KubeCON : Veeam positionne Kasten en leader du backup Kubernetes

Le champion de la sauvegarde des serveurs veut aussi être numéro 1 sur les containers. Le logiciel K10 atteint l’objectif de simplifier, mais se penche surtout les besoins de l’IT.

Cet article est extrait d'un de nos magazines. Téléchargez gratuitement ce numéro de : STORAGE: Storage 32 : Kubernetes, le nouveau terrain de jeu du stockage

Kasten sera-t-il Ă  Kubernetes ce que Veeam est aux machines virtuelles, Ă  savoir le numĂ©ro 1 de la sauvegarde spĂ©cialement conçue pour les conteneurs ? Principal sponsor de KubeCON â€“ le salon dĂ©diĂ© Ă  l’écosystème Kubernetes qui se tenait la semaine dernière Ă  Valence â€“ Kasten appartient Ă  Veeam depuis fin 2020 et s’acharne depuis Ă  prouver que son logiciel K10 bat Ă  plates coutures toutes les autres solutions de backup pour containers. Ce que Veeam avait aussi fait il y a dix ans avec les machines virtuelles.

« Veeam a rachetĂ© Kasten, car leur stratĂ©gie Ă©tait exactement la mĂŞme que celle de Veeam il y a 15 ans : ne pas se contenter de crĂ©er une copie brute des logiciels et de leurs donnĂ©es tels qu’ils sont chargĂ©s en mĂ©moire ; crĂ©er plutĂ´t une copie logique, qui prend en compte la manière de fonctionner d’une application Â», argumente Tom Leyden (en photo), le directeur marketing de Kasten. Selon lui, cette approche logique est le seul moyen pour restaurer une application ailleurs, sur un site de secours ou en cloud, Ă  partir d’une infrastructure qui n’a rien Ă  voir avec celle d’origine.

« Les entreprises peuvent utiliser notre produit pour gĂ©nĂ©rer des copies fonctionnelles de leurs applications qui serviront d’épreuves de tests : pour les dĂ©veloppeurs, pour les gens de la sĂ©curitĂ©, pour la DSI. Â»
Tom LeydenDirecteur marketing, Kasten

« L’intĂ©rĂŞt de Kasten, tout comme celui des solutions Veeam, va de fait bien au-delĂ  de la simple sauvegarde. Les entreprises peuvent utiliser notre produit pour gĂ©nĂ©rer des copies fonctionnelles de leurs applications qui serviront d’épreuves de tests : pour les dĂ©veloppeurs, pour les gens de la sĂ©curitĂ©, pour la DSI. On peut mĂŞme ainsi gĂ©nĂ©rer une application-bis qui a vocation Ă  Ă©voluer diffĂ©remment de l’originale Â», ajoute-t-il.  

Un fonctionnement propre Ă  Kubernetes

La prĂ©sence de Kasten Ă  KubeCON servait accessoirement Ă  dĂ©voiler une toute nouvelle version 5.0 de K10 qui embarque Ă  prĂ©sent un outil pour dĂ©tecter les ransomwares avant d’effectuer les sauvegardes. Pour autant, c’est plus le principe mĂŞme du logiciel qui a attirĂ© les visiteurs sur le stand de l’éditeur.

Parmi eux, l’analyste Max Mortillo, du cabinet d’études GigaOm, est convaincu des avantages de Kasten. « Avant toute chose, il faut prĂ©ciser que si des logiciels comme Kasten sont nĂ©cessaires, c’est parce que les entreprises se servent de Kubernetes afin d’exĂ©cuter en containers des applications conçues pour des machines virtuelles. En thĂ©orie, les containers sont volatiles : toutes les cinq minutes en moyenne, les instances sont dĂ©truites avec leurs donnĂ©es et on repart sur une instance vierge. Mais, en pratique, on met dans les containers des applications qui modifient des fichiers ou des bases de donnĂ©es SQL, qu’on ne veut pas perdre. Â»

Selon le dĂ©tail de la version 5.0 de K10, des fonctions ont d’ailleurs Ă©tĂ© ajoutĂ©es pour pouvoir restaurer des bases de donnĂ©es SQL aux formats Microsoft SQL Server et PostgreSQL.

