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SIRH : l'acheteur de PeopleDoc se vend pour le prix de trois SuccessFactors

L'éditeur de SIRH, Ultimate Software, va sortir de bourse et devenir une société de capitaux privés en se vendant pour 11 Md$ à un fonds. Concurrencer SuccessFactors, Workday ou Oracle dans le monde pourrait devenir un objectif de cet éditeur jusqu'ici très américano-centré.

En France, Ultimate Software est surtout connu pour avoir racheté PeopleDoc pour 300 millions de dollars. Mais cela pourrait bien changer.

Le co-fondateur de l'éditeur français de portail RH (HR Service Delivery), Clément Buyse, expliquait en janvier au MagIT que ce rachat était l'opportunité pour lui de continuer à croitre et à développer ses solutions, sans avoir à passer par un nouveau tour de table ou mener une longue et douloureuse introduction en bourse.

Il expliquait également que la stratégie d'Ultimate - spécialiste du Core RH et de la paie - n'était pas de venir en France et en Europe pour concurrencer SuccessFactor ou Workday, via le portefeuille clients de PeopleDoc.

Enfin, Clément Buyse soulignait que le rapprochement entre les deux sociétés avait pu prendre forme sur une base de valeurs communes et qu'Ultimate était une « société familiale ».

Plusieurs choses vont peut être changer dans les mois qui viennent avec la décision de Scott Scherr, fondateur et président d'Ultimate, de retirer sa société de la cotation. Ultimate vient en effet d'annoncer qu'il allait se vendre à un fonds privé pour 11 milliards de dollars - soit une prime entre 19 % à 30 % par rapport à sa valorisation boursière (selon que l'on considère le cours de vendredi ou lissé sur un mois).

A titre de comparaison, SAP avait racheté SuccessFactors pour « seulement » 3,4 milliards. Ce qui valorise le SIRH d'Ultimate à 3,2 SuccessFactors.

D'un point de vue stratégie et management, la direction d'Ultimate Software et Scott Scherr resteront en place.

A la conquête de la planète ?

PeopleDoc avait également expliqué au MagIT que son arrivée dans le giron d'Ultimate, s'il ne faisait pas de lui un Cheval de Troie européen, allait tout de même lui permettre de faire de « l'up-selling » et de compléter son offre logiciel avec les produits « sur étagère » de l'Américain (sondage interne avec Perception Software, gestion des notes de frais, etc.)

La sortie de bourse et l'apport de capitaux pourraient néanmoins donner plus d'ambitions internationales à Ultimate. Plusieurs fois le communiqué officiel fait d'ailleurs allusion au marché « mondial ».

« À la fin 2018, notre chiffre d'affaires dépasse les 1,1 milliard de dollars et notre société fournit plus de 5600 clients à travers le monde. [...] Hellman & Friedman (NDR : le fonds qui va racheter Ultimate) est en total accord avec notre vision qui est de fournir le marché mondial de la RH », peut-on par exemple y lire.

« Ultimate continuera de développer, de commercialiser, de livrer et de servir sa gamme de solutions à l'échelle mondiale - dont les RH, la paie, la gestion des rémunérations, l'acquisition et la gestion des talents, la gestion des effectifs, l'analyse du sentiment des employés et les  services RH », ajoute le communiqué.

Hellman & Friedman n'en est pas à son premier rachat dans les RH puisqu'il avait déjà mis la main sur Kronos en 2007 pour 1,8 milliard, rappelle Reuters.

Contacté par LeMagIT, PeopleDoc nous a fait savoir qu'il avait prévu de communiquer dans les jours qui viennent sur le rachat de celui qui l'a racheté.

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