Microsoft unifie les capacités de Copilot et scinde son modèle tarifaire
Comme chez Anthropic et Mistral avant elle, Microsoft rassemble ses assistants agentiques au sein d’une seule interface. En même temps le géant du cloud généralise la facturation à l’usage des nouvelles fonctionnalités, tout en gardant comme base un tarif au siège.
Copilot devient une « super app » selon Satya Nadella, CEO de Microsoft. L’assistant IA rassemble une grande partie des capacités génériques développées par l’entreprise depuis près de trois ans.
Depuis son interface « Home », les usagers accéderont à Copilot Chat, Cowork – qui avait été introduit en mars 2026 – et, plus tard, à Code et à Autopilot.
De surcroît, la suite Office vient à Copilot. Les usagers pourront retrouver Word, Excel et PowerPoint depuis l’interface très semblable à celle de l’assistant Claude d’Anthropic. Il s’agit là de simplifier la génération de documents : brief, budgets, présentation, modification de fichiers existants, etc.
Home, Code, Autopilot : les trois nouvelles expériences infusées dans Copilot
Microsoft promet de fluidifier l’édition entre les Copilot et les collaborateurs humains. Tous les documents et feuilles de calcul resteront synchronisés à travers OneDrive et SharePoint. Aussi, dès le 1er octobre, la préversion privée de la commande @Copilot permettra d’invoquer l’assistant dans Teams.
Quant à la fonction Code, elle doit aider les métiers à développer « de petites applications conçues pour un besoin précis » : tableau de bord, outil de suivi, scripts, widgets, etc.
Elle s’appuie tout de même sur l’architecture de GitHub Copilot. Le code généré s’exécute dans un bac à sable (sandbox), un environnement sécurisé et isolé, hébergé sur Microsoft Azure.
Ce sandbox s’exécute sur Microsoft Copilot Managed Runtime. « Cette même infrastructure prend en charge les applications créées dans Cowork, Code et Copilot Studio. Nous l’ouvrons également aux développeurs tiers et aux développeurs pro-code. Copilot Managed Runtime est désormais en préversion publique et sera également accessible dans Code », précise Microsoft, dans un communiqué de presse.
Home, Cowork et Code seront disponibles dans le programme d’accès anticipé Frontier dès la fin du mois de septembre. Les abonnés premium et pro devront attendre « plus tard cette année ». La firme de Redmond devrait préciser son calendrier au moment de sa conférence développeur Ignite. Elle a lieu à San Francisco du 17 au 20 novembre 2026.
Plus tard encore, l’interface Home intégrera un onglet « Today ». Celui-ci affichera l’ensemble des notifications quotidiennes issues de Teams, d’Outlook Calendar et de Planner au sein d’un seul d’un fil, trié par priorité. La même fonctionnalité sera intégrée à Outlook et Teams (ce qui devrait, espérons-le, simplifier la difficile gestion des notifications).
Enfin, Copilot assimile Autopilot, « un agent personnel, proactif et disponible en continu, qui poursuit son travail, même lorsque vous n’êtes pas là ». Un agent IA asynchrone donc.
Auparavant nommé Scout, Autopilot est propulsé par le framework OpenClaw. Intégré à Teams, Outlook et OneDrive, doté d’un rôle, l’agent doit accomplir des tâches de plus ou moins longue haleine, comme des routines, la préparation d’agenda, de briefing, d’analyse, de budget, etc. Et Microsoft de donner comme exemple l’évaluation de fournisseurs et toutes les étapes que composent ce processus.
Autopilot serait doté d’une mémoire persistante et peut également manipuler des skills, tout comme Copilot Cowork. Il dispose par ailleurs de sa propre identité Entra ID et de son environnement de travail.
Pour l’instant, il faut changer d’onglet pour accéder aux différents modes. « Bientôt », un LLM-routeur se chargera d’envoyer les demandes automatiquement vers Chat, Cowork et Code. Autopilot débarque en préversion privée dans quelques jours.
Sans surprise, Microsoft remet une couche sur son graphe de connaissances, Work IQ, qui permet à Copilot d’accéder aux documents dans les différents tenants Microsoft 365. Copilot revisité intégrera également Fabric IQ, la couche sémantique liée à Microsoft Fabric. Cette suite inclut Azure Synapse, les bases de données Microsoft, Power BI, One Lake et les services orientés événements. Copilot pourra également puiser dans les données enregistrées dans Dynamics 365 et Power Platform.
Un modèle tarifaire hybride avec des garde-fous
Cette unification des fonctionnalités IA n’est pas gratuite. Copilot subit une nouvelle évolution de son modèle économique dès le 2 novembre. Au prix mensuel par siège s’ajoute un substrat à la consommation. Une pratique qu’une bonne partie des éditeurs d’assistants IA est en train d’adopter.
