S3NS ouvre une « région » en Allemagne, aussi pour la continuité d’activité
Thales, via sa filiale allemande, va ouvrir un second « Google Cloud » souverain. Localisé en Allemagne, il ciblera les entreprises d’outre-Rhin, pour le grand plaisir de SAP. Mais l’infrastructure, conforme au cadre C5/C3A, servira aussi pour la résilience de S3NS.
Le cloud souverain S3NS, fruit du partenariat entre Thales et Google, arrive en Allemagne.
L’infrastructure suit exactement la même logique technologique et légale que l’offre française, à savoir commercialiser la stack de Google Cloud, mais dans une structure totalement séparée et gérée par Thales – en l’occurrence sa filiale allemande.
Thales est en effet présent en Allemagne depuis 1880. Il y emploie aujourd’hui plus de 2000 collaborateurs et y réalise un chiffre d’affaires de 670 millions d’euros.
Le personnel et les dirigeants de cette nouvelle entité cloud seront 100 % allemands et en grande partie issus de Thales Allemagne.
SecNumCloud et C3A (C5), une première
La solution sera disponible officiellement d’ici la fin de l’année 2026. Elle vise à être conforme aux critères C5 et le nouveau cadre C3A.
« En ciblant simultanément la qualification SecNumCloud et le cadre C5 – C3A sur les deux régions, c’est la première fois qu’un modèle de cloud de confiance vise différentes certifications locales », vante Hélène Bringer, présidente de S3NS et vice-présidente des systèmes d’information critiques chez Thales.
« Cela simplifiera considérablement la mise en conformité des clients multinationaux », anticipe-t-elle.
Une zone redondante pour le PRA
En plus de cibler les entreprises allemandes, cette nouvelle zone servira de redondance pour S3NS en France, et inversement.
« Cette nouvelle région permettra également aux clients allemands, français et européens de bénéficier d’une résilience accrue grâce à des capacités de reprise d’activité entre les deux régions (PRA) », confirment Thales et Google dans un communiqué commun.
Le nom de ce cloud ne devrait en revanche pas être « S3NS ». La marque choisie sera dévoilée un peu plus tard dans l’année.
SAP se réjouit de ce S3NS allemand
En France, SAP a déjà annoncé qu’il proposerait sa suite logicielle sur S3NS.
Lors de SAPPHIRE 2026 à Madrid en ce mois de mai (pile au moment où l’annonce de ce nouveau cloud a été faite), son responsable « souveraineté », Martin Mertz, a assuré au MagIT que la demande était très forte pour cette offre et qu’elle justifiait largement les investissements consentis pour adapter son ERP à cette infrastructure.
Martin Mertz s’est aussi réjoui de l’ouverture de deuxième « zone » de S3NS.
L’infrastructure étant identique, il y a fort à parier que l’éditeur allemand annoncera une offre similaire, complémentaire à Delos, son cloud souverain sur technologie Microsoft (équivalent de Bleu en France que SAP é également investi).
Google Cloud et Azure vs AWS
En acceptant de « confier » sa technologie à des partenaires, tout comme Microsoft dans Delos justement (et Bleu), Google n’a plus la main sur l’exploitation opérationnelle de ses technologies clouds. Mais l’émergence d’une demande, dixit Martin Mertz, a convaincu l’hyperscaler de s’investir dans cette approche.
« Notre partenariat avec Thales en Allemagne constitue une étape majeure dans notre engagement en faveur de la souveraineté numérique en Allemagne et en Europe », confirme Marianne Janik, vice-présidente EMEA Nord chez Google Cloud.
Des trois grands hyperscalers, seul AWS a décidé de faire cavalier seul en gardant entièrement la main sur sa stack. Y compris dans ses offres dites « souveraines », mais qui, pour la France, ne le sont pas véritablement faute de pouvoir se conformer aux critères de SecNumCloud qui vont au-delà de la seule localisation des données.