« Les solutions de sauvegarde classiques vont rĂ©pliquer ce qu’il y a au niveau d’une VM, c’est-Ă -dire tout un cluster Kubernetes. Cela ne fonctionne pas, car une application au format container est morcelĂ©e en une certaine collection d’instances, potentiellement exĂ©cutĂ©es sur des clusters Kubernetes sĂ©parĂ©s, avec des donnĂ©es qui sont encore hĂ©bergĂ©es ailleurs. Une solution de sauvegarde pour Kubernetes doit donc savoir quels containers et quelles donnĂ©es correspondent Ă  une application, les rĂ©unir, puis les sauvegarder ensemble avec le manifeste Kubernetes qui dĂ©crit l’agencement des containers Â», explique l’analyste.

Kasten n’est pas le seul Ă  savoir faire cela. Le logiciel de sauvegarde Open source de base pour Kubernetes s’appelle Velero. « Le problème de Velero est qu’il est bien trop complexe Ă  utiliser. Ă€ l’opposĂ©, Kasten prend en compte toutes les subtilitĂ©s avec beaucoup de simplicitĂ©. Par exemple, il permet de crĂ©er des règles par applications, qui sauvegarderont plus rĂ©gulièrement les seuls containers mis Ă  jour, ou qui reconfigureront des restaurations pour mieux prendre en compte les caractĂ©ristiques d’une infrastructure cible. Â»

Un outillage riche, mais très orienté IT

« Les dĂ©veloppeurs peuvent programmer l’automatisation des sauvegardes, les utilisateurs peuvent restaurer eux-mĂŞmes certaines donnĂ©es, les administrateurs peuvent rĂ©pliquer l’application ailleurs. Â»
Un démonstrateur sur le stand Kasten

Max Mortillo estime que le concurrent le plus sĂ©rieux de Kasten est Commvault – dĂ©jĂ  compĂ©titeur de Veeam sur les serveurs physiques et virtuels. Un dĂ©monstrateur sur le stand de Kasten argumente que K10 serait mieux outillĂ© : « nous proposons une interface graphique manipulable par plusieurs typologies d’utilisateurs. Les dĂ©veloppeurs peuvent programmer l’automatisation des sauvegardes, les utilisateurs peuvent restaurer eux-mĂŞmes certaines donnĂ©es, les administrateurs peuvent rĂ©pliquer l’application ailleurs. Et chacun a ses propres droits d’accès. Â»

En filigrane, LeMagIT constate surtout que si Kubernetes est censĂ© ĂŞtre dĂ©diĂ© aux DevOPS – des dĂ©veloppeurs qui savent aussi taper eux-mĂŞmes des lignes de commande pour dĂ©ployer leurs applications et vĂ©rifier que l’infrastructure sous-jacente fonctionne comme prĂ©vu â€“ Kasten n’oublie pas de faire la part belle aux profils administrateurs du SI. En preuve, justement, cette nouvelle facultĂ© d’analyser les applications en amont de la sauvegarde Ă  la recherche de malwares. Elle consiste surtout Ă  comparer les routages rĂ©seau avec la liste des droits d’accès attribuĂ©s par le service IT.

« Les DevOps… Vous savez, ils ne tombent pas du ciel. Ce sont des collaborateurs qui ont gĂ©nĂ©ralement travaillĂ© sur le SI avant. En rĂ©alitĂ©, nos interlocuteurs dans les entreprises sont souvent des ingĂ©nieurs IT qui veulent gagner de l’indĂ©pendance par rapport Ă  la DSI. Et cela convient très bien Ă  tout le monde : les DSI nous disent qu’elles sont heureuses que les Ă©quipes de dĂ©veloppement s’occupent elles-mĂŞmes de leurs sauvegardes Â», commente Tom Leyden.

La nouvelle fonction d’analyse en amont des ransomwares fait Ă©cho Ă  une autre fonction de cybersĂ©curitĂ© apparue l’annĂ©e dernière, avec la version 4.0 de K10. Il s’agissait alors de rendre des sauvegardes immuables, c’est-Ă -dire impossibles Ă  effacer – par l’entreprise, comme par des cyberassaillants â€“ jusqu’à une date donnĂ©e.

Désormais, K10 analyse les accès déclarés dans les manifestes de Kubernetes, en particulier le système d’authentification RBAC qui limite les routages réseau selon le niveau de privilèges de l’application à un instant T. Selon la présentation du démonstrateur de Kasten sur le stand de l’éditeur, K10 v5.0 met en exergue les droits d’accès qui n’ont pas lieu d’être dans une application, en suggérant qu’une opération malveillante les aurait activés. LeMagIT croit comprendre qu’il pourrait tout autant s’agir d’une négligence.

Parmi les autres nouveautĂ©s, citons l’affichage des licences en production et la possibilitĂ© de renseigner des informations de conformitĂ©. Deux sujets propres aux DSI.  

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