Les clients français (USF) applaudissent la stratégie souveraine de l’éditeur allemand, mais ils lui demandent d’aller plus loin. Lors du SAPPHIRE, SAP n’a pas fermé la porte à un SAP dans un cloud local. À la condition de ne pas avoir à remodifier sa suite. La solution ? Le cloud dans une boîte.
SAP a annoncé cette année deux options souveraines pour les entreprises françaises et le service public. La première en adaptant sa suite pour le cloud Bleu (Orange et Microsoft), la seconde pour S3NS (Google Cloud et Thales). L’association des utilisateurs francophones de SAP, l’USF, a bien accueilli cette stratégie, tout en demandant que l’éditeur allemand d’ERP ne s’arrête pas en si bon chemin et envisage une option « totalement souveraine », c’est-à-dire qui ne repose pas sur la technologie d’hyperscalers.
« Je ne dis jamais non. Par principe, je peux tout imaginer », répond Martin Mertz, directeur Sovereign Cloud chez SAP, de passage à Madrid lors du SAPPHIRE 2026 qui a marqué une des plus fortes évolutions de l’histoire de l’éditeur. Mais au-delà du principe, la réalité est un peu plus compliquée.
« Nous déployer sur une nouvelle infrastructure nous demande énormément d’efforts », tempère Martin Mertz. « Cela nous demande du temps, des ressources, des profils », liste-t-il. « Le recrutement est un vrai problème. Il faut trouver les bons experts dans le pays, avec les bonnes compétences, et le plus vite possible. Si je veux embaucher aujourd’hui dans un pays donné, cela prend des semaines, voire des mois. »
SAP chez les cloudistes
Plutôt que de lancer de nouveaux chantiers pour aller sur Scaleway ou OVH ou un autre cloudiste, SAP préfère aller chez ces fournisseurs. Cette autre approche stratégique pour la souveraineté repose sur le principe éprouvé du cloud sur site et des appliances.
« Nous déployer sur une nouvelle infrastructure nous demande énormément d’efforts. Cela nous demande du temps, des ressources, des profils. »
Martin MertzDirecteur Sovereign Cloud chez SAP
« Nous installons l’infrastructure cloud de SAP directement dans le centre de données du client, ou là où le gouvernement souhaite que nous l’exploitions », Martin Mertz. « C’est du vrai cloud parce que nous faisons tourner le cloud pour le client, chez lui. »
L’option OVH (ou Scaleway) n’est donc pas exclue, mais avec cette modalité.
« Ce n’est pas un sujet de discussion actuel, mais si le gouvernement français nous disait “Nous avons des workloads chez OVHcloud, sur une infrastructure qu’ils gèrent pour nous ; merci d’y installer votre infrastructure SAP afin d’y déployer un cloud souverain”, nous pourrions tout à fait le faire. »
Une forte demande mondiale pour un SAP cloud et sur site
Cette approche est aujourd’hui plébiscitée. « Nous avons énormément de demandes de ce type en ce moment », confie Martin Mertz. « Vous verrez d’ailleurs plusieurs annonces dans les prochains mois : des fournisseurs de services nous intègrent dans leurs propres centres de données pour, de là, servir des entités gouvernementales ou les clients de leur choix. », promet-il.
« C’est du vrai cloud parce que nous faisons tourner le cloud pour le client, chez lui. »
Martin MertzDirecteur Sovereign Cloud chez SAP
En particulier, les différents acteurs du secteur militaire (et même du renseignement) un peu partout sur la planète se renseignent auprès de SAP, pour bénéficier de ces appliances que l’on peut décrire comme du « cloud dans une boîte ».
En résumé, la balle serait dans le camp d’OVHcloud et de Scaleway (et de l’USF) : à eux de venir voir SAP pour faire comme les militaires et demander à l’éditeur de mettre ces « boîtes » dans leurs data centers.