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Cloud : Richemont choisit AWS pour soutenir sa migration chronométrée

Trois ans pour migrer totalement ses SI vers le cloud, c’est l’objectif que s’est fixé le célèbre groupe de luxe suisse Richemont. Pour accélérer le mouvement lancé il y a un an et demi, il a décidé de faire d’AWS son fournisseur cloud de choix. 

Considérée comme le deuxième plus grand groupe de luxe au monde derrière LVMH, la compagnie financière suisse Richemont possède des maisons joaillières, horlogères, et des fabricants d’accessoires, dont Cartier, Van Cleef, Montblanc ou encore Piaget. La société dispose également de quatre datacenters, qui – semble-t-il – ne sont plus aussi précieux à ses yeux que les sublimes tocantes en vitrine de ses boutiques.

Richemont a en effet décidé de se séparer de ses centres de données européens et de migrer vers le cloud le restant des applications et data hébergées dans ses infrastructures situées aux États-Unis et à Hong-kong d’ici 2022. Pour cela, il fait d’AWS son fournisseur cloud favori.

Ce choix s’inscrit dans une stratégie impliquant la migration de divers systèmes critiques, dont son ERP, ses outils de gestion de la supply chain, de fabrication, son PLM et ses plateformes d’e-commerce.

« Comme la plupart des entreprises, nous avons constaté que ce n’était pas notre cœur de métier d’opérer nos propres centres de données. »
Eduardo GriloDirecteur infrastructure et opérations, Richemont

« Nous avons commencé notre aventure dans le cloud il y a environ un an et demi », indique Eduardo Grilo, directeur de l’infrastructure et des opérations pour le groupe Richemont. Le responsable avait déjà occupé un poste similaire chez Apple, Yahoo et au CERN. « Comme la plupart des entreprises, nous avons constaté que ce n’était pas notre cœur de métier d’opérer nos propres centres de données », ajoute-t-il.

Richemont souhaitait alors offrir davantage d’agilité aux métiers, accélérer le développement, le déploiement, le time to market de ses applications et donc améliorer la vente de ses produits à l’ère numérique.

« Full cloud »

« Nous étions toujours bloqués dans notre croissance par nos datacenters », déplore Eduardo Grilo. « Au moment de faire des mises à jour, il fallait faire évoluer l’infrastructure parce qu’elle n’était plus disponible, il fallait donc ajouter des serveurs. Si nous ajoutions des serveurs, il fallait ajouter des switches, du stockage, des solutions de backups, etc. Nous étions toujours dans ce cercle vicieux ».

Aujourd’hui, Richemont porte une « approche full cloud ». Ce n’était pourtant pas son intention de départ.

« Initialement, nous pensions opter pour une stratégie hybride, mais très rapidement nous avons constaté qu’il était difficile de déterminer ce qui devait migrer ou non vers le cloud », raconte le directeur de l’infrastructure. « Nous nous sommes dit que pour tirer le profit maximum du cloud, nous devions adopter une stratégie “full cloud”. Nous nous sommes fixé comme objectif de décommissionner nos datacenters d’ici mai 2023 ».

Actuellement, plus de 50 % des systèmes IT de Richemont sont hébergés dans le cloud. « Nous avons déjà migré nos systèmes SAP qui tournent à 100 % sur AWS. Non seulement nous avons obtenu des gains de performances significatifs, mais également des réductions de coûts assez importantes », affirme Eduardo Grilo. Ce sont plus 120 instances SAP qui ont migré vers le cloud. Au total, Richemont migrera 5 000 machines virtuelles.

Le lift and shift pour respecter à un timing serré

Alors que l’offre RISE with SAP entraîne des réflexions sur la manière de migrer vers S/4HANA, Richemont a fait le choix d’une procédure lift and shift, somme toute classique. « Nous nous sommes donné trois ans pour migrer vers le cloud. Cela n’est pas beaucoup au vu de la complexité de nos environnements », justifie notre interlocuteur. « Mais nous ne voulons pas faire du “dumb lift and shift” : nous voulons profiter de cette migration pour adapter certaines technologies pour les rendre plus modernes et plus flexibles ».

Richemont utilise donc beaucoup d’instances EC2, se met franchement aux containers, commence à employer les services serverless. « Nous voulons utiliser les services natifs de notre fournisseur là où cela fait sens tout en gardant en tête que nous voulons aller vite », avance Eduardo Grilo.

