Qlik doit travailler pour améliorer son image, selon son nouveau Pdg

Mike Capone, le nouveau PDG de Qlik, revient sur les récents licenciements intervenus dans le groupe. Selon lui, l'entreprise doit être plus agressive dans sa promotion pour éviter de prendre du retard sur le marché de la BI en libre-service.

Ces deux années dernières ont été mouvementées pour Qlik. Après la vente de la société au fonds d’investissement Thoma Bravo en 2016, Qlik a connu deux séries de licenciements, l’un en 2017, l’autre début 2018.

Une tourmente certes, mais Qlik est ses applications sont toujours aussi bien référencés sur le segment de BI et de l’analytique en libre-service ; ce que confirme le Magic Quadrant de Gartner.

Dans cet entretien, Mike Capone, le nouveau Pdg de Qlik qui a pris ses fonctions en janvier 2018, donne un avant-goût de son programme mis en place pour placer les atouts techniques de l'entreprise au cœur du discours. Objectifs : la rendre plus compétitive et améliorer la perception de Qlik chez les clients potentiels.

 

TechTarget : Comment votre précédente expérience professionnelle s’inscrit-elle par rapport à votre nouvel emploi ?

Mike Capone : Mon précédent poste était directeur des opérations chez Medidata, une société spécialisée dans le domaine des sciences de la vie dans le Cloud. J'étais responsable de tous les départements de l'entreprise. Cette activité était intéressante parce que nous disposions d’une plateforme technique pour mener des essais cliniques. Et nous ressentions que l’analytique s’infiltrait de plus en plus sur ce terrain.

Nous avions les droits sur toutes nos données, et nous les utilisions pour  faire émerger des connaissances scientifiques via l'analytique alors que, traditionnellement, ces problèmes n’étaient résolus qu'en faisant appel à des personnes expérimentées. Nous commencions à modéliser des choses qui, historiquement, ne pouvaient pas être modélisées. Cela reposait sur l’association d’outils puissants comme Amazon, et de personnes intelligentes.

Quand j'ai reçu l'appel de Qlik, j'ai pensé : « Je suis dans un segment de niche - les sciences de la vie – imagine ce que peut être l’analytique pour tous les autres secteurs de niche ». Toutes les  industries, quelle qu'elles soient, ont besoin d'analyser des données…

TechTarget : Medidata était-il un utilisateur Qlik ?

Mike Capone : Non. Ils utilisaient Tableau. Je connais donc bien la concurrence. Mais Je connaissais aussi bien les outils [de Qlik]. Certains amis dans mon réseau étaient des utilisateurs fidèles de Qlik, et cela m’a aidé à accepter le poste.

 

TechTarget : Comment allez-vous appliquer cette expérience en tant que PDG de Qlik ?

 

Mike Capone : J'ai déjà vécu des situations où les entreprises avaient besoin de passer au niveau supérieur et de se développer. Nous avons doublé la taille des effectifs de[Medidata]. J'ai traversé des phases de croissance. Je sais comment faire croître une entreprise de manière rentable et correcte.

TechTarget : Ce besoin de grandir, est-ce la position dans laquelle se trouve aujourd’hui Qlik ?

Mike Capone : Oui. Nous nous positionnons pour tirer parti de cette nouvelle vague l'analytique. Les données seront la monnaie de l'avenir. C'est un marché énorme. Nous sommes bien positionnés pour croître, et avec « l'intelligence augmentée » et le Cloud hybride, je m'attends à ce que l'entreprise croisse.

 

TechTarget : Qlik est devenu privé il y a deux ans. Quel est son statut actuel : en bonne santé ou un coup de main est-il nécessaire ?

Mike Capone : Je pense que l'entreprise a des fondations extrêmement solides. Il y a trois choses qui font le succès d'une entreprise. Il faut avoir un bon produit. Il est difficile de vendre un mauvais produit, et Qlik a sans équivoque un excellent produit. Deuxièmement, il faut avoir une bonne clientèle. Nous avons ajouté 4 000 nouveaux clients l'an dernier. La dernière chose : les gens. Et ils sont passionnés par ce qu'ils font.

La concurrence est forte sur le marché. Ce n'est pas un secret, et nous y répondons maintenant. Avons-nous du travail à faire ? Absolument. Mais nous avons tout ce qu'il faut pour y parvenir.

 TechTarget : Y a-t-il des changements en cours, que ce soit du côté technologique ou du côté marketing, ventes et support ?

Mike Capone : Les seuls changements : plus rapide et plus fort. Nous pouvons mieux marketer nos réalisations sur le marché. En Amérique du Nord, Tableau suscite beaucoup d’intérêt, et je pense que c'est simplement parce que nous ne racontons pas notre histoire. Vous allez nous voir élever notre discours, raconter notre histoire et parler de notre succès.

Compte tenu de mes antécédents, vous me verrez insister sur le plan opérationnel pour que la vélocité soit de mise du côté de l'ingénierie. Je veux vraiment me concentrer là-dessus. Je suis un développeur produits de formation.

TechTarget : Allez-vous renforcer l'équipe de développement ?

Mike Capone : Nous recentrons nos efforts de développement. Nous avons réorganisé notre département de R&D afin d'avoir plus de personnes. Cela est en cours.

Sans citer de chiffres, mais je vous dirai que nous dépensons beaucoup d'argent dans la R&D. Notre programme d'innovation est aujourd'hui bien financé. Cela ne veut pas dire que je ne vais pas taper sur la table pour muscler la productivité.

Nous intervenons dans un paysage concurrentiel, et je connais la portée de Power BI et Tableau. Ce sont de vrais concurrents avec de bons produits et nous devons être à notre meilleur niveau pour gagner.

 

TechTarget : Plusieurs vagues de licenciements ont été rendu publiques. C'était votre décision ? Et pourquoi la réduction des effectifs ?

Mike Capone : Ce n'était pas ma décision, en soi. Un Pdg intérimaire était en place, mais j'étais au courant de l'arrivée du premier plan. Stratégiquement, j'étais d'accord avec lui. La réorganisation des forces de vente a été un exemple de « moins c'est mieux ». Nous avons un bel écosystème de partenaires et ils font du très bon travail.

Certaines personnes étaient aussi en charge de cette activité. Il y avait beaucoup de monde et donc des conflits. Nous nous sommes dits : « Laissons les partenaires être les partenaires ». Nous allons vraiment nous concentrer sur les ventes directes auprès des entreprises et des comptes stratégiques. Ces comptes sont plus spécialisés, et ils ont besoin de relations.

Et nous avons externalisé une partie de nos capacités de générations de prospects. Notre capacité de vente globale, elle, n'a pas changé. Il s'agit simplement de passer par différents partenaires.

 

TechTarget : Votre expérience dans les modèles d’abonnement fait-elle partie des raisons pour lesquelles vous avez été engagé comme Pdg de Qlik ?

Mike Capone : Je comprends l'octroi de licences perpétuelles ; j'en achetais beaucoup. Mais nous voulons avoir un mélange sain des deux.

Et il n'y a pas de marche forcée. Nous n'appelons pas nos clients en leur disant : « au prochain renouvellement, vous allez vous abonner ». Nous leur disons plutôt : « Si vous voulez vous abonner, nous avons cette possibilité." Et le marché va en ce sens. L'époque des énormes dépenses en capital est révolue. Les gens préfèrent les dépenses d’exploitation.

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