ne planifie rien spécifiquement, mais table sur « la créativité de [ses] collaborateurs » et sur une démarche d’accompagnement de « co-construction avec Microsoft » - qui n’est pas sans évoquer le « Design Thinking » ou « co-innovation » de SAP - pour voir sur quelles nouvelles pratiques métier elles déboucheront.

Les premiers employés « testeurs » ont d’ores et déjà soumis plusieurs idées comme de mettre des QR Code sur chaque salle pour consulter leurs emplois du temps et voir si un lieu est disponible pour une réunion à l’instant T ou plus tard.

Bien qu’étant une banque, la Société Générale rechigne à parler d’argent pour ce projet. « Vous n’avez pas de chance », plaisante Françoise Mercadal Delasalles quand LeMagIT lui pose la question, « vous êtes tombé sur la seule personne à la Société Générale qui se perd dans les chiffres ».

Un accord « Cloud to Cloud » avec Cegid pour les PME

A côté des grands groupes, le responsable de l’écosystème PME, Alain Bernard, est revenu sur les annonces récentes pour son réseau partenaires – 15.000 en France sur ce segment de marché selon ses chiffres.

« Nos certifications ont été refondues », résume-t-il. Une refonte qui suit une ligne « Cloud, Cloud, Cloud ». Désormais le réseau partenaires PME peut en effet revendre Office 365, Azure depuis le 1er août, et « dans les mois qui viennent, CRM Online ». En parallèle, un programme Cloud Solutions Service Provider (CSSP) permet aux « partenaires initiés » d’avoir entièrement la main sur les produits Cloud «  de la facturation au support ».

Mais pour les PME, la vraie nouveauté est venue de Cegid. Son Directeur général, Patrick Bertrand, et le Président de Microsoft France, Alain Crozier, ont conjointement annoncé un partenariat « Cloud to Cloud » destiné aux clients de l’éditeur lyonnais. Il s’agit « d’une intégration native entre applications Cloud de différents partenaires ». En clair, un client du Cloud de Cegid qui voudra souscrire à un pack Office 365 pourra le faire directement « à un seul guichet » via une offre baptisée « Microsoft Office 365 for Cegid ».

« Nos clients respectifs n’ont pas envie de se retrouver devant six ou sept Clouds en fonction de leurs applicatifs », explique Patrick Bertrand. « Le Cloud est aujourd’hui une déferlante », constate-t-il - même dans un contexte de contraction des investissements industriels mais où les dépenses IT semblent, d’après ses observations, se maintenir voire progresser. « Mais il faut qu’il reste simple », analyse Patrick Bertrand, d’où cette démarche de « one step shopping ».

Avec « Microsoft Office 365 for Cegid », les clients Cegid – SaaS ou sur site - peuvent bénéficier d'Office 365 pour 9,80 euros par mois et par utilisateur. L’offre inclut la suite Office (Word, Excel, Powerpoint, OneNote, Outlook, Publisher, Access, Lync), 1To de stockage sur OneDrive, une messagerie professionnelle avec calendrier partagé et 50Go de stockage par boîte. Elle est disponible auprès de Microsoft et de Cegid et le sera prochainement sur le Cegid Store.

Les deux éditeurs n’ont pas précisé les termes financiers de ce partenariat.

Windows 9 en approche imminente et convergente, « Nokia » vers la sortie ?

Côté produits, cette rentrée aura également été l’occasion pour Alain Crozier de confirmer l’arrivée de Windows 9 « dans les jours qui viennent ».

Une approche imminente, donc, qui sera également convergente puisqu’un des gros chantiers des développeurs  de Microsoft a touché le noyau de l’OS – qui gagnait déjà en modularité d’année en année.  Avec pour ambition que les systèmes qui font tourner les PC, les tablettes, les smartphones, les serveurs et même la Xbox soient tous des déclinaisons de Windows 9 et non pas des OS fondamentalement distincts.

Même l’Internet des Objets et l’embarqué seront de la partie puisque, comme le dévoile Bernard Ourghanlian, Directeur Technique et Sécurité chez Microsoft France, une des exigences de Windows 9 (Windows Threshold) est de pouvoir fonctionner avec des configurations restreintes, avec seulement 256 Mo de RAM.

Concernant les autres objets connectés au cœur de l’actualité de l’éditeur - les smartphones - Microsoft France a assuré ne pas avoir d’informations sur l’éventuel abandon de la marque Nokia au profit de Lumia (au passage seul nom présent sur les T-Shirt des anciennes équipes de Nokia présentes sur le Campus). « On réfléchit sur le portefeuille de marques […] pour clarifier notre gamme », finit néanmoins par lâcher un des porte-paroles interrogé par la presse. Ce qui laisse bien entendre qu’un changement est à venir (une des définitions de clarifier étant de « retirer ce qui trouble la perception »).

Pour mémoire, Nokia a été particulièrement touché par les coupes annoncées par le PDG de Microsoft dans le cadre de sa restructuration, au point que certains analystes se demandent si Microsoft souhaite pérenniser ce rachat effectué par la précédente direction de Steve Ballmer. Une restructuration dont les coupes (10 % des effectifs mondiaux) « devraient avoir un impact limité en France », dixit le Directeur des Ressources Humaines de la filiale, qui assure discuter avec les partenaires sociaux et travailler sur la « mobilité interne ».

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