Veeam dévoile enfin la version 10 d’Availability Suite

Attendue depuis deux ans, cette édition du logiciel de sauvegarde apporte la gestion des NAS, la recherche de données sensibles dans les backups, la restauration des PC en VDI et l’archivage en cloud.

La prochaine version 10 de la suite de sauvegarde Veeam Availability Suite devrait sortir d’ici à la rentrée prochaine et proposera quatre nouveautés principales. Lors de l’événement annuel VeeamON qui se tient cette semaine à Miami, l’éditeur a cité la sauvegarde des NAS, la gouvernance des données depuis les sauvegardes, la restauration des machines physiques sous forme de machines virtuelles et un bien meilleur support de l’archivage des sauvegardes en cloud public.

Cette version 10 était particulièrement attendue. Annoncée il y a deux ans, elle aurait normalement dû paraître fin 2017. A l’époque, elle n’était censée apporter que le stockage en cloud et un début de sauvegarde des NAS.

« Ce fut une erreur de parler de cette version 10 il y a deux ans, même si certaines des fonctions annoncées à l’époque ont entre-temps fait leur apparition dans la version intermédiaire 9.5 », a sobrement déclaré le PDG Ratmir Timashev lors de l’événement de Miami.

Sauvegarder les NAS sans passer par des machines virtuelles

« Je pense que si Veeam a mis si longtemps à publier cette version 10, c’est parce qu’ils souhaitaient rester fidèles à leur réputation de proposer quelque chose de très abouti au lancement. Or, ils se sont rendu compte en cours de route que ce n’était pas le cas », raconte au MagIT Christopher Glémot, consultant Infrastructure & Cloud chez Monaco Digital.

« Concernant la sauvegarde des NAS, par exemple, ils étaient partis sur l’utilisation du protocole NDMP, comme l’ont toujours fait d’autres éditeurs de logiciels de sauvegarde. Néanmoins, celui-ci n’est pas granulaire : il impose de restaurer tout un volume à chaque fois que l’on souhaite ne récupérer qu’un fichier. Nous avions fait tester cette fonction à certains de nos clients et ils ont été très déçus. »

Désormais, la console de Veeam Availability Suite affiche bien toutes les options de restauration : par fichier, par dossier, ou encore par volume entier. On y trouve même la possibilité de déplacer un curseur sur une ligne temporelle, typiquement pour restaurer les données dans l’état dans lequel elles se trouvaient avant d’avoir été cryptées par un ransomware.

« La sauvegarde des NAS était sans doute la fonction la plus attendue. »
Christopher GlémotConsultant Infrastructure & Cloud - Monaco Digital

« La sauvegarde des NAS était sans doute la fonction la plus attendue. Sans elle, nous avons perdu plusieurs appels d’offres chez des entreprises qui avaient des volumétries de plus de 100 To à sauvegarder », confie Christopher Glémot.

« Il faut comprendre qu’il est possible de partager les volumes d’une baie depuis un serveur virtuel, ce qui rendrait possible la sauvegarde depuis Veeam. Néanmoins, à partir de 20 To de données, les entreprises préfèrent utiliser les fonctionner de partage internes à la baie pour des questions de rapidité. Et sans connecteur pour cette baie NAS, Veeam ne savait dès lors plus la sauvegarder. »

Rechercher les données sensibles dans les sauvegardes

La gouvernance des données, ici appelée « Data Integration », consiste à pouvoir répertorier toutes les informations contenues dans les sauvegardes depuis la console Veeam. Sur scène, l’éditeur a démontré qu’il suffisait d’entrer des expressions régulières dans un nouveau moteur de recherche pour, par exemple, trouver tous les numéros de cartes bancaires conservés dans les backups.

« Data Integration », consiste à pouvoir répertorier toutes les informations contenues dans les sauvegardes depuis la console Veeam.

« Cette fonction est très intéressante dans le cadre du RGPD, car elle permet de voir où se trouvent toutes les données sensibles. D’ordinaire, il est impossible de faire cela depuis une sauvegarde. Ce domaine est plutôt réservé à des solutions comme celle de Varonis qui inspecte les données dites non structurées – principalement les fichiers – qui sont stockées sur le réseau », analyse Christopher Glémot.

Outre identifier les données, la fonctionnalité Data Integration va de pair avec celle déjà existante de bac à sable. Utilisées conjointement, elles permettraient d’extraire les fichiers contenant des données sensibles afin de les nettoyer avant de les remettre dans la sauvegarde.

Restaurer en VDI les PC perdus par les salariés

La restauration de machines physiques sous forme virtuelle permettrait d’activer un système de secours en cas de panne sur l’un des serveurs applicatifs physiques, lesquels représenteraient en moyenne 5 % de la flotte des serveurs en entreprise.

Néanmoins, pour Christopher Glémot, l’intérêt est ailleurs : « le véritable besoin que cette fonction adresse est celui de la perte des PC portables. Il est très long de reconfigurer une machine neuve pour un salarié et, pour lui permettre de travailler en attendant, il serait pertinent de restaurer une copie de son PC en VDI, d’autant qu’il pourrait même l’utiliser à distance depuis un terminal s’il est en déplacement. »

Il est à noter que le moteur de restauration ici utilisé – Instant VM Recovery – devrait enfin être compatible avec autre chose que VMware vSphere. Veeam cite les clusters Hyper-V, mais aussi des VMs sur Azure et AWS ECS.

Des sauvegardes en cloud à la fois sur du stockage objet et indexées

Enfin, si le stockage des sauvegardes en cloud existait déjà, Veeam Availability Suite 10 devrait l’enrichir avec des API pour utiliser les services de stockage objet d’Azure et d’AWS, bien moins chers que les espaces de stockage disque qu’ils proposent.

De manière cohérente avec la fonction de Data Integration, un module sur site doit permettre d’indexer les contenus des fichiers de sauvegarde VDK archivés en cloud.

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