Claudeforce : Salesforce et Anthropic infusent Sales Cloud dans Claude

Les clients communs de Salesforce et d’Anthropic pourront orchestrer leurs opportunités commerciales enregistrées au sein de leur CRM depuis l’assistant Claude. Ce partenariat est rattaché à l’intiative Headless 360, visant à découpler la plateforme de Salesforce de son interface pour la remplacer par des agents IA.

Salesforce et Anthropic ont annoncé cette semaine avoir renforcé l’intégration entre leurs deux plateformes.

Baptisé « Claudeforce », ce partenariat élargi introduit Salesforce dans l’interface de l’assistant Claude, à travers un connecteur MCP.

Des « skills » dédiées au CRM de Salesforce

Les deux partenaires ajouteront un plugin proposant 37 « skills » commerciaux prédéfini. Parmi ces packages d’instruction et de contexte, certains servent à générer des briefs clients, des revues de pipelines commerciaux, des fiches d’opportunité, à identifier l’attrition, à expliquer les prévisions de ventes, à trier les leads, analyser la « santé » de la relation client, à prévoir les renouvellements de contrats, etc. D’autres skills seront lancées d’ici à la fin de l’année.

Après une validation humaine, les prochaines étapes peuvent être enregistrées dans la fiche du client au sein du CRM. Il est également possible d’envoyer un email de relance depuis l’interface de Claude. Anthropic et Salesforce disent travailler ensemble au développement de contrôles pour une gestion plus fine des accès et des rôles. Actuellement, le partenariat concerne l’intégration d’un serveur MCP dédié à Salesforce Sales Cloud avec Claude, mais les deux partenaires étudient déjà l’extension de cette capacité aux autres « Cloud » de Salesforce. Des connexions sont prévues avec Commerce, Marketing, Industries, Field Service, Revenue Cloud, ainsi que Data 360, Slack, Informatica (comme l’avait déjà évoqué LeMagIT) et MuleSoft.

Les modèles de raisonnement d’Anthropic s’intégreront à l’Atlas Reasoning Engine, la couche d’orchestration agentique de Salesforce et seront les LLM par défaut dans Slack. Dans ce cas, les modèles sont hébergés depuis Amazon Bedrock. Claudeforce fait l’objet d’un pilote accessible aux clients qui en font la demande, avant une bêta ouverte en septembre 2026.

Liz Miller, analyste chez Constellation Research, déclare que de nombreuses entreprises réorganisent leur infrastructure informatique afin de réduire le « va-et-vient » entre les outils d’IA, les applications telles que Salesforce et d’autres plateformes professionnelles. Cette intégration entre Salesforce et Claude n’est que la dernière initiative en date visant à regrouper davantage de fonctionnalités au sein d’une seule interface, qu’il s’agisse de l’interface web traditionnelle de Salesforce ou de solutions plus récentes.

« Le nom est mignon. On se laisse très facilement séduire par le côté fantaisiste », déclare-t-elle. « Si l’on regarde au-delà de cet aspect fantaisiste – et je pense qu’il est important de le faire –, cela apporte exactement ce que les gens veulent, et ce qu’ils utilisent déjà, dans les plateformes sur lesquelles ils souhaitent travailler, qu’il s’agisse de Claude ou de Salesforce ».

De plus, poursuit l’analyste, AIforce, le « harnais IA » de Salesforce (serveurs MCP, outils CLI, API), assure la gouvernance et la sécurité du CRM. Par exemple, aucune donnée Salesforce n’est conservée au sein de Claude et, par conséquent, les données des clients ne sont pas utilisées pour entraîner les LLM, avancent les deux partenaires.

AIforce sera au cœur de la conférence annuelle Dreamforce organisée par l’entreprise le mois prochain, a déclaré le PDG Marc Benioff lors de la conférence téléphonique consacrée aux résultats trimestriels de Salesforce.

Ouvrir le CRM aux assistants agentiques

« Claudeforce » est le fruit de la stratégie « headless » de Salesforce, annoncée plus tôt cette année lors de la conférence des développeurs TDX. Elle a été mise en avant la semaine dernière dans le cadre d’une série de lancements et d’aperçus de la plateforme regroupés sous le nom de « Headless 360 ».

Une architecture headless désigne la séparation du back-end (la base de données) et du front-end (l’interface). En cela, elle permet aux entreprises de développer leurs propres interfaces, à l’aide des outils de leur choix. Désormais, ces front-end sont en quelque sorte les assistants et les agents IA.

Patrick Stokes, directeur marketing, a ajouté que les clients et les ESN utilisent les fonctionnalités « headless » pour faciliter le travail au sein de Salesforce, mais aussi pour créer des outils Salesforce à l’aide d’agents de programmation d’Anthropic et d’OpenAI qui fonctionne en dehors de l’interface Salesforce.

« Ils souhaitent tirer parti de cette capacité pour utiliser Salesforce de différentes manières et en tirer davantage de valeur », avance-t-il. « Ainsi, plutôt que de se connecter à telle application, puis à telle autre, puis à une autre encore pour obtenir une réponse à une seule question […] il suffit désormais de prendre ces serveurs MCP et de les intégrer à n’importe quel outil de votre choix. »

Pour rappel, en octobre 2025, Salesforce avait annoncé un partenariat avec OpenAI. Celui-ci portait sur l’intégration d’applications Agentforce dans ChatGPT, la prise en charge du protocole Agentic Commerce, l’intégration de ChatGPT et de l’IDE agentique Codex dans Slack. Sans oublier l’usage des LLM du fournisseur concurrent à Anthropic. Avant cela, le géant du CRM a développé Salesforce dans Slack, un moyen d’accéder à Sales Cloud depuis une interface familière pour certains usagers.

Claudeforce semble impliquer un partenariat avancé entre Salesforce et Anthropic. Si Salesforce ne revoit sans doute pas sa politique de large choix en matière de LLM, il apparaît qu’il a sélectionné son fournisseur préféré, celui plébiscité par les entreprises. Dans les faits, les briques de cette architecture headless agentique s’appuient sur des fondamentaux – MCP, skills, sous agents IA – bâtis par l’entreprise cofondée par Dario Amodei.

Anthropic compte lui-même parmi les plus grands utilisateurs de Sales Cloud et de Slack, a précisé Miguel Milano, directeur des recettes de Salesforce, lors de la conférence téléphonique.

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