macOS 10.14, iOS 12 : des nouveautés cachées en coulisses

En ouverture de sa conférence développeur, Apple a présenté les nouveautés prévues pour les prochaines versions de ses OS clients. L’essentiel s’adresse plus aux développeurs qu’aux utilisateurs finaux.

Comme le veut la tradition, Apple vient de profiter de sa conférence développeurs annuelle pour lever le voile sur les nouveautés au programme des prochaines versions de ses systèmes d’exploitation clients.

En la matière, certains trouveront peut-être ce cru 2018 quelque peu creux : les nouveautés immédiatement bénéfiques à l’utilisateur final n’apparaissent pas, au premier coup d’œil, aussi nombreuses qu’à l’accoutumée.

Du côté des postes de travail, macOS dit « Mojave » introduit un mode d’affichage sombre, un nouveau dispositif de rangement du bureau, ou encore un affichage du contenu d’un dossier en mode « galerie », et la possibilité de modifier directement fichiers graphiques et PDF depuis le « coup d’œil », entre autres.

Pour les terminaux mobiles, iOS 12 doit quant à lui introduire un mécanisme de groupement des notifications, les conversations de groupe en vidéo avec FaceTime (jusqu’à 32 personnes), et un suivi de la consommation de ses outils numériques – qu’il sera possible d’assortir de restrictions. S’ajoutent à cela de nouveaux émoticones animés, et un rafraîchissement de certaines applications fournies en standard.

Pour l’essentiel, cela ne va guère plus loin, et il ne serait guère surprenant que les impatients se ruant sur les bêtas publiques à venir soient moins nombreux cette année que les précédentes.

Mais c’est qu’en fait, les apports de ces systèmes d’exploitation devraient surtout se faire sentir par le biais d’applications tierces, et notamment métiers en entreprise.

Vers des applications métiers plus riches

Ainsi, Apple semble avoir consacré beaucoup d’énergie à son framework d’apprentissage automatique, Core ML : initialement dévoilé l’an dernier, il arrivera à l’automne en version 2. L’ambition affichée par le groupe : permettre « l’intégration facile de modèles de machine learning, pour construire des applications aux fonctionnalités intelligentes en seulement quelques lignes de code ». Pour cela, il est possible d’entraîner des modèles existants – Apache MXNet, TensorFlow, ou encore ONXX et bien sûr Core MAL –, ou d’en créer de nouveaux, dans l’environnement de développement maison, Xcode, mais également avec l’outil ouvert Turi Create désormais proposé en version bêta 5.0, en Python.

Dans sa version 2, Core ML va en outre au-delà de l’analyse visuelle, avec un framework dédié au traitement du langage naturel. Ce nouveau framework embarque des classes dédiées à la reconnaissance de texte, à la segmentation en unités sémantiques, ainsi qu’à l’étiquetage d’éléments de texte : noms, verbes, adjectifs, personnes, lieux ou organisations.

Enfin, Core ML 2 est capable de profiter des ressources du processeur graphique gérées avec le framework dédié, Metal, sur Mac comme sur iPad et iPhone.

Sur iOS, le framework dédié à la réalité augmentée arrive également dans sa seconde version. Cette dernière promet des sessions persistantes, mais aussi partagées entre plusieurs utilisateurs. ARKit 2 doit en outre permet le suivi d’images en 2D ainsi que la détection d’objets 3D répandus, comme les sculptures, les jouets ou le mobilier.

Ce n’est pas tout : une nouvelle application baptisée Raccourcis doit permettre de lancer des actions prédéfinies associant les fonctionnalités natives d’iOS ainsi que celles exposées par des applications tierces. De quoi rappeler l’application d’automatisation Workflows rachetée par Apple l’an dernier. Siri lui-même doit voir son éventail de commandes enrichi par plus de fonctions exposées par des applications tierces.

Enfin, le groupe semble décidé à simplifier le passage d’iOS à macOS pour les développeurs. Pas question de fusionner les deux, mais bien de proposer un chemin de portage. Aucune date n’est là avancée, mais Apple entend commencer à éprouver le concept lui-même, avec certaines de ses applications.

Sécurité : un environnement toujours plus robuste

Enfin, comme pour chaque nouvelle itération de ses OS clients, Apple n’a oublié la sécurité. Les appels FaceTime de groupe seront ainsi chiffrés de bout en bout. Ce qui ne manque pas de soulever des questions quant à la manière dont le groupe s’y est pris pour réaliser ce tour de force.

Apple va en outre mettre à disposition des développeurs tiers des API permettant une intégration plus étroite des gestionnaires de mot de passe, à la manière ce qu’il fait déjà dans iOS et macOS avec le gestionnaire de mots de passe associé à iCloud. Une fonctionnalité doit également alerter de la réutilisation de mots de passe, et une autre automatiser la saisie de mots de passe à usage unique générés par des applications d’authentification à facteurs multiples. A cela s’ajoutera un mécanisme de partage de mots de passe entre terminaux frappés de la pomme.

Le navigateur Web d’Apple, Safari, doit enfin, avec sa version 12, offrir à l’utilisateur de nouveaux remparts contre le suivi sauvage, notamment en empêchant la création « d’empreintes » de navigateur. Les extensions NPAPI seront finalement totalement abandonnées avec cette mouture.  

Enfin, macOS Mojave intègrera un mécanisme de protection de l’accès à la caméra et au microphone par les applications – une autorisation sera demandée à l’utilisateur –, à la manière de ce que propose déjà OverSight, développé par Patrick Wardle.

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