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Nasuni serait-il la nouvelle étoile montante du NAS ?

Son offre facturée comme un service SaaS consiste à remplacer les coûteuses baies de fichiers par des machines virtuelles locales, qui stockent leurs contenus en cloud et facilitent le télétravail.

Dans le domaine du stockage, l’américain Nasuni a le vent en poupe. Tour à tour, ce petit éditeur d’une passerelle NAS vers le cloud vient de publier une version 8.8, simplifiant radicalement les projets de télétravail des entreprises, et qui a fait son entrée dans le palmarès du bureau d’études Coldago des licornes du stockage à suivre et a obtenu 40 nouveaux millions de dollars d’investissement pour se développer. Il vient aussi de voir l’ensemble de ses technologies couronnées d’un brevet officiel par l’administration américaine.

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« Notre solution était déjà utilisée pour transférer tous les NAS locaux des succursales dans le cloud, afin que les salariés puissent utiliser leurs fichiers ailleurs qu’au bureau. Avec la version 8.8, nous allons jusqu’à nous connecter au service VDI du cloud Azure, Windows Virtual Desktop, ainsi qu’avec ses services de stockage rapides Ultra Disk et Premium SSD, pour maximiser les performances des bureaux virtuels », commente Russ Kenedy, le chef produit de Nasuni, que LeMagIT a pu rencontrer lors d’une récente session de l’événement IT Press Tour.

« Nous sommes aussi désormais capables de décliner un même volume de stockage en de multiples régions, pour répondre aux besoins des entreprises internationales. Nous embarquons un anti-malware qui empêche les fichiers d’être corrompus et, surtout, qui s’assure que les utilisateurs aient toujours accès à une version saine des documents. Et nous travaillons désormais avec le service Snowball d’AWS qui permet de transférer les gros volumes de données des entreprises vers le cloud via le transport de disques durs », ajoute-t-il.

« Notre force est de proposer aux entreprises un NAS qui fonctionne comme s’il était en local, mais qui repose de manière transparente sur des services de stockage objet dans le cloud. Il n’y a pas de notion de tiers de stockage sur site et en cloud, comme le proposent les acteurs habituels du stockage – qui dotent leurs baies d’une fonction d’archivage en cloud – ou les acteurs du cloud public – qui ont des fonctions pour migrer définitivement les données chez eux », indique Paul Flanaga, le PDG de Nasuni.

« Notre stockage est aussi simple qu’un NAS local, aussi extensible et utilisable à distance que le cloud. Et c’est exactement ce dont les entreprises ont besoin dans le contexte économique actuel où les salariés doivent pouvoir accéder aux documents communs depuis chez eux et où il est devenu trop risqué d’investir dans le datacenter », dit-il.

La facilité du NAS, l’élasticité du cloud

La solution de Nasuni repose sur cinq éléments. À sa base, on trouve UniFS, un service SaaS hébergé chez AWS, et qui prend en charge les volumes de données des entreprises à partir d’un stockage objet, en cloud public ou privé. Il peut s’agir d’un entrepôt compatible S3, chez AWS ou ailleurs, éventuellement chez un fournisseur de cloud privé. Il peut aussi s’agir des services de stockage d’Azure, ou encore du stockage objet COS d’IBM, dans le cloud de ce dernier ou chez l’un de ses partenaires. En fait, il ne manque pour l’heure que les services de stockage de GCP, le cloud public de Google.

Le groupe publicitaire TBWA aurait ainsi trouvé dans Nasuni, un moyen simple de répondre à ses gargantuesques besoins de stockage. « Nous devons stocker plusieurs Po de données, mais toutes les solutions ordinaires que nous avons testées posaient des contraintes liées à leurs contrôleurs matériels. La solution de Nasuni, en revanche, nous permet d’avoir un stockage élastique qui s’interface au cloud privé auquel accèdent toutes nos filiales », raconte Adam Sharp, le DSI de TBWA, qui se félicite de n’avoir pas eu à transformer lui-même des accès NAS vers des accès en cloud public.

UniFS offre toutes les fonctions de haut niveau que l’on peut attendre d’une baie de stockage. Il déduplique les données pour réduire leur taille et leur coût de stockage. Il conserve une copie des versions successives de chaque fichier, afin de pouvoir revenir en arrière en cas de problème ; cette fonction est présentée comme de la sauvegarde. Et il embarque même, donc, un antivirus pour protéger les données. Tous les paramètres d’UniFS sont eux-mêmes stockés dans le volume objet.

Ne plus acheter de NAS

Le second élément est la Virtual Edge Appliance. Il s’agit de la machine virtuelle à installer sur chacun des sites de l’entreprise et qui fait office de passerelle entre ce site et UniFS. La Virtual Edge Appliance se présente sur le réseau local comme un NAS, en exposant des volumes aux protocoles NFS et SMB, mais aussi éventuellement comme un SAN via le protocole iSCSI.

