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Gouvernance IA : ServiceNow prépare un passeport pour les agents IA
La détection du Shadow AI, la gestion des coûts et un « passeport » pour les agents IA enrichiront dès la fin de l’année la tour de contrôle mise en place par ServiceNow. Ce passeport, un moyen de valider ou d'invalider à l’exécution les actions des agents IA et leurs appels à des serveurs MCP. Reste encore à tester ce système à large échelle.
Ne parlez plus d’AI Control Tower, mais de Super Intelligence Control Tower. Tout comme Salesforce, ServiceNow aligne son nommage sur les volontés de l’occupant du bureau ovale. Intelligence artificielle ou super intelligence, la tour de contrôle du spécialiste de l’ITSM demeure en chantier.
Le gros des travaux devrait toutefois être terminé d’ici à la fin du quatrième trimestre 2026. Pour rappel, cette tour de contrôle de l’IA doit rassembler des capacités de découverte de shadow AI, d’observabilité, de mise en conformité, d’identité, de sécurité et de FinOps pour des agents IA. Le tout repose évidemment sur la CMDB de ServiceNow.
La détection du Shadow AI au quatrième trimestre 2026
En matière d’observabilité, beaucoup de choses sont déjà en place. L’analyse du temps gagné avec les agents IA, l’adoption des outils IA et leur « santé » sont dûment affichées. La cartographie, la priorisation des risques et la conformité des agents IA en regard des lois en vigueur également. La tour de contrôle permet également de collecter les évaluations des agents et des assistants et d’en observer les éventuelles dérives.
D’autres tableaux de bord doivent permettre de visualiser la cartographie des accès des agents IA réalisés à l’aide de la technologie de Veza (l’un des récents rachats de l’éditeur), dont ceux ayant des accès privilégiés (ce qui est fortement déconseillé), les agents « dormants » (inactifs), la télémétrie des serveurs MCP captée par la passerelle dédiée, et les tentatives d’attaques arrêtées par les garde-fous.
La détection des Shadow IA devrait être disponible d’ici à la fin de l’année. Elle s’appuie sur l’intégration des technologies d’Armis Centrix. ServiceNow a acquis Armis pour 7,75 milliards de dollars en décembre 2025. Pour ce faire, 400 connecteurs sont déjà disponibles afin de découvrir des agents IA « non approuvés ».
Un passeport pour les agents IA…
Pour les agents déjà autorisés par les entreprises, ServiceNow mettra en place au cours du quatrième trimestre un passeport IA. C’est l’ajout majeur présenté le 15 octobre par l’éditeur. « AI Passport attribue à chaque agent une identité vérifiable, délivrée par l’AI Control Tower et ancrée dans le contexte métier de votre organisation », présente Nenshad Bardoliwalla, vice-président directeur de la gestion des produits IA chez ServiceNow, lors d’un point presse. « Cette identité est assortie de règles de gouvernance continues : les systèmes auxquels l’agent peut accéder, les actions qu’il est autorisé à effectuer et les responsables. Elle accompagne l’agent partout au sein de l’entreprise ».
Techniquement, ce passeport est un identifiant ou un jeu d’identifiants signés cryptographiquement, vérifiés à l’exécution, à chaque étape d’un flux de travail agentique. L’AI passport est délivré par la Control Tower, en lien avec les règles de conformité enregistrées au sein de la CMDB. Une fonctionnalité qui sera également disponible pour les agents IA tiers. « Les politiques sont ainsi gérées de manière centralisée et ensuite il existe plusieurs méthodes pour les appliquer, que ce soit via le réseau ou à travers un SDK d’agent », indique Nenshad Bardoliwalla.
… mais pas de système établi pour contrôler leurs allées et venues
L’autorisation ou la révocation automatique des accès d’un tel dispositif dépend en réalité de systèmes tiers. Or, l’éditeur doit encore prouver que cela fonctionne à large échelle.
ServiceNow tente ainsi d’établir un design de référence pour faire de ce système d’identification un « standard ». À cette fin, l’éditeur s’est rapproché de Nvidia afin d’utiliser les briques de l’Open Agent Safety Platform. OpenShell permet notamment d’exécuter les flux de travail dans des sandbox dont l’isolation est gérée au niveau du kernel. Seules les clés pour les accès autorisés sont transmises à l’agent et Nvidia a mis en place une méthode de vérification de l’application des politiques. Les deux partenaires détailleront l’architecture dans le cadre de la GTC de Berlin.
D’autres partenariats sont en cours, laisse entendre le dirigeant chez ServiceNow. Rappelons que l’Open Agent Safety Platform existe à un stade précoce (OpenShell est lui en version 0.1.4). Néanmoins, l’ensemble du marché, de VAST Data en passant par Oracle jusqu’à Anthropic lui-même cherche à appliquer des logiques de chiffrement de bout en bout et d’informatique confidentielle à l’IA agentique.
ServiceNow entend là répondre à une préoccupation croissante en matière de cybersécurité. Mais la société dirigée par Bill McDermott doit faire face à une autre inquiétude de la part des entreprises : la gestion des coûts. Les fonctions autrefois présentes dans son offre ITAM rejoindront la Control Tower. AI Cost Management doit offrir une vue des abonnements SaaS, des tokens consommés par API et des ressources GPU mobilisés sur site ou dans le cloud dans un seul tableau de bord. À cela s’ajouteront des moyens d’obtenir des alertes et d’enclencher des mesures de restrictions si les budgets sont dépassés. Ces éléments pourront être comparés avec le tableau de gestion de la « valeur » afin de mesurer le retour sur investissement.
Ici, l’éditeur n’a pas précisé les outils à disposition des entreprises. La Control Tower existante (sans le passeport IA, la détection du shadow IA et la gestion des coûts) est déjà utilisée au sein d’une solution pour les institutions financières, Operational Resilience.
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