L'ISCD met les sciences du calcul et de la donnée à la portée de toutes les disciplines

Transdisciplinaire par vocation, l'Institut des sciences du calcul et des données (ISCD) de Sorbonne Université veut créer des passerelles entre les chercheurs des différentes disciplines. Il met à disposition des équipes-projet des ordinateurs et des outils de simulation puissants.

« Nous voulons casser la tendance à l'hyper-spécialisation des chercheurs, nous rapprocher du savant “universaliste” », explique d'emblée Pascal Frey, directeur de l'Institut des sciences du calcul et des données (ISCD). Ce centre de recherche et de formation, créé en 2010, est l'un des Instituts Universitaires de Sorbonne Université. Installé sur le campus Pierre et Marie Curie (Jussieu), il fournit des moyens de calcul scientifique et de simulation à des équipes-projet multidisciplinaires qu'il accompagne et soutient grâce à ses expertises.

Relever les grands défis scientifiques

« La conjugaison des algorithmes, des données et de l'intelligence artificielle fournit des outils innovants capables de répondre aux défis scientifiques d'aujourd'hui et de demain », poursuit Pascal Frey.

Entre autres objectifs, l'ISCD ambitionne de soutenir les prises de risque des chercheurs dans leurs actions interdisciplinaires, d'identifier les grands défis, comme la médecine personnalisée ou la voiture autonome et d'encourager les modes de travail innovants sur ces sujets qui nécessitent des approches transverses et « un souffle long ». De plus, les résultats scientifiques sont valorisés en Open Source et Open Data.

Théâtre d'Orange et chimie quantique

Plusieurs équipes « hybrides » sont déjà engagées dans des projets collaboratifs qui exploitent les ressources en calcul scientifique de l'ISCD. Emmanuelle Rosso, archéologue et historienne de l'art romain, dirige un projet de restitution visuelle et sonore du théâtre antique d'Orange grâce à des méthodes d'analyse et de calcul de données. Son équipe étudie également les incendies dans la Rome Antique, travaux qui vont servir à l'étude de l'incendie de Notre-Dame de Paris.

Lydie Uro, doctorante en mathématique et étudiante en 5ème année de médecine, utilise les modèles mathématiques et la puissance de calcul de l'ISCD pour un projet de reconstruction faciale et d'amélioration de l'identification des personnes décédées.

Quant à Jean-Philip Piquemal, professeur et directeur du laboratoire de chimie théorique de Sorbonne Université, il dirige l'équipe Chimie computationnelle. Celle-ci conjugue les talents en mathématique, physique, chimie et informatique pour appliquer la mécanique quantique à la chimie et étudier la dynamique moléculaire.

 Une puissance de calcul de 40 millions d'heures par an

Outre qu'il héberge le point d'arrivée de Renater, le réseau à 100 Gbit/s, dédié à la recherche, l'ISCD dispose d'une plateforme baptisée HPCave (pour High Performance Computing and Visualisation). Celle-ci est composée de deux machines SGI.
La première, dotée de 1024 cœurs, dispose de 16 To de mémoire partagée.
La seconde est un cluster de 4000 cœurs adaptée aux modèles en mémoire partagée et au calcul parallèle. Connectées en InfiniBand et reliées par fibre optique, les deux machines fournissent une puissance de calcul de 40 millions d'heures par an aux départements et centres de recherche de Sorbonne Université, auxquelles s'ajoutent 15 millions d'heures par an fournies par différents centre HPC en Europe et au Texas (Etats-Unis).

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