SanDisk, victime collatérale de la guerre entre Diablo et Netlist

Un juge vient d'ordonner à Diablo de cesser la vente de ses technologies, au coeur des modules Flash UltraDIMM de SanDisk utilisés par Lenovo et SuperMicro

La dernière escarmouche dans la bataille qui oppose le californien Netlist au Canadien Diablo a fait sa première victime collatérale en la personne de SanDisk auquel un juge américain vient d’ordonner de stopper la commercialisation de ses barrettes de mémoire Flash UltraDIMM. Ces barrettes d’un genre un peu particulier sont en fait des modules de mémoire Flash associées à un contrôleur MCS de Diablo que l’on peut insérer dans les emplacements de mémoire DIMM des serveurs compatibles et qui utilisent la bande passante du bus mémoire des serveurs pour fournir un espace de stockage Flash à très hautes performances.

Diablo est accusé par Netlist de violer plusieurs de ses brevets avec sa technologie MCS et la bataille est d’autant plus âpre entre les deux sociétés qu’elles ont été partenaires à leurs débuts. Le problème pour Diablo et en conséquence pour SanDisk est qu’un juge de la cour de Californie du nord a accordé à Netlist une injonction préliminaire interdisant à Diablo de commercialiser la technologie qu’il fournit à SanDisk (c’est en tout cas ce que soutient Netlist sur son site web en reproduisant une note d’analyste de Craig Hallum).

Diablo et Netlist : des technologies pourtant très différentes

Le problème pour l’instant est que les technologies de Netlist et de Diablo sont différentes. Netlist fabrique des modules de mémoire vive épaulés par de la mémoire Flash et une supercapacité destinée à fournir l’énergie nécessaire pour sauvegarder le contenu de la barrette mémoire sur la Flash en cas de défaillance d’alimentation sur un serveur. Après une panne, le serveur redémarre, recharge les données mémoire sauvegardée sur la Flash des modules mémoire et reprend sa production comme si de rien n’était.

Diablo de son côté produit des modules DIMM 100%Flash qui s’insèrent dans des emplacements mémoire traditionnels et ne sont pas vus comme de la mémoire mais comme un espace de stockage. L’objectif de Diablo est d’utiliser la bande passante du bus mémoire pour délivrer des performances très élevées et une latence encore inférieure à ce que permet le bus PCIe. La technologie de Diablo est notamment utilisée par SanDisk pour fournir les modules UltraDIMM utilisés dans les serveurs de Lenovo (ex-IBM System x) et dans des serveurs de SuperMicro. Les deux constructeurs s’approvisionnent.

SanDisk entre le marteau et l'enclume

Netlist estime toutefois que Diablo s’est approprié certains de ses secrets pour parvenir à lancer ses produits sur le marché avant lui. Diablo a annoncé avoir fait appel de la décision du juge, mais ce dernier a refusé de lever son injonction. Il faudra donc attendre le 9 mars prochain et le début du procès entre les deux sociétés pour savoir qui de Diablo ou de Netlist aura gain de cause. En cas de défaite, Diablo pourrait se voir contraint de licencier les technologies de Netlist ou pire de stopper la commercialisation de ses technologies. Avec l’impact que l’on imagine sur SanDisk, qui a parié gros sur cette technologie pour développer ses ventes de Flash sur le marché des serveurs d’entreprises.

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