Fabric Apps : Microsoft revisite les applications analytiques à la sauce agentique

À la FabCon 2026 de Barcelone, Microsoft a dévoilé sa feuille de route pour Fabric Apps, une offre qui vise à simplifier le développement d’applications analytiques « pro-code ». Mais les questions sur les coûts et les limites restent nombreuses.

Introduites lors de Microsoft Build en juin, les Fabric Apps ont été fortement mises en avant lors de la FabCon à Barcelone cette semaine.

Pour rappel, les Fabric Apps, toujours en préversion, correspondent à des applications hébergées sur la plateforme de gestion de données Fabric.

Selon Microsoft, plus de 15 000 développeurs se sont essayés à la conception de ces applications. Pour rappel, les Fabric Apps s’appuient sur le SDK Rayfin, que Microsoft qualifie de « Back-end As A Service ».

Microsoft affine Rayfin (et s’associe à Replit)

Ce SDK permet de définir des modèles de données, des permissions et des relations avec des décorateurs TypeScript. Ces classes décoratives sont automatiquement converties en points de terminaison GraphQL qui permettent d’exposer les données de manière sécurisée qu’une application peut consommer. La base de données, le stockage, les connecteurs, les fonctions sollicitées et les authentifications sont tous liés à l’environnement Microsoft Fabric. Les clés API peuvent être stockées séparément de l’application dans un coffre. Les Fabric Apps peuvent ainsi se connecter aux bases de données SQL Fabric (et bientôt PostgreSQL), aux warehouses, aux Lakehouse dans OneLake et aux modèles sémantiques de PowerBI.

Évidemment, la création des classes décoratives et du Front-End qui affichera les données promet d’être le terrain d’agents IA et d’assistants agentiques. Jusqu’alors, les développeurs se sont appuyés sur GitHub Copilot pour créer et déployer les premières Apps. Un plugin et un template universel permettent de guider les agents IA afin de générer les bons assets écrits en TypeScript. Il est également possible d’utiliser Claude Code d’Anthropic et Codex d’OpenAI.

Lors de sa FabCon européenne, Microsoft a présenté son partenariat avec Replit. Là, il s’agit de cibler les métiers et « les vibe-codeurs » qui n’ont pas la maîtrise technique des développeurs.   

« Replit vous aide à générer tout le code à partir des définitions Rayfin. L’assistant utilise ensuite l’interface de ligne de commande de Rayfin pour le pousser vers Fabric ou vous pouvez le faire manuellement », décrit Sachin Patney, vice-président App development pour Azure data chez Microsoft, lors d’un point presse. « C’est à ce moment-là que le système convertit l’ensemble de ces éléments (essentiellement le schéma et les définitions) en tables réelles, puis configure les politiques d’authentification et applique enfin les règles de votre entreprise ».

« Modern Report » : Fabric Apps mis au service des usagers de Power BI

Au-delà du développement d’applications, Microsoft mise surtout sur l’intégration des Fabric Apps avec Microsoft Copilot dans Power BI. Il est ainsi possible de créer un tableau de bord interactif à l’aide du framework React, en s’appuyant sur plusieurs modèles sémantiques issus de Power BI et plusieurs sources de données.

Cette fonctionnalité en préversion se nomme « Modern Report ». Visuellement, l’expérience ressemble à ce que Tableau a proposé au lancement de son offre Pulse. Toutefois, elle permet d’exporter les données vers un classeur Excel, signe que Microsoft n’oublie pas les habitudes de ses utilisateurs.

Avec Modern Report, les tableaux de bord peuvent être édités manuellement, sans redemander à un agent IA de changer sa couleur ou la titraille. « Cela paraît trivial, mais le mécanisme de write-back que nous avons mis en place ne l’est pas », assure Stephen Godderidge, responsable produit principal pour Power BI dans Fabric chez Microsoft, lors d’une session de la FabCon.

