IBM : la déprime s'étend à l'ensemble des activités

Malgré la cession de ses serveurs x86 à Lenovo et de sa microélectronique à GlobalFoundries, IBM n'arrive pas à enrayer une déprime qui s'étend désormais à toutes ses activités.

Rien ne va plus chez IBM. Après une année 2014 plus que difficile, Big Blue vient d’entamer son année 2015 de la pire des façons. Toutes les activités de la firme sont ainsi en recul à commencer par la division System and Technology. Cette dernière qui portait jusqu’à l’an passé l’activité serveurs x86, cédée à Lenovo,  n’inclut plus aujourd’hui que les activités grands systèmes (mainframes System z), les serveurs Power et les activités stockage. Selon Big Blue, ses ventes ont plongé de 48,5 % sur un an, à 1,65 Md$.

Certes, les ventes de grands systèmes ont connu une croissance explosive de 130 % suite au lancement d’une nouvelle génération de serveurs System z, les z13, à la fin 2014. Certes, les ventes de système Power ont renoué avec la croissance (+1%). Mais ce lancement, n’a pas suffi à compenser la cession des activités x86, et la déprime persistante des ventes de systèmes de stockage (-2 %). Et encore, les chiffres fournis par Big Blue sont à taux de change constants, ce qui veut sans doute dire qu’à taux de change réels, la performance de la firme a encore été plus mauvaise.

La déprime de l’activité Systems and Technology a également un impact calamiteux sur les activités de financement de Big Blue. Selon la firme, la division financement a vu ses ventes reculer de 55,6 % au premier trimestre 2015, à 461 millions de dollars.

Les services et le logiciel en pleine déprime

Les activités services poursuivent elles aussi leur spirale descendante. Les « Technology Services », dont le CA est en recul depuis le second trimestre 2012 (soit 12 trimestres consécutifs de baisse) enregistrent leur pire performance depuis 3 ans avec 19,96 % de recul, à 7,88 Md$. Les « Business Services » - l’activité consulting et conseils métiers – sont moins affectés, avec tout de même un recul de 7,42 % sur un an, à 4,31 Md$.

Enfin, les activités logicielles, l’un des fleurons de Big Blue réalisent leur pire performance en cinq ans avec un CA en recul de 18,8 %, à 5,2 Md$. Un résultat en partie lié au désamour vis-à-vis des logiciels de middleware de Big Blue et vis-à-vis de ses outils de développement, mais aussi à la bascule progressive d’un modèle de licence vers un modèle SaaS et PaaS.

Les observateurs d’IBM ne seront pas surpris par cette dégradation de la performance de la firme, dégradation qui a débuté vraiment en 2012 et que les artifices financiers n’ont permis de masquer qu’un temps – Big Blue était ainsi devenu un spécialiste du rachat de ses propres actions pour doper son EPS. La vraie question est désormais de savoir si la firme pourra enrayer cette dégradation ou si à force de se séparer d’activités, elle n’a pas poussé le bouchon trop loin avec la cession de ses activités serveurs x86.

 

 

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