Datacenters pour l’IA : la France se félicite d’avancées rapides

En un an, les chantiers de 26 sites français capables d’héberger des infrastructures pour l’IA ont été lancés et 37 autres sites raccordés en énergie sont à pourvoir. Dans plusieurs cas, ces constructions remplacent des projets de datacenters dédiés au cloud.

Un an après le Sommet pour l’action de l’IA, 63 sites en France ont été identifiés par les pouvoirs publics pour y installer des campus de datacenters. Selon les raccordements électriques qui devraient y être effectués, ils devraient totaliser 28,6 gigawatts.

Des chantiers sont déjà planifiés sur 26 d’entre eux par une dizaine d’opérateurs (sur les 13 qui avaient promis de le faire il y a un an). Cinq de ces sites devraient pouvoir accueillir des campus de datacenters d’au moins 700 mégawatts d’ici trois à quatre ans. Ces cinq sites sont situés à Escaudain (Hauts-de-France), au Bosquel (Hauts-de-France), au Grand Port Maritime de Dunkerque (Hauts de France), à Fouju (Île-de-France) et à Montereau (Île-de-France).

Réunissant en fin de semaine dernière les acteurs du secteur à Bercy, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, s’est félicitée de constater des avancées : « les projets de centre de données en France se concrétisent progressivement : c’est une victoire pour notre souveraineté numérique, pour la transition écologique, pour la compétitivité économique et, au final, pour notre puissance de demain. »

Implanter l’IA au détriment du cloud sur le territoire

Outre ces projets, dont on espère qu’ils se réaliseront, le prochain grand chantier qui devrait aboutir est celui de BXIA, un campus de cinq datacenters en colocation situé à Bordeaux et qui devrait bénéficier d’une puissance de 250 à 380 MW. Dans une interview accordée à Sud-Ouest, son exploitant, Equinix, estime qu’il sera opérationnel dès 2028 et qu’il pourrait héberger des infrastructures d’IA pour des clients comme Airbus et Mistral. La construction des bâtiments est évaluée à 3 milliards d’euros. Équiper toute leur surface en serveurs d’IA pourrait coûter 12 milliards d’euros.

Il est à noter que ce chantier en particulier est une reconversion récente. Initialement, Equinix avait imaginé construire à cet endroit un second campus pour muscler son offre immobilière de hub Internet bordelais. La ville est en effet située à l’embouchure d’un câble transatlantique, baptisé Amitié, qui permet depuis 2023 de relier la France aux fournisseurs US de contenus Internet à la vitesse de 400 Tbit/s, sans passer par le Royaume-Uni ni les Pays-Bas.

Equinix avait déjà construit un campus de datacenter, appelé BX1, qui sert aujourd’hui à redistribuer ces contenus vers les datacenters de Paris, vers ceux de Marseille où ils sont redistribués vers l’Asie via d’autres câbles sous-marins, ainsi que vers les réseaux espagnols et portugais. Bien que de tels hubs représentent un enjeu économique majeur, des observateurs concluent que l’IA est davantage prometteuse.

De manière similaire, le campus de datacenters pour l’IA à Escaudain qu’évoque la ministre Anne Le Hénanff est aussi un projet arraché au cloud. Selon La Voix du Nord, le site devait initialement être vendu à AWS pour qu’il y implante une région locale de ses offres de cloud public. Mais l’État, ici via la communauté d’agglomérations de la Porte du Hainaut, a manifestement fait pression pour que l’exploitant de datacenters en colocation Data4 y construise plutôt des bâtiments capables d’héberger des infrastructures d’IA.

Le coût de ce chantier-là est estimé à 5 milliards d’euros. Ce budget fait partie d’une enveloppe de 20 milliards d’euros que Data4 compte investir en France dans la construction d’infrastructures immobilières pour l’IA d’ici à 2030.

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