Il permet de conserver les données modifiées (états) dans le tableau de bord, mais promet surtout de prendre en charge la modification d’informations depuis une application ou un dashboard. « Azure SQL et Warehouse prennent en charge la lecture et l’écriture ; les points de terminaison analytique SQL de Lakehouse et les modèles sémantiques sont en lecture seule », précise Sachin Patney, dans un billet de blog.

Les Fabric Apps intègrent par défaut la collecte de métriques concernant les connexions, le chargement des applications, le volume de requêtes, les erreurs, le taux d’erreur et le temps moyen d’une requête.

« Nos projets pour la fin de l’année 2026 incluent un portail d’administration et de sécurité, l’intégration à Microsoft Copilot, des analyses applicatives pour chaque application, un connecteur de données Kusto, le partage d’applications avec traçabilité de la provenance des données, la prise en charge des attributs personnalisés », liste Sachin Patney, dans son billet.

Son équipe travaille également sur les interfaces embarquées, le stockage d’applications intégré à OneLake, et des pipelines de déploiement automatisés.

Fabric Apps vs Power Apps, Power BI vs Modern Report

Évidemment, les usagers des services de Microsoft s’interrogent sur les limites d’une telle approche. Que ce soit pour bâtir des applications analytiques ou pour y intégrer des fonctions d’IA.

À Barcelone, les modérateurs de la session animée par Stephen Godderidge ont comptabilisé plus de 80 questions en un peu moins d’une heure. Signe de l’intérêt de la communauté. Les interrogations portaient entre autres sur les coûts d’un tel système. Les Fabric Apps consomment de l’espace de stockage alloué de manière dynamique pour les tables, les index, les logs et les métadonnées. Tout comme pour les éléments statiques (le front HTML, CSS, JS). Mais le gros du coût provient de l’exécution des API GraphQL, des UDF (User-Defined Functions) et des requêtes SQL sous-jacentes associées à Fabric. En clair, le tarif de telles applications sera fortement dépendant du nombre d’usagers.

Stephen Godderidge a recommandé de commencer par de petites applications. Lui s’est concentré sur des tableaux de bord financiers qui imitaient de véritables cas d’usage des Fabric Apps chez Microsoft. Les membres de la communauté ont également présenté des tableaux de bord interactifs, des moyens de représenter des données en quasi-temps réel ainsi que des jumeaux numériques.

« Aujourd’hui, cela sert principalement à développer des applications internes, liées aux flux de travail et aux besoins de visualisations de données. Nous prévoyons d’ajouter l’authentification OIDC. Cela permettra de créer des applications externes », indique Sachin Patney, lors d’un point presse.

Les clients de Microsoft pouvaient déjà s’appuyer sur Power Apps pour certains cas d’usage. D’autres réclamaient d’utiliser des briques avancées ou de s’appuyer sur des solutions tierces. Il ne s’agirait pourtant pas de remplacer Power Apps par Fabric Apps, distingue le vice-président.

« Power Apps, c’est du no-code pur : vous construisez une application en glissant-déposant des composants, de manière très visuelle et interactive. Aucun code n’est impliqué », rappelle-t-il.

« Replit et Rayfin doivent faciliter l’écriture d’applications par des agents IA. In fine, vous déployez du code depuis les environnements Fabric Apps, après l’avoir passé en revue et avoir fait les vérifications de sécurité. Le code reste votre fondation », souligne-t-il. Et d’indiquer que si l’application devient trop populaire pour les responsables de la plateforme de données, la DSI peut reprendre le flambeau afin de la déployer à l’échelle en s’appuyant sur le code déjà produit.

 La même distinction existerait entre les « Modern Report » et les rapports Power BI « pixel perfect ». Là aussi, les deux solutions cibleraient des populations différentes.

Reste à découvrir l’appétence des métiers pour l’une ou l’autre approche. Les concurrents de Microsoft, en premier lieu Databricks et Snowflake, ont fait des paris similaires avec Databricks Apps et Streamlit. Des solutions plus ouvertes, mais davantage centrées sur les besoins des ingénieurs de données.

 

 

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