HPE rachète SGI et sa technologie NUMALink

HPE a annoncé son intention de racheter SGI pour 275 M$. Le constructeur devrait ainsi mettre la main sur la technologie NUMALink de SGI mais aussi accélérer sa croissance sur les marchés du HPC, de l'analytique et des serveurs pour le marché de l'hyperscale.

À peine six mois après un accord de commercialisation qui avait vu HPE inscrire à son catalogue les machines NUMA UltraViolet 300 de SGI à son catalogue pour des applications de bases de données en mémoire, HPE vient d’annoncer le rachat de SGI pour 275 M$. Pour mémoire, SGI (issu du rachat par Rackable de Silicon Graphics en 2009) emploie environ 1 100 salariés dans le monde et a réalisé quelque 533 M$ de revenus au cours de son année fiscale 2016 (achevée fin juin).

NUMALink, le trésor caché historique de SGI

Depuis plus de dix ans, SGI dispose d’un trésor mal exploité, sa technologie NUMALink, au cœur de sa gamme de serveurs UltraViolet à architecture NUMA. Cette technologie permet au constructeur d’être le seul fournisseur de machines x86 scale-up capable d’agréger jusqu’à 256 CPU Intel et 64 To de mémoire vive au sein d’une machine à système d’exploitation unique. Une telle configuration à des applications dans le domaine du HPC, de l’analytique temps réel mais aussi sur le marché des applications en mémoire (SGI a notamment travaillé à l'optimisation d'HANA sur NumaLink). La machine Ultraviolet 300 de SGI, une machine à 8 sockets Xeon E7, est d’ailleurs utilisée par HPE, sous l’appellation HPE Integrity MC990 X, pour concurrencer les appliances SAP HANA de constructeur comme Lenovo (qui peut s’appuyer sur la technologie des System x d’IBM).

Une machine SGI de la gamme UV
sous SAP HANA

HPE de son côté dispose de sa propre technologie NUMA, co-développée depuis plusieurs années avec le japonais NEC (le partenaire de développement historique d’HPE sur les serveurs Itanium). Cette technologie est historiquement utilisée pour les serveurs Integrity Itanium et a été adaptée plus récemment pour produire les serveurs Integrity Superdome X à base de puces x86. Mais elle n’a jamais eu les capacités de scale-up de la technologie SGI (elle plafonne aujourd’hui à 16 sockets CPU) et surtout son développement est rendu de plus en plus difficile à financer du fait de l’incessant recul des ventes des serveurs Integrity HP-UX à base de puces Itanium.

HPE accélère sur les marché du HPC, de l'analytique et des serveurs hyperscale

Pour une somme finalement assez modique (si on la compare aux près de 12 milliards jetés par les fenêtres par Leo Apotheker pour le rachat d’Autonomy), HPE met la main sur la technologie NUMA la plus avancée au monde et aussi sur une équipe disposant d’une expertise reconnue dans le monde HPC. La firme dirigée par Meg Whitman met aussi la main sur un large portefeuille de brevets, et sur un catalogue de serveurs denses déjà largement utilisés par les grands acteurs cloud du marché (dont Microsoft pour Azure). Ce marché des serveurs pour les acteurs hyperscale est un marché qu’HPE convoite depuis plusieurs années et sur lequel l’acquisition de SGI pourrait lui permettre de mieux livrer bataille face à la division DCS de Dell et face aux constructeurs chinois. 

 L'intégration de SGI sera un test pour HPE

Si le rachat de SGI semble donc logique, il sera intéressant de voir comment HPE pilote l’intégration des technologies SGI dans ses gammes et l’intégration des salariés de SGI dans ses équipes. HPE n’a en effet jamais vraiment brillé par sa maîtrise des acquisitions. Le rachat d’Apollo dans les années 1980 a été longtemps donné en référence dans les écoles comme l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire lors d’un rachat (HP et Apollo contrôlaient chacun un tiers du marché des stations de travail Unix avant le rachat et n’en contrôlaient plus qu’un tiers ensemble deux ans après le rachat). Les rachats par la division logicielle de BlueStone et Autonomy ou le rachat d’EDS ont également été de vrais désastres. La seule exception notable, récente, est l’acquisition de 3Par, qui a finalement permis à HPE de relancer ses ventes sur le marché du stockage.

Si HPE parvient à intégrer SGI sans encombre, la technologie NUMA du constructeur pourrait lui permettre de développer de futurs systèmes scale-up x86 potentiellement plus séduisants que les actuels Integrity x86. Elle pourrait aussi permettre à HPE de s’ouvrir plus largement les marchés du HPC, de l’analytique et des bases de données en mémoire. Éventuellement la technologie NUMA x86 de SGI, mature, pourrait à terme remplacer chez HP la technologie NUMA co-développée avec NEC pour les Integrity (et elle pourrait aussi jour un rôle dans le développement de « The Machine »).

Sauf surprise, le rachat devrait être dans le cours du premier trimestre fiscal 2017 d’HPE soit entre le début du mois de novembre 2016 et la fin du mois de janvier 2017.

 

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