Processeurs : les ventes d’AMD bondissent de 57% dans les datacenters
Portés par la forte demande en puces d’IA, les processeurs Epyc et GPU Instinct du constructeur connaissent un succès exponentiel. Le constructeur s’efforce d’innover dans les PC, tandis que son concurrent Intel prépare se revanche dans les serveurs.
57 % de croissance sur les ventes de puces pour serveurs en un an. Telle est l’accélération la plus saillante des derniers résultats trimestriels qu’AMD vient de publier. Sur les trois premiers mois de l’année, le fabricant aurait ainsi vendu pour 5,8 milliards de dollars de processeurs Epyc et de GPU Instinct, contre environ 3,7 mds $ lors du même trimestre en 2025. Cette catégorie de puces représente désormais 56 % de ses revenus.
« Nous avons réalisé un premier trimestre exceptionnel, porté par l’accélération de la demande en infrastructures d’IA, le segment Data Center étant désormais le principal moteur de la croissance de notre chiffre d’affaires et de nos bénéfices. Plus précisément, nous constatons une forte dynamique sur les besoins en inférence et en IA agentique. Les prévisions d’achat de nos clients pour nos séries de GPU Instinct MI450 et de racks de calculs prêts à l’emploi Helios dépassent ce que nous avions prévu », constate, satisfaite, Lisa SU, la PDG d’AMD (en photo en haut de cet article).
Actuellement en fabrication, les GPU MI450 et racks Helios devraient arriver sur le marché d’ici à la rentrée.
Parmi ces clients, AMD a récemment signé avec Meta la fourniture de suffisamment de GPU MI450 et de processeurs Epyc de sixième génération pour atteindre une puissance de calcul dont la consommation est estimée à 6 gigawatts.
Le fabricant espère aussi connaître un succès inédit auprès des équipementiers télécoms avec le lancement, il y a quelques semaines, du processeur Epyc 8005. Moins énergivore que l’Epyc 9005 pour datacenters, l’Epyc 8005 devrait prendre place dans les infrastructures situées au pied des antennes 5G.
Des efforts d’innovation dans les processeurs pour PC
Le chiffre d’affaires trimestriel global d’AMD est de 10,3 mds $, soit 38 % meilleur qu’il y a un an. Dans ce bilan, les processeurs Ryzen pour PC ont rapporté 2,9 mds $ (+26 %), les puces graphiques Radeon 720 millions de dollars (+11 %) et les puces embarquées, principalement vendues aux constructeurs de robots industriels et d’équipements de surveillance, 873 millions de dollars (+6 %).
Dans ces catégories, les dernières nouveautés comprennent les processeurs Ryzen AI 400 qui, comme les processeurs Silicon M d’Apple, présentent l’intérêt de partager le même adressage mémoire entre les cœurs x86, GPU et NPU. Cela contribue à minimiser les besoins en RAM pour exécuter de l’IA en local, sur une petite machine personnelle. Cette famille de puces a 6 ou 8 cœurs x86 (utilisables pour exécuter 12 ou 16 threads simultanément) cadencés entre 2 et plus ou moins 5 GHz, et 4 ou 8 cœurs Radeon.
Le Ryzen AI 400 est décliné dans l’embarqué en processeur Ryzen AI P100, qui contient de 4 à 12 cœurs x86.
Pour les machines de bureau dotées de GPU en cartes PCIe, AMD a récemment lancé un nouveau processeur Ryzen 9 haut de gamme, le 9950X3D2 Dual, doté de 16 cœurs (32 threads) cadencés entre 4,3 et 5,6 GHz et, surtout, d’une impressionnante mémoire cache de 208 Mo, soit dix fois plus que sur les Ryzen AI 400. Outre sa taille, l’intérêt de cette mémoire cache est qu’il ne s’agit plus d’un circuit posé à côté des cœurs et partagé entre eux via un bus, mais de circuits directement assemblés sous les cœurs pour réduire drastiquement les temps de latence.
Selon diverses mesures de performances indépendantes, ces artifices ne semblent cependant pas permettre au Ryzen 9950X3D2 Dual d’être meilleur que les processeurs Core i9, voire Core i7 d’Intel sur les applications professionnelles.
Intel, meilleur sur le PC, prépare sa revanche dans les serveurs
Sur la même période, Intel a réalisé un chiffre d’affaires trimestriel de 13,6 milliards de dollars, soit une hausse 7 % en un an. Comme depuis les derniers trimestres, la force d’Intel est dans les ventes de puces pour PC, principalement les processeurs x86 Core, lesquelles lui ont rapporté lors des trois premiers mois de l’année 7,7 mds $, soit plus du double d’AMD sur cette même activité.
Cependant, ces ventes-là n’ont augmenté que de 1 % sur un an. À l’autre bout du catalogue, les processeurs Xeon pour serveurs réalisent toujours un score en deçà des Epyc d’AMD, avec un revenu trimestriel de 5,1 mds $. Mais il s’agit de la famille de puces chez Intel qui connaît la meilleure progression des ventes : +22 % en un an.
Les attentes du marché sont très fortes concernant la prochaine génération de Xeon qui bénéficiera de la nouvelle finesse de gravure « 18A ». Celle-ci pourrait remettre les Xeon sur un pied d’égalité avec les Epyc en matière de prix et d’économie d’énergie, ce qu’Intel parvient déjà à faire dans le monde du PC.
Une autre attente concerne l’avenir des fonderies qu’Intel a toujours en propre (contrairement à AMD qui fait fabriquer ses puces par le Taiwanais TSMC). Pour l’heure, ces usines ne servent essentiellement qu’à graver en 18A les puces d’Intel. Cependant, la possibilité qu’Apple y fasse fabriquer ses prochaines générations de processeurs pour Mac, iPad et iPhone vient à nouveau d’être évoquée cette semaine par des porte-parole proches du dossier. Il s’agirait alors d’un déplacement de revenus très important de TSMC à Intel, susceptible de propulser ce dernier vers le sommet du marché des semiconducteurs....
