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Le Conseil national du numérique planche sur le travail à l’heure du digital

La Commission a rendu son rapport à la Ministre du Travail. Constats et recommandations pour adapter le monde professionnel aux nouveaux enjeux technologiques.

Décidément, le numérique dans la sphère professionnelle fait couler de l’encre. Après le rapport remis par Bruno Mettling, le DRH d’orange en septembre dernier, c’est Benoît Thieulin, le président du Conseil national du numérique (CNNum) qui s’y est collé en présentant début janvier à la Ministre du Travail un rapport intitulé « Travail emploi numérique : les nouvelles trajectoires ».

Copieux (plus de 180 pages), ce pavé se veut autant un outil de réflexion sur la vie professionnelle à l’heure de la transformation digitale (on appréciera d’ailleurs la cartographie des controverses qui a pour objectif d’éclairer les lecteurs sur l’état des débats) qu’une série de pistes à explorer pour adapter la formation et le travail aux besoins et aux enjeux que le numérique fait naitre.

La deuxième partie comprend d’ailleurs vingt propositions, dont certaines ne manquent pas d’ambition puisqu’il s’agit de proposer « un scénario industriel alternatif pour l’Europe ».

L’échec comme source d’apprentissage

Mais au-delà des mots (le grand reproche qui peut être fait à ce rapport étant d’être parfois trop verbeux), quels sont les constats et les solutions avancées ?

En premier lieu, qu’à l’heure actuelle, «  être performant impose de contribuer à sa propre obsolescence, c’est-à-dire participer à définir des manières de produire radicalement différentes, qui entrainent potentiellement la destruction de son propre emploi. » Mais comme nous ignorons ce qu’il va se passer « il faut construire les modèles et les dispositifs visant à accompagner, à protéger et à inciter, quelle que soit la situation ».

L’incertitude est grande (la fin du salariat est même évoquée) mais plutôt qu’un frein, « elle doit être un moteur de l’action ».

Cela passe d’abord par une valorisation des parcours hybrides. L’échec devant même être assumé  « comme source d’apprentissage, qui est par ailleurs au cœur du fonctionnement des startups et des nouveaux schémas d’innovation ».

Autre point incontournable : une transformation en  profondeur de l’organisation en s’appuyant « sur les possibilités d’initiatives individuelles et d’expression des choix collectifs qu’offrent les outils numériques ». Le rapport insiste d’ailleurs sur la reconstruction du collectif nécessaire pour contrebalancer certains aspects négatifs du travail indépendant.

Controverses

Sur les controverses, le rapport ne néglige aucune piste. Il se demande notamment si «toute entreprise installée a vocation à être uberisée ? » ou encore « quel peut être le dialogue social à l’heure du numérique ? ».

Des questions qui à défaut de réponses amènent quelques propositions concrètes comme l’adaptation de la recherche et de l’offre d’emploi aux évolutions des usages. Ou la nécessité de mieux protéger « les travailleurs indépendants mais économiquement dépendants, en faisant évoluer le droit commun ».

Au final, un bon gros rapport comme la France sait très bien en faire. Reste à savoir si les préconisations du CNNum et celles de Bruno Mettling trouveront autre chose qu’un accueil poli de la part des pouvoirs publics. Ou si elles mèneront à une réelle prise de conscience et à des actions concrètes.

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