Les émissions de Microsoft bondissent de 25 %

L’IA explique la forte progression de l’impact écologique du cloudiste. Microsoft assure, néanmoins, qu’il ne renonce pas à atteindre un bilan carbone négatif en 2030.

25 %. C’est la hausse des émissions de Microsoft sur l’exercice 2025, officialisée dans son rapport ESG 2026 publié ce mois-ci.

L’augmentation s’explique en majorité par l’expansion des centres de données pour l’IA et par l’abandon de certains certificats d’énergie renouvelable. L’impact du scope 2 de Microsoft est ainsi passé de 2 % du total en 2014 à 13 % en 2025.

Pour l’éditeur, l’évolution « reflète à la fois des progrès et une pression ». L’IA « augmente la demande d’énergie, d’eau, de terres et de matériaux » admet le cloudiste qui regrette que « les solutions durables ne puissent se déployer plus rapidement ».

Microsoft considère néanmoins cette tension autour de l’IA comme « productive ».

Un bilan carbone qui atteint 20,29 millions de tonnes

Au total, Microsoft a rejeté 20,29 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2025, contre 16,21 millions de tonnes l’année précédente.

« Nous développons l’infrastructure physique nécessaire pour alimenter l’économie de l’IA [qui] accélère l’innovation et devient fondamentale dans la construction et l’usage des technologies », confirment Brad Smith, vice-président et président de Microsoft, et Melanie Nakagawa, directrice du développement durable.

« Notre bilan environnemental est façonné par l’impact de cette croissance et par les actions que nous prenons pour la gérer », résument-ils avant d’ajouter que Microsoft s’assure « que l’IA renforce plutôt qu’elle ne fragilise les systèmes et les communautés dont elle dépend. »

Des efforts de compensation malgré la hausse

Même sans les certificats non additionnels, Microsoft dit avoir couvert l’intégralité de sa consommation électrique par des énergies renouvelables. Le groupe a ainsi étoffé son portefeuille énergétique avec des contrats portant sur 40 gigawatts de capacités renouvelables supplémentaires dans 26 pays. Cette couverture repose sur un mix de production locale, d’accords d’achat direct d’électricité et de contrats à long terme.

Microsoft avait démenti plus tôt cette année les informations faisant état d’une suspension de son programme d’élimination du carbone. Melanie Nakagawa avait alors assuré que ce programme se poursuivait.

Selon la plateforme CDR.fyi, il représentait plus des trois quarts des achats contractuels d’élimination carbone recensés au 13 avril.

Sur l’exercice 2025, Microsoft a également financé l’élimination de plus de 45 millions de tonnes de carbone via 29 projets utilisant 10 technologies différentes.

Des objectifs 2030 maintenus

Malgré ce bond de ses émissions, Microsoft maintient ses objectifs pour 2030, à savoir atteindre un bilan carbone négatif, remettre dans l’environnement davantage d’eau qu’il n’en utilise et éliminer les déchets de ses activités directes (produits et emballages).

Microsoft n’est pas le seul hyperscaler à voir son impact écologique grandir avec l’IA. Google et AWS ont eux aussi communiqué sur une dégradation de leurs indicateurs ESG.

Cet article a été initialement publié en anglais sur ESG Dive.

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