« Je préfère que les ingénieurs se concentrent sur l’apport de technologies, d’innovations aux métiers que d’avoir des machines à gérer dans le cloud. »
Eduardo GriloDirecteur infrastructure et opérations, Richemont

« Une fois que tout sera sur AWS nous engagerons une phase de replatforming. L’objectif sera sûrement de se défaire de cette gestion des instances EC2 encore un peu contraignante », anticipe-t-il. « Je préfère que les ingénieurs se concentrent sur l’apport de technologies, d’innovations aux métiers que d’avoir des machines à gérer dans le cloud ».

Justement, sous l’impulsion des métiers, le groupe se met également à l’intelligence artificielle. « Le fait d’avoir ces capacités de calcul importantes pour entraîner des modèles de machine learning sans Capex est un des grands avantages du cloud aujourd’hui », assure le directeur de l’infrastructure.

Avant de faire d’AWS son cloudiste de choix, Richemont a observé les offres des géants du cloud. « Nous avons considéré les trois plus gros fournisseurs cloud qui existent aujourd’hui : GCP, Azure et AWS », indique Eduardo Grilo. « AWS répondait le mieux à nos exigences de conformité, de sécurité, de performances, mais également en matière de disponibilité dans les zones géographiques où nous sommes présents ».

Acculturation et finOps : les deux clés du succès dans le cloud selon Richemont

Un autre critère, et non des moindres, a motivé cette décision. « C’est aussi l’un des clouds pour lequel nous arrivons à trouver le plus de talents formés sur le marché. C’est beaucoup plus facile de trouver des ingénieurs qui connaissent AWS qu’Azure ou GCP ».

De même, le groupe souhaite renforcer les compétences de ses développeurs via le programme AWS Skills Guild. Le cloud entraîne « un changement culturel au sein de l’entreprise. Avec AWS, nous avons mis en place un processus de formation et de certification. Aujourd’hui, nous avons plus de 100 ingénieurs déjà certifiés et plus de 350 collaborateurs ont suivi des formations AWS », lance le directeur de l’infrastructure. « Nous voulons être le groupe disposant du plus grand nombre de collaborateurs certifiés AWS en Suisse romande », vante-t-il.

Ce serait d’ailleurs l’une des conditions sine qua non d’une migration réussie, selon le responsable. « Quand vos équipes sont habituées à administrer leurs propres infrastructures, il convient de répondre aux inquiétudes et favoriser les échanges en matière de performance, de sécurité et de coût », conseille Eduardo Grilo.  

« Il y a des réductions de coûts [avec le cloud], en revanche il faut savoir aller les chercher. Nous avons mis en place une stratégie finOps en nommant un responsable. »
Eduardo GriloDirecteur infrastructure et opérations, Richemont

Aussi, le vœu pieux d’économies dans le cloud ne s’exauce pas automatiquement. « Il y a des réductions de coûts [avec le cloud], en revanche il faut savoir aller les chercher. Nous avons mis en place une stratégie finOps en nommant un responsable. Nous voulons agrandir cette équipe dédiée parce que c’est là où l’on observe les gains », prévient Eduardo Grilo.

L’adoption des services natifs de stockage, de backups, de monitoring, de sécurité à bon escient est aussi un vecteur d’économies.

À ce titre, le comportement du fournisseur serait « tout à fait correct » auprès de Richemont. « AWS joue le jeu et ne pousse pas à la consommation. Ils sont dans une approche d’accompagnement pour optimiser l’usage des services sans doute dans le but que les clients réinvestissent les économies obtenues, mais l’objectif est toujours d’aller chercher la meilleure solution pour les clients », affirme le directeur de l’infrastructure de Richemont.

Si Richemont n’a pas signé d’exclusivité avec AWS – la compagnie financière a un partenariat avec Alibaba Cloud pour héberger ses solutions e-commerce en Chine –, il n’est pas le seul acteur de renom à se tourner vers la filiale d’Amazon ces derniers jours. Le fabricant d’articles de sport allemand Adidas a également choisi l’infrastructure du géant américain. Plus spécifiquement, Adidas passe sur S/4HANA Cloud et entend profiter des services AWS pour optimiser ses solutions e-commerce, dont les modèles 3D de ses chaussures présentés aux internautes (Nike semble avoir pris de l’avance en la matière). De son côté, Richemont veut pousser les expériences « digitales » en boutique, en s’appuyant – entre autres – sur la réalité augmentée.

Notons que ces annonces n’ont rien d’un hasard. Pour rappel, AWS tient son événement ReInvent à Las Vegas la semaine prochaine.

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