La Banque Postale adosse sa stratégie IA à Mistral
Mistral AI et la filiale de La Poste ont entériné un partenariat de trois ans pour équiper les collaborateurs et « augmenter » des processus métiers, dont ceux de la relation client. Le tout avec une infrastructure 100 % souveraine.
La Banque Postale a annoncé qu’elle allait déployer l’IA à grande échelle. Elle s’appuiera sur le champion français des modèles de langages (LLM), Mistral AI.
Le déploiement se fera en local, sur les serveurs de la banque et sur infrastructure souveraine. Cette architecture, entièrement maîtrisée par la Banque postale, lui permettra de conserver la main sur la totalité de ses données.
Les cas d’usage envisagés concernent aussi bien les employés de la banque que ses clients.
La suite d'une expérimentation d'un an
Les deux entreprises ont signé un « partenariat stratégique de grande ampleur » d’une durée de 3 ans. Il fait suite à une période d’expérimentation d’un an.
Les modèles de Mistral seront déployés dans un premier temps auprès de 5000 employés qui seront accompagnés et formés, assure la banque qui en compte plus de 30 000.
En fonction des métiers, les employés auront accès à différents outils de la gamme de Mistral. Les collaborateurs métier auront un « assistant personnel » (sic), une version interne de Le Chat.
Les développeurs et l’équipe IT auront accès à Mistral Code.
Enfin, la suite d’outils Mistral Studio sera utilisée pour « augmenter » différents processus. La Banque Postale cite la lutte contre le blanchiment et la fraude ainsi que la relation client.
Une variété de stratégie IA dans la banque
Dans la banque, les stratégies IA diffèrent du tout au tout : du partenariat exclusif à l’architecture agnostique, du 100 % fait-maison souverain à l’externalisation chez les spécialistes du secteur.
Il y a deux ans, BNP Paribas avait initié un partenariat similaire à celui de la Banque Postale, également avec Mistral. Mais en gardant une stratégie multifournisseur pour éviter le « vendor lock-in ».
L’approche est assez semblable au Crédit Mutuel (CMAF) qui insiste pour garder son IA sous contrôle, avec IBM.
À l’inverse, les Espagnols de BBVA ont fait « all-in » avec OpenAI.
Entre les deux, CAGIP (Crédit Agricole) a construit une stack technique pour exposer plusieurs modèles. Et BPCE a partagé sa stratégie hybride, à la fois multifournisseur (souverains et non souverains), mais aussi en mélangeant cloud et on prem.
