Cet article fait partie de notre guide: Guide de l’infrastructure en cloud hybride

Stockage : Nasuni met aussi ses NAS dans le cloud de Google

Le NAS virtuel de la startup va à présent chercher sur GCP l’espace de stockage qu’il partage. Pour les analystes, l’offre intéressera les enseignes qui rechignent à enregistrer leurs données chez Amazon.

Nasuni, la startup qui propose de remplacer les NAS physiques par une machine virtuelle stockant ses fichiers dans un cloud public, est désormais disponible sur GCP, le Cloud de Google. Jusque-là, Nasuni n’était compatible qu’AWS et, plus récemment, avec Azure. Désormais, son service apparaît sur la marketplace de GCP sous le nom de Nasuni Files for Google Cloud.

Le principe reste le même : on installe sur site une machine virtuelle qui se présente sur le réseau local comme un NAS. Tous les fichiers qui y sont écrits partent s’enregistrer sur un service de stockage objet de GCP. Une copie des fichiers les plus récents demeure dans un cache local, pour pouvoir être relue rapidement.

« Il s’agit véritablement de la même offre que celle que nous proposons sur AWS et Azure. L’intérêt de la proposer sur le cloud de Google est que cela simplifie la facturation pour les entreprises qui paient déjà des services en ligne chez Google », explique, à nos confrères de TechTarget USA, Russ Kennedy, le chef produit de Nasuni.

Le prix de Nasuni Files for Google Cloud comprend celui de l’espace de stockage consommé sur GCP. Il se paie mensuellement, sur la facture envoyée par GCP. Les tarifs sont toutefois indiqués à l’année : 455 $ par To pour le service Nasuni, plus 45 $ par To pour le service de stockage Google Object Storage. L’éditeur offre une assistance gratuite pour la mise en place de sa solution.

« Si l’on fait le calcul, la solution revient moins cher que le prix d’un NAS collaboratif à capacité égale. Par ailleurs, cette solution est en définitive un marchepied vers l’utilisation des services cloud, donc un facilitateur pour les entreprises de la migration vers le cloud », commente l’analyste Enrico Signoretti du cabinet GigaOm.

« En faisant passer du stockage en ligne pour des NAS locaux, nous proposons quelque chose de simple à comprendre, de simple à déployer, et qui facilite la migration en cloud », argumente Russ Kennedy.

Une opportunité pour Google

En plus du stockage simple des fichiers, Nasuni met en avant des fonctions de sauvegarde (pour restaurer des fichiers effacés par erreur), de reprise après sinistre (pour restaurer d’un coup tous les fichiers en cas de corruption par une cyberattaque) et, surtout, de mise à disposition des fichiers sur plusieurs succursales.

En effet, chacun des sites d’une entreprise qui installe la machine virtuelle accède au même contenu, comme s’il s’agissait d’un NAS privé qui serait présent dans tous les bureaux à chaque fois, quel que soit leur emplacement géographique. Nasuni facture d’ailleurs en option la réplication d’une région GCP vers une autre. Par exemple, pour qu’une entreprise européenne partage des documents avec ses salariés situés aux USA, il faudra acheter de l’espace Google Object Storage en Europe, plus le même espace sur la région nord-américaine.

« Cette offre pourrait également aider Google à répondre davantage aux besoins des grandes entreprises, auprès desquelles le fournisseur manque encore souvent de légitimité. »
Enrico Signoretti Analyste, GigaOm

« Nous comblons le vide qui existe entre les services de Google Drive, orienté stockage individuel, et de Google Filestore, qui est du stockage très rapide pour les applications ayant besoin de performances. Nous répondons ainsi aux entreprises qui ont besoin de centraliser les images de leur vidéosurveillance, leurs travaux graphiques, leurs documents administratifs, etc. », indique Russ Kennedy.

« Cette offre pourrait également aider Google à répondre davantage aux besoins des grandes entreprises, auprès desquelles le fournisseur manque encore souvent de légitimité. La possibilité de centraliser la vidéosurveillance, par exemple, est un argument qui parlera aux chaînes de distribution qui, par principe, rechignent à faire héberger leur SI chez leur concurrent Amazon », estime Enrico Signoretti.

Selon les experts, des offres similaires à celle de Nasuni sont proposées par d’autres startups. Citons Panzura et Ctera. Cependant, Nasuni serait celle qui connaît la croissance la plus spectaculaire.

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