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Le Français OpenIO veut faire son trou sur le marché du stockage objet

En s'appuyant sur une base technologique éprouvée, développée depuis 2007 par Atos Worldline pour le stockage en masse des e-mails de Wanadoo et SFR, OpenIO veut s'imposer sur le marché du stockage objet.

Décidément, les start-ups françaises ne manquent pas d’idées en matière de stockage. OpenIO, une jeune pousse française, que nous avons rencontrée début décembre à San Francisco, a récemment lancé sa solution de stockage objet. Elle entend se faire une place au soleil aux côtés d’acteurs tels qu’Amplidata/HGST, Cleversafe, DDN, EMC ou Scality.

Une technologie née chez Atos Worldline pour répondre aux besoins de stockage des messageries de Wanadoo/Orange et SFR

La technologie d’OpenIO est née du fork d’une solution de stockage logicielle développée à partir de 2007 par Atos Worldline pour le stockage et l’archivage des services de messagerie électronique de Wanadoo (aujourd’hui Orange) et SFR et qui gérait jusqu’à récemment le stockage de près de 44 millions de boîtes aux lettres (soit plus de 10 Po).

En 2012, le code du logiciel est devenu Open Source à la demande d’Orange et en 2015, plusieurs des mainteneurs de ce code ont profité de la réorientation stratégique de Worldline vers les métiers du bancaire pour créer un fork de la technologie et en faire un produit à part entière. En juin 2015, OpenIO était née. Aujourd’hui la solution de stockage objet d’OpenIO, peut compter sur une référence prestigieuse, puisque la technologie a été revalidée par le groupe SFR-Numéricable pour ses messageries. Orange a en revanche annoncé en novembre un projet de migration du stockage de ses messageries vers Scality, projet qui devrait s’étaler tout au long de 2016.

Aujourd’hui, OpenIO est adossée en France à Okto Group, la maison mère de l’éditeur Vade Retro  - qui protège 265 millions de boites aux lettres mails dans le monde - et de l’intégrateur et hébergeur nordiste Scalair. Cet adossement financier a permis à OpenIO de se développer sans la pression du temps, indique Georges Lotigier, Président d’Okto Group, mais également cofondateur et président d’OpenIO. La firme entend toutefois lever des fonds additionnels dans le courant du premier semestre 2016.

Selon Laurent Denel le cofondateur et CEO d’OpenIO, l’architecture conçue par la firme fonctionne aussi bien pour les petites configurations que pour les grands clusters. Un atout que la firme entend bien mettre en avant : « Nous voulons répondre à des besoins mêmes petits. Les développeurs aiment le stockage objet car ils apprécient la simplicité des API objet. Rendre le stockage objet abordable même pour de faibles capacités est la clé de l’adoption de la technologie. Beaucoup d’entreprises et de développeurs commencent avec un besoin de stockage faible, mais ce besoin peu exploser en cas de succès de l’application. En étant à même de satisfaire à la fois des besoins très petits et de gérer aussi de très fortes capacités, nous pouvons nous différencier sur ce marché ». La firme mise aussi sur le caractère open source du cœur de son offre pour séduire la communauté des développeurs.

Une architecture de stockage différenciante

La technologie d’OpenIO se différencie assez largement des approches de ses concurrents notamment pour ce qui est de la gestion de la distribution du stockage à grande échelle. Nombre des grands fournisseurs de systèmes objets s’appuient sur des mécanismes de hashing pour déterminer le positionnement des données sur les nœuds du cluster, ce qui en cas de défaillance d’un nœud ou d’ajout de nouveaux nœuds se traduit par des opérations régulières de rééquilibrage de cluster très consommateurs en ressources. Autant de défauts dont ne souffre pas la technologie de la firme française.

Les atouts mis en avant par OpenIO face à ses concurrents

OpenIO s’appuie sur une architecture en cluster de type « shared nothing ». L’organisation des données s’appuie sur un système de répertoires avec de multiples indirections. La structure de stockage des données est assez simple puisqu’elle est de type espace de nommage / Compte utilisateur/Conteneur/objet, où chaque conteneur est un répertoire à plat et chaque objet, un BLOB (Binary Large object) - avec ses métadonnées.

Les données elles-mêmes sont découpées en tranches (chunks) et chaque tranche est stockée comme un fichier sur le file system local (OpenIO s’appuie par défaut sur XFS, mais peut aussi gérer ext3 et 4). La protection des données est assurée par réplication ou par un mécanisme d’erasure coding et le système intègre aussi un mécanisme de géodistribution des données.

La distribution des tranches de données entre les nœuds se fait à l’aide d’un service centralisé baptisé Conscience. Le service Conscience collecte de nombreux paramètres sur la performance et la saturation des nœuds du cluster et les informe en retour des nœuds les mieux à même d’accueillir de nouvelles données. Ainsi les nouvelles données sont systématiquement écrites sur les nœuds les mieux à même de les accueillir. Conscience est au cœur de l’intelligence du produit d’OpenIO. Notons qu’OpenIO supporte aussi le tiering de données via des politiques programmables par l’administrateur.

De multiples connecteurs pour l’accès aux données

Pour l’accès aux données, OpenIO propose bien sur sa propre API REST, mais aussi le support des API objet Amazon S3 et OpenStack Swift. La firme propose également un catalogue de connecteurs d’accès en perpétuelle évolution.

La version 15.12 du logiciel, sortie en décembre, propose ainsi un connecteur NFS v3 et un connecteur Fuse. Elle embarque aussi des connecteurs pour les messageries Cyrus 3.0, Zimbra et Dovecot, ainsi que des connecteurs pour le marché du streaming vidéo (connecteur de streaming adaptatif, connecteur HTTP…).

Interface graphique d'administration d'OpenIO

Il est à noter que si le cœur du logiciel d’OpenIO ainsi que les mécanismes d’accès objet sont fournis en version open source, les autres connecteurs ainsi que l’interface graphique d’administration ne sont accessibles que pour les clients ayant souscrit au support de l’éditeur. Le support standard est proposé au prix de 5 centimes d’euro par an par Gigaoctet de données stocké. Il permet aux clients de choisir un pack de connecteurs parmi l’ensemble du catalogue offert par la firme. Le support Premium donne accès à tous les connecteurs, ainsi qu’à l’interface graphique d’administration. Il est offert au prix fixe de 90 000 $ par an pour des capacités allant de 600 To à 5 Po.

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