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Process Mining : IBM rachète MyInvenio pour nourrir ses solutions d’automatisation

IBM va acquérir l’éditeur spécialisé dans le process mining MyInvenio dans le but d’étoffer son portefeuille dédié à l’automatisation. Le montant de ce rachat n’a pas été divulgué.

Cet achat, rendu public le 15 avril, s’appuie sur un partenariat existant entre IBM et MyInvenio. Depuis décembre 2020, IBM a intégré la technologie d’exploration de processus et de tâches de MyInvenio dans IBM Cloud Paks for Automation, des solutions packagées dédiées à l’automatisation applicative.

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Élargir le portefeuille Cloud Paks for Automation

L’acquisition par IBM de MyInvenio, basée à Reggio Emilia, en Italie, donne à Big Blue la possibilité d’intégrer plus profondément la technologie de la startup dans ses services Cloud Paks for Automation, selon Neil Ward-Dutton, vice-président et analyste chez IDC.

« IBM veut faire de la technologie de MyInvenio une partie intégrante de sa plateforme d’automatisation. Il souhaite faire de l’exploration, l’analyse et l’optimisation des processus, des éléments essentiels de son catalogue de services d’automatisation réservés aux organisations et à l’IT », déclare-t-il.

« IBM souhaite faire de l’exploration, l’analyse et l'optimisation des processus, des éléments essentiels de son catalogue de services d’automatisation réservés aux organisations et à l’IT. »
Neil Ward-DuttonVP et analyste, IDC

Le logiciel MyInvenio observe les données commerciales des utilisateurs pour identifier les tâches qui pourraient profiter de l’automatisation et mettre en évidence les goulets d’étranglement et les facteurs d’inefficacités à modifier. Une de ses briques reposant sur un sociogramme peut examiner les interactions entre les collaborateurs, afin de déterminer où les processus d’automatisation robotisée (RPA) et d’autres formes de traitement rendraient efficientes les actions de l’entreprise.

Dans un premier temps, Neil Ward-Dutton estime que le produit de MyInvenio pourrait compléter Cloud Pak for Business Automation, en détectant les bénéfices possibles à tirer de la RPA ou de la gestion des logiques métiers. La startup fondée en 2013 a d’abord ciblé le marché du BPM en s’intégrant avec les outils comme Bonitasoft, Bizagi ou d’autres.

« À plus long terme, la technologie de MyInvenio pourrait également être utilisée pour fournir une capacité d’analyse opérationnelle continue pour les procédures de gestion des affaires, de l’IT et des réseaux, en mettant en évidence les problèmes potentiels et en suggérant des solutions de manière proactive », ajoute-t-il.

En l’occurrence, l’analyste fait référence aux autres produits de la gamme dont, Cloud Pak for Watson AIOps, dédié à l’autoremédiation des opérations IT, Cloud Pak for Integration, conçu pour fluidifier les interconnexions entre systèmes, et Cloud Pak for Network Automation, un service de déploiement automatisé de réseaux.

IBM associera sans doute les résultats obtenus MyInvenio à IBM Blueworks Live, un modélisateur de processus d’entreprise basé sur le cloud, de sorte que le rapport de MyInvenio puisse passer directement à un outil de modélisation et de documentation pour la réingénierie des processus, indique Rob Koplowitz, analyste chez Forrester.

« L’on peut déjà le faire aujourd’hui en important un modèle BPMN [business process model and notation], mais cela va probablement être plus facile à utiliser et mieux intégré », affirme-t-il.

RPA et process mining, deux faces d’une même pièce

L’acquisition de MyInvenio fait suite au rachat par IBM de l’éditeur brésilien spécialiste de la RPA WDG Automation, en juillet 2020. Big Blue avait alors assuré qu’il prévoyait d’intégrer plus de 600 fonctions RPA préconstruites de WDG Automation dans ses produits Cloud Pak, en commençant par Cloud Paks for Automation. 

L’initiative d’IBM avec MyInvenio « s’appuie pleinement sur la stratégie d’automatisation d’IBM, qui inclut la RPA, mais sans s’y limiter », assure Rob Koplowitz. « Une fois que l’automatisation est déterminée comme étant la bonne approche pour optimiser un flux, IBM provisionne une solution par le biais de sa pile technologique. »

Rob Koplowitz craint toutefois que l’exploration des processus ne devienne l’apanage exclusif des éditeurs RPA et des fournisseurs cloud.

Dans l’idée, une organisation qui utilise un outil de process mining peut faire ressurgir les domaines qu’elle pourrait automatiser. Dans les mains d’un fournisseur tel qu’IBM, ce dernier peut alors détecter des opportunités afin de facturer davantage de services capables de répondre à ce besoin.

« Le marché de l’automatisation est beaucoup plus important que celui du process mining. Tout ce qui peut aider un éditeur à nourrir le premier devient intéressant pour lui », constate-t-il.

Dans une certaine mesure, cette tendance prend de l’ampleur. En octobre 2019, UiPath a racheté ProcessGold, un éditeur hollandais d’une solution de process mining. En janvier 2021, SAP a mis la main sur Signavio, un acteur cette fois-ci référencé dans un Market Guide établi par Gartner.

De son côté, Niel Ward-Dutton précise qu’IBM a pour objectif de construire la plateforme d’automatisation la plus étendue possible. Il ne serait pas surpris que le géant de l’IT fasse une ou deux autres acquisitions en ce sens dans l’année à venir.

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