Outre transférer les fichiers qu’elle reçoit en écriture vers UniFS, cette appliance a une fonction de cache, pour stocker localement les fichiers les plus souvent accédés. Cette appliance peut tout autant fonctionner depuis un cloud ; c’est le cas, dans Azure, pour la nouvelle connexion qui permet aux bureaux Windows Virtual Desktop d’accéder au NAS de l’entreprise.

Parmi les clients de Nasuni, le Français Pernod-Ricard est un utilisateur convaincu de cette forme de NAS. « Remplacer tous nos NAS par la solution de Nasuni, nous a permis d’arrêter de payer des licences pour les systèmes dédiés au stockage, comme pour les logiciels de backup sur chacun de nos 55 sites », témoigne ainsi Holger Marks, en charge de l’infrastructure pour tous les bureaux situés en Europe de l’Ouest.

Précisons que la solution de Nasuni est facturée mensuellement, à la quantité de To qu’elle gère. Les contrats sont annuels.

La prouesse de synchroniser les fichiers à l’échelle internationale

Le troisième élément est l’Orchestration Center. Lui aussi exécuté en cloud, il assure la synchronisation des données entre le stockage maître géré par UniFS et les caches de toutes les Virtual Edge Appliances, mais aussi, à présent, avec les répliques du volume objet qui se trouvent dans d’autres régions du cloud public. Le scénario d’usage est qu’une entreprise internationale, qui souscrit au service UniFS, souscrit par ailleurs à un service de stockage objet chez AWS ou Azure, en prenant l’option chez eux de copier ses données dans leurs datacenters les plus proches de ses filiales, pour minimiser les temps d’accès.

L’Orchestration Center assure accessoirement la pose de verrous sur les fichiers lorsqu’ils sont en cours d’écriture par quelqu’un, pour éviter qu’un autre collaborateur ne modifie en même temps leurs contenus. Et cela fonctionne même quand deux personnes tentent d’écrire sur leur copie locale d’un même fichier, l’une aux USA et l’autre en Europe. C’est aussi lui qui restaure les copies précédentes des fichiers lorsqu’il y a besoin d’accéder à une sauvegarde.

« Nous ne cherchons pas extraire des données pour les copier ailleurs, nous ne faisons que les réactiver depuis l’endroit où elles se trouvent. »
Andes RodriguezDirecteur technique, Nasuni

« Cette restauration ne prend que quelques minutes chez nous, contre plusieurs heures voire plusieurs jours sur les solutions habituelles, car, contrairement à elles, nous ne cherchons pas extraire des données pour les copier ailleurs, nous ne faisons que les réactiver depuis l’endroit où elles se trouvent », dit Andes Rodriguez, le directeur technique de Nasuni.

Le volume de données n’étant présenté aux utilisateurs que comme un NAS, Nasuni a ajouté en fin d’année dernière le module Analytics Connector, dont la fonction est de montrer les fichiers sous leur forme objet, via une API S3, Azure ou COS. Ainsi, les données deviennent accessibles aux outils d’analytique et autres moteurs de Machine Learning qui ne veulent bien fonctionner qu’à partir d’un stockage objet, via des requêtes HTTP.

L’argument d’un NAS multisite très simple

Enfin, l’ensemble est géré par l’administrateur depuis une console web, simplement appelée Nasuni Management Console. C’est depuis elle que l’équipe IT règle les droits d’accès, la taille du cache embarqué sur chacune des Virtual Edge Appliances, ainsi que l’historique des fichiers à conserver. Cette console sert également à commander les opérations de restauration.

C’est cette interface qui aurait facilité le passage au télétravail pour le prestataire industriel McKim & Creed. « Lors du confinement, nous avons eu besoin de mettre les salariés de nos 22 bureaux en télétravail. Nous avons souscrit à la solution de Nasuni car elle nous a permis de mettre en place une solution de NAS centralisée, accessible aussi bien par les bureaux virtuels en cloud mis à la disposition de nos collaborateurs, que par les stations de travail de nos ingénieurs restés sur site ou encore par les machines-outils dont nous avons la charge », témoigne Charles Douglas, en charge de l’IT, qui se félicite de la simplicité du système.  

« Pure Storage et Nutanix ont bouleversé le monde du stockage en mode blocs avec des solutions plus simples à utiliser que tout ce qui existait auparavant. Nous allons faire exactement la même chose avec le NAS », lance Joel Reich, l’ancien directeur produits de NetApp qui vient de rejoindre Nasuni au poste de directeur adjoint.

« Notre cible, ce sont les utilisateurs des 600 000 NAS en activité que Dell EMC et NetApp ont vendus aux entreprises. Ces clients ont l’impératif de migrer vers le cloud, de fédérer les accès de leurs collaborateurs situés en-dehors du siège d’une entreprise. Tout ceci est très compliqué à faire avec un NAS. Nous, nous leur proposons une solution qui, tout simplement, fonctionne. Et nous sommes persuadés qu’ils sont prêts à payer pour cela », conclut-il.

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