Cet article fait partie de notre guide: API : l'ouverture des SI dans un monde de microservices

API : les projets se multiplient, les banques au premier plan

L’industrie voit dans les APIs une façon de pousser les développements en avant et de motoriser l’automatisation de leur processus. La banque y voit aussi un moyen de réagit à un marché sous pression.

Comme un premier signe de maturité. C’est un des constats que l’on aurait pu faire à la sortie de la première journée des APIDays 2015 de Paris. Cette conférence (plus de 900 participants inscrits), entièrement dédiée au monde des APIs (Application Programmable Interface – Interface de programmation) a été témoin d’une montée en puissance des usages et de la volonté des entreprises d’exposer leurs SI sous la forme de services. Après avoir posé les principes des APIs, l’heure est arrivée de franchir une étape et de placer ce concept d’interface au cœur des problématiques de transformation numérique et de bouleversement de modèles économiques.

Si la conférence a reçu des grandes entreprises et a permi de présenter des projets concrets dans les domaines de l’art (celui de La réunion des musées nationaux), de l’hôtellerie (Accorhotels) ou encore de La Poste, AXA Banques, la SNCF - l’un des secteurs le plus représenté était assurément celui des services financiers et des banques. Un secteur qui aujourd’hui semble être le moteur de l’adoption des architectures fondées sur les APIs.

« Les banques se positionnent logiquement dans l’usage des APIs, par nécessité, et elles commencent à en mesurer la portée », résume Bruno Cambounet, vice-président Finance Services and Insurance industries global programs chez Axway, un spécialiste de la gestion des APIs. S’il constate que le secteur  bancaire et financier s’est en effet transformé depuis un an, c’est bien parce que l’industrie est sous pression.

D’abord par la voie de la régulation. La révision de la Directive sur les Services de Paiement, dite PSD2, a été adoptée par le parlement européen en octobre dernier. Si celle-ci inclut désormais un volet fort sur les moyens de paiements électroniques et mobiles, elle ouvre surtout la voie du paiement à des tiers qui ne sont pas des banques : comprendre les Fintech. Et à l’arrivée d’une concurrence, représentée soit par des start-ups, soit par des ténors du Web et du commerce en ligne comme Amazon ou Google. Ce qui a de quoi inquiéter les institutions bancaires historiques. « Les banques doivent s’adapter au risque de perdre une partie de leurs revenus, au profit de ses nouvelles sociétés, qui - à leurs dépens - vont créer de la valeur là où elles ne le font pas.

Un système âgé, peu flexible

Comme une mesure défensive, les banques se mettent à réagir. Mais il y a un hic : leur système. « Les systèmes IT des banques sont âgés, ce qui constitue un frein à l’innovation », analyse Ismail Chaib, le COO de l’Open Bank Project, également présent lors de cette conférence. Et c'est là que les APIs ont un rôle de premier plan à jouer en accélérant l’innovation.

« Les APIs sont légères et apportent les médiations protocolaires, comme XML vers JSON, pour effectuer par exemple des contrôles d’autorisation, pour traiter les problématiques d’authentification (un processus clé dans le secteur critique des banques, NDLR), et l’intégration de services à d’autres », commente Bruno Cambounet. L’idée étant logiquement de « dé-silloter intelligemment ».

Ainsi, les APIs sont d’abord considérées par le secteur bancaire pour des usages internes. Permettant aux établissements bancaires de doter les équipes de développeurs d’un outillage favorisant l’émergence rapide de services à valeur ajoutée vers les usagers – et tenter de rivaliser avec d’autres en ce sens. Ou encore d’intéropérer avec les systèmes de partenaires.

Puis, et c’est un point qui tranche avec l’industrie actuelle, les APIs permettent aussi aux banques de se transformer en une plateforme de services - et non plus comme un backend de paiement – autour de laquelle se constitue un écosystème d’acteurs, et ce tout en restant privé et sécurisé, analyse le responsable d’Axway.

D'abord des APIs pour l'interne

Un récent rapport intitulé « Banking API : State of the markeet », publié par Axway, rapporte d’ailleurs que sur plus de 20 banques interrogées, 60% se concentrent sur des usages internes en matière d’API, 20% pour les partenaires et 20% sur des usages publics.

Une proportion identique pour la France, ajoute Bruno Cambounet, puisque l’omnicanal est la première raison d’adoption des APIs pour les banques hexagonales.

En matière d’intégration avec un écosystème, « cela reste encore timide », explique-t-il. Plus globalement, comme  poussé par la transformation du secteur, 2015 a été témoin d’un changement culturel significatif au sein des banques, rapporte l’étude. Même si finalement, il y a encore du chemin à parcourir pour voir émerger pleinement le concept d’Open Banking. « D’ici à 2020, toutes les banques disposeront d’APIs » soutient de son côté, confiant, Ismail Chaib de l’Open Bank Project.

Si assurément les fournisseurs de solutions de gestion d’API (API Management), comme Axway, Apigee, CA ou encore Restlet (tous présents lors de cette édition 2015 des APIDays), y voient une belle opportunité, il s’agit aussi de faire émerger des standards en la matière, sécurisés, ouverts et qui favorisent cette désormais précieuse exposition des fonctions sous la forme de services.

C’est justement la mission que s’est fixé l’Open Bank Project qui, depuis 4 ans, développe une API standard pour le secteur bancaire ainsi qu’une AppStore dédiée, afin de faciliter la mise en place d’un écosystème. A la base, un modèle de développement communautaire où interviennent les principaux intéressés : les banques et les développeurs. De quoi donner une fondation à cette transformation.

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