Ici, l’USL (User Subscription License) de Copilot couvrira ce que Microsoft appelle les « usages quotidiens » de l’IA. Il s’agit plus particulièrement des résumés de transcripts, de documents et des échanges dans Chat.
Le fournisseur intègre un mode auto – où un routeur choisit le bon modèle pour répondre à la question. Les usagers pourront aussi sélectionner quelques modèles inclus dans la licence USL, dont GPT-5.6, Claude Sonnet 5 et Opus 5 avec des limites d’usage « suffisantes pour que la plupart des utilisateurs ne les atteignent pas ». La réserve de tokens de la sélection automatique sera supérieure.
Le fournisseur s’appuie sur les LLM d’OpenAI et d’Anthropic, mais promet d’ajouter des modèles d’autres laboratoires, y compris open weight. LeMagIT suppute qu’il mettra à profit ses modèles MAI pour faire des économies.
En revanche, les activations de Copilot Cowork, de Code et d’Autopilot, l’accès à certaines fonctionnalités dans SharePoint, aux modèles de pointe Claude Fable et GPT-Astra sont considérés comme des « usages avancés de l’IA ». Ils sont facturés à la consommation (usage-based billing ou UBB), avec pour unité le crédit Copilot. Les UBB correspondent à une extension des USL : le modèle tarifaire hybride est imposé.
Conscient des potentiels dérapages, le fournisseur complète sa console FinOps au sein d’Agent et Microsoft 365. En sus de Copilot Chat, Cowork, des appels aux API Work IQ, l’outil inclura dès le mois d’octobre les mesures concernant l’usage de Code et de Copilot Managed Runtime.
Dans un deuxième communiqué, Microsoft précise que les UBB – et donc les fonctions avancées – sont désactivées par défaut. Il faut créer une règle de dépense avant de pouvoir les activer. Les administrateurs pourront fixer des budgets à l’échelle d’un tenant, d’un groupe ou d’un utilisateur ainsi que de fixer des alertes, voire des limites d’usage. Ils pourront également réduire la sélection de LLM ou encore suivre les cas d’usage les plus consommateurs de ressources dans Cowork.
Bien évidemment, les admins peuvent configurer des dépassements de budget. Le fournisseur applique à peu de chose près la même recette qu’avec GitHub Copilot.
Microsoft offrirait des rabais importants, selon The Information
La firme de Redmond n’a en revanche pas précisé si ce modèle tarifaire revu et corrigé affecte les contrats de licences Microsoft 365 E3, E5 et E7. Pour rappel, ces offres dédiées aux grandes entreprises intègrent toutes un accès à Copilot Chat, mais seule la licence E7 (91,92 euros HT par siège par mois) inclut l’ensemble des services Copilot et Agent 365. La licence USL de Copilot coûte à elle seule 26 euros HT par siège par mois. Agent 365, lui coûte 13 euros HT par siège par mois.
D’après The Information, en lien avec cette évolution tarifaire, le géant du cloud autoriserait ses commerciaux à offrir des réductions allant de 30 % (pour plus de 1000 sièges) jusqu’à 50 % (pour plus de 10 000 sièges) aux ETI et aux grands comptes sur les licences Copilot. Des remises qui affecteraient également le prix des lots de crédits IA.
À la fin du mois de juin, Microsoft recensait plus de 30 millions de sièges payants pour l’assistant, en incluant la licence standalone Copilot, Microsoft 365 E5 et E7. Le nombre de sièges a doublé entre le troisième et le quatrième fiscal 2026 à en croire Satya Nadella. Le dirigeant observait alors « une traction précoce » pour la licence E7.
En mai dernier, Gartner affirmait que seulement 4 % des responsables IT interrogés par ses soins se disaient prêts à acheter cette fameuse souscription d’ici un an. Si le cabinet d’analystes perçoit le modèle tarifaire combinant un coût au siège et à l’usage comme un compromis acceptable, il met en évidence des coûts difficilement prévisibles.
« E7 simplifie en partie la complexité liée aux licences, mais implique un investissement important et une hausse des dépenses, tout en augmentant les risques de dépendance vis-à-vis du fournisseur. Même avec E7, les coûts liés à l’utilisation sont facturés séparément », précise Gartner dans son Magic Quadrant du mois d’août 2026 consacré aux assistants IA.
En mars dernier, au moment de sa levée de fonds record, OpenAI évoquait plus de 50 millions d’abonnés payants pour ChatGPT pour un total de 900 000 utilisateurs. Anthropic n’a pas communiqué sur le nombre d’utilisateurs payants de Claude, seulement sur ses revenus récurrents annuels estimés.
