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SAP sur Bleu et S3NS : seulement « une première étape » pour l’USF

L’association des utilisateurs de SAP accueille positivement les deux options SecNumCloud, mais appelle dans le même temps à des alternatives 100 % européennes pour créer un réel choix et réduire les dépendances à long terme.

Depuis le début de l’année, SAP a fait deux annonces dans le domaine de la souveraineté : ses logiciels seront disponibles avant 2027 sur les infrastructures SecNumCloud de Bleu et de S3NS. L’association des utilisateurs francophones (USF) des outils de l’éditeur allemand n’avait pas officiellement réagi, préférant certainement prendre le temps pour analyser en profondeur ces deux options.

Un accueil positif

Si l’USF reconnaît d’emblée qu’il s’agit d’annonces « très attendues par l’écosystème » et salue « un tournant » dans la stratégie SAP qui « contribue à réduire l’exposition aux lois extraterritoriales », l’association insiste sur le fait que « ces initiatives ne constituent qu’une première étape. »

En cause, le fait que Bleu et S3NS reposent sur des technologies américaines ; Microsoft pour le premier, Google Cloud pour le second. À ce titre, laisse entendre l’USF, elles ne garantiraient pas une totale immunité.

« Elles ne permettent pas de s’affranchir pleinement des dépendances technologiques, puisqu’elles reposent sur des briques issues d’acteurs non européens », écrit l’association en imbriquant ces deux notions d’immunité et d’indépendance. « La question stratégique de la maîtrise réelle des infrastructures et de la réduction de ces dépendances reste donc posée. »

Et un appel au « pleinement souverain »

La position de l’USF reste cependant un accueil positif, à condition que ces offres ouvrent la voie à d’autres qui devront être, elles, « pleinement souveraines, conçues et exploitées par des acteurs européens » comme OVHcloud, Outscale, ou Scaleway.

Le débat sur la souveraineté réelle de Bleu et de S3NS – que certains qualifient a contrario de « cache-nez des hyperscalers » – n’est pas cantonné à l’écosystème SAP. Le président de Bleu, Jean Coumaros, défend son entreprise en répondant que Microsoft n’a pas de « kill switch » contrairement à ce qui peut être dit, à tort selon lui.

« Les montages comme S3NS ou Bleu ne sont ni des renoncements ni des solutions définitives », synthétise Imène Kabouya, Partner chez Wavestone. « Ils sont des dispositifs de résilience, dans l’attente d’une véritable capacité industrielle européenne ».

Un « choix réel »

C’est dans cette « attente » que semble se placer l’USF. L’association appelle en tout cas à ne pas concentrer, à nouveau, le marché autour d’un nombre restreint d’acteurs, qui plus est non européens.

Son objectif, à long terme, est de soutenir la création d’une alternative pour « garantir un choix réel et réduire les dépendances technologiques », résume Gianmaria Perancin, président de l’USF, qui comme à son habitude veut s’inscrire dans un dialogue « constructif avec SAP et l’ensemble des acteurs. »

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