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Les tendances du cloud IaaS en 2026

À cause des augmentations de tarifs et d’une situation géopolitique incertaine, les entreprises repensent leur approche du cloud. En 2026, il y aura notamment plus de clouds souverains et privés, ainsi que des règles de sécurité plus uniformisées.

Selon plusieurs études, les fournisseurs de services cloud devraient augmenter leurs prix en 2026. Parmi les principaux facteurs à l’origine de cette hausse des coûts, on peut citer l’augmentation des coûts énergétiques due à la mise en service de nouveaux centres de données pour faire fonctionner l’IA, ainsi que l’augmentation des coûts matériels.

De plus, les fournisseurs de services cloud sont submergés de demandes pour de nouveaux services qu’ils n’ont pas la capacité de fournir eux-mêmes et qu’ils pourraient faire sous-traiter par des tiers. Notamment en ce qui concerne l’IA. La nécessité de répondre à ces nouvelles demandes des clients pourrait elle aussi entraîner des hausses de tarifs pour les services cloud.

Face à cette hausse des coûts, mais aussi parce que le contexte géopolitique accentue les préoccupations en matière de sécurité et le besoin d’un meilleur contrôle des actifs, les entreprises vont manifestement revoir cette année leurs stratégies cloud. De l’adoption croissante des clouds privés et souverains à l’essor des architectures multicloud et micro-cloud, tous les signaux montrent en effet que les entreprises recherchent des moyens innovants pour améliorer leur agilité, réduire les risques et optimiser leurs coûts.

Dans le même temps, les charges de travail liées à l’IA dans les entreprises vont remodeler les attentes vis-à-vis du cloud public, tandis que les équipes informatiques vont privilégier la sécurité et l’observabilité de bout en bout pour protéger les environnements hybrides.

Ces tendances annoncent une année 2026 charnière pour le cloud, alors que les entreprises s’adaptent à de nouveaux enjeux et opportunités dans un paysage numérique de plus en plus complexe.

Les clouds privés et souverains vont se multiplier

Des datacenters internes au cloud public, les entreprises reviennent à l’idée de contrôler directement leurs actifs informatiques. La nouveauté réside dans le fait que cette privatisation se produit dans le cloud plutôt que dans le centre de données de l’entreprise. Compte tenu du nombre de failles de sécurité dans le cloud public, les entreprises renforcent leur cybersécurité en lançant leurs propres clouds privés, que le service informatique gère sur une plateforme dédiée et non mutualisée.

C’est ce qui ressort du rapport « Private Cloud Outlook » publié l’année dernière par Broadcom, selon lequel 53 % des décideurs informatiques ont cité la création de nouvelles charges de travail dans des environnements de cloud privé comme l’une de leurs trois principales priorités pour les trois prochaines années.

Surtout, les entreprises vont de plus en plus opter pour des clouds souverains, qui combinent le contrôle informatique de leur cloud avec des directives réglementaires, juridiques, de confidentialité et de sécurité intégrées, conformes à celles du marché ou de la région dans laquelle l’entreprise opère. Les clouds souverains soulagent les services informatiques des casse-tête liés à la réglementation et à la conformité, et sont particulièrement appréciés dans des secteurs tels que la finance, l’industrie, la santé ou encore la recherche.

Plus de multicloud au fur et à mesure que chacun augmente ses tarifs

Les clouds privés et souverains n’ont pas vocation à remplacer entièrement un fournisseur de cloud public, mais s’inscrivent dans une démarche multicloud qui devrait augmenter à mesure que les coûts des fournisseurs de cloud augmentent. Les entreprises se posent désormais deux questions :

  • Le service informatique de l’entreprise dépend-il trop d’un ou deux fournisseurs de cloud ?
  • Que se passerait-il si l’un de ces fournisseurs subissait une interruption de service, devenait financièrement instable ou augmentait ses prix ?

L’édition 2025 du rapport State of the Cloud de l’éditeur Flexera révèle que 70 % des personnes interrogées adoptent des stratégies de cloud hybride, utilisant au moins un cloud public et un cloud privé.

L’intérêt des équipes informatiques pour du cloud diversifié découle de la volonté de bénéficier principalement de trois avantages : réduire les risques, ne plus avoir de dépendance vis-à-vis d’un fournisseur et réduire les coûts.

Les entreprises utiliseront le cloud public pour exécuter des IA ouvertes

Les services informatiques ont traditionnellement recours aux clouds publics pour mettre rapidement en place une infrastructure faite de multiples serveurs, une stratégie d’agilité qui ne peut être mise en œuvre en interne.

En 2026, le cloud public va prendre une nouvelle dimension, car il commencera à être utilisé pour exécuter de manière synchrone d’importantes charges de travail liées à l’IA. Celles-ci nécessiteront plusieurs serveurs (VM), voire plusieurs régions. Les entreprises n’en ont donc pas totalement terminé avec le cloud public.

Pour autant, toujours à cause de nouvelles problématiques de coût et la conviction récente d’éviter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur, les entreprises auront tendance à préférer exécuter des LLM ouverts (tels que ceux que l’on télécharge gratuitement depuis Hugging Face), plutôt que les services d’IA facturés par les hyperscalers. Les entreprises peuvent éventuellement installer elles-mêmes ces LLM dans des VM pourvues de capacité GPU suffisantes. De cette façon, l’IA sera facturée à la puissance de calcul, comme toute VM ordinaire, plutôt qu’au token.

Les actions que les équipes IT vont mener

Dans un environnement de type cloud hybride, il est essentiel de garantir une sécurité sans faille entre les clouds et les datacenters sur site. Voici comment les équipes IT vont relever ce défi.

Des règles de sécurité uniformes. Les services informatiques se concentreront sur la mise à jour des politiques de sécurité et travailleront avec les auditeurs pour s’assurer qu’elles sont appliquées de manière uniforme dans tous les clouds, les sites de production et les centres de données. Pour les services informatiques, cela nécessite une mise à niveau des compétences du personnel en matière d’outils de sécurité basés sur le cloud, afin que ceux-ci puissent prendre en charge la gestion de la sécurité du cloud, ce qu’ils ne faisaient pas auparavant.

Dans le domaine du transfert de données multicloud, de plus en plus d’entreprises adopteront la gestion des identités et des droits dans le cloud pour gérer et surveiller les identités des utilisateurs et leurs activités d’accès lorsqu’ils passent d’un cloud à l’autre. Les entreprises utiliseront également le chiffrement de cloud à cloud pour les données qui transitent entre les clouds.

De nouveaux outils de monitoring. Les entreprises reconnaîtront également qu’une plus grande granularité est nécessaire pour observer et agir sur les activités informatiques multicloud et sur site. Les outils de surveillance réseau actuels ne peuvent pas fournir cette granularité, mais les outils d’observabilité le peuvent. Grâce à l’observabilité, le service informatique peut examiner en détail les flux de travail des transactions, les journaux système, les activités des conteneurs, les identifiants des utilisateurs, ainsi que les violations et anomalies liées à la localisation.

Le déploiement de « micro-clouds Edge ». Un micro-cloud Edge consiste à fusionner les déploiements informatiques sur les sites de production avec le cloud. En substance, les sites de production (succursales, points de vente, usines, etc.) disposeront de leurs propres micros-clouds, faits de matériels préconfigurés et de logiciels en containers, prêts à l’emploi et faciles à déployer.

Comme le micro-cloud est capable d’effectuer lui-même l’essentiel des traitements sur un site de production, les entreprises s’en serviront pour éviter d’envoyer le gros des données vers des plateformes cloud plus importantes. Les micro-clouds Edge fonctionnent principalement avec des logiciels Open source, ce qui réduit les coûts.

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