Avec Azure Stack, Microsoft joue aussi sa carte sur le marché des SDN

La pile de cloud hyperconvergée prête à l'emploi de Microsoft, dont la première version publique a été publiée la semaine dernière, embarque une série de technologies SDN dérivées de Microsoft Azure.

La solution de cloud hyperconvergée Microsoft Azure Stack, dont la première version publique a été publiée la semaine dernière par Microsoft, devrait permettre à l’éditeur de se faire une place sur le marché des solutions SDN, face à des acteurs plus établis comme Cisco et VMware.

Azure Stack, au coeur de la stratégie SDN de Microsoft

La pile hyperconvergée Azure Stack s’appuie sur le futur Windows Server 2016 et sur certaines technologies développées pour le cloud Azure de Microsoft. Selon Alex Wehle, le Responsable des offres Infrastructure et Cloud Hybride de l’éditeur en France, elle est attendue en version finale dans le courant du dernier trimestre 2016.

Azure Stack embarque une pile SDN complète dont le but est de replacer Microsoft dans la course aux SDN, mais aussi de faciliter l’interopérabilité entre les cloud privés « on premise » bâti avec la technologie et le cloud public Azure.

Une pile SDN qui mixe des technologies venues de Windows Server et Azure

Les efforts d’inclusion de technologies SDN dans Windows Server ne sont pas récents. Microsoft a commencé à embarquer des briques de virtualisation réseau dans Windows Server 2012 et les a encore améliorées dans Windows Server 2012 R2. Dans ce dernier, on trouve notamment des capacités de virtualisation de réseau (overlay) via le support du protocole NV-GRE et des capacités d’interconnexion « transparente » de clouds publics et privés.

Mais Microsoft a singulièrement enrichi ces fonctions dans Windows Server 2016 et dans Azure Stack pour encourager les entreprises à adopter son approche SDN. Une large partie de ces améliorations est directement dérivée des développements SDN réalisés par l’éditeur pour son propre cloud Azure. Azure Stack embarque ainsi un contrôleur réseau logiciel, dérivé de celui d’Azure. Il emprunte aussi au cloud public maison ses services de load balancing.

Microsoft a aussi choisi d’ajouter le support de VXLAN (Virtual Extensible LAN), le protocole d’encapsulation réseau développé par VMware et Cisco pour la mise en œuvre de réseaux d’overlay. VXLAN vient s’ajouter à NV-GRE, mais devrait logiquement le supplanter dans bien des scénarios, ne serait-ce que parce que VXLAN est aussi utilisé par VMware et Cisco et qu’il est aussi supporté par la plupart des grands acteurs du monde des réseaux.

Si l’on prend un peu de recul, la pile SDN de Microsoft débute avec l’Azure Resource Manager, un framework qui permet aux administrateurs de déployer, administrer et superviser des ressources dans un cloud privé Azure Stack ou dans le cloud public Azure. A l’étage inférieur, se trouver un fournisseur de ressources réseaux (NRP ou Network Ressource Provider) qui échange des informations avec le contrôleur SDN de Microsoft. Ce dernier instancie à la demande des ressources telles qu’un réseau virtuel (Vnet, en langage Microsoft), un groupe de sécurité réseau ou un service de load balancing en fonction des besoins et demandes des applications.

Microsoft mise sur le fait que nombre d’entreprises vont utiliser sa pile SDN pour répartir des applications entre son cloud Azure et leur propre cloud privé. Par exemple, la partie frontale d’une application pourrait tourner sur Azure, tandis que les données sont collectées et traitées dans le datacenter de l’entreprise (pour des raisons de coûts, de sécurité ou de réglementation)…

Microsoft, déjà vu comme un acteur SDN par les entreprises

Jusqu’alors, la plupart des analystes du secteur estiment que Cisco et VMware sont les mieux placés pour promouvoir leurs technologies SDN auprès des entreprises. Cisco s’appuie sur sa domination du marché des réseaux de datacenters pour tenter de promouvoir son approche propriétaire ACI, tandis que VMware pousse sa solution maison NSX, hérité du rachat de Nicira, l’un des pionniers des technologies SDN.

Mais même si son offre est encore incomplète, Microsoft est déjà sur le radar des entreprises estime Brad Casemore, un analyste d’IDC, interrogé par nos collègues américains de SearchSDN.com. Une récente enquête du cabinet d’étude a ainsi récemment révélé qu’un nombre important d’entreprises et de fournisseurs de services cloud a identifié Microsoft comme un acteur du marché des SDN.

« Microsoft aura besoin de partenaires pour fournir le matériel, comme VMware s’appuie sur des partenaires pour le réseau ‘d’underlay’ [le réseau physique basé sur des commutateurs et routeurs qui sous-tend le SDN] sous NSX », explique Casemore. « Mais Microsoft va de plus en plus être perçu comme un fournisseur de technologies SDN par sa base installée de clients ».

Il est vraisemblable qu’il y a de la place pour trois acteurs majeurs et peut-être plus sur le marché des SDN. Selon, IDC, ce marché devrait progresser à un rythme de près de 54 % par an d’ici à 2020 pour atteindre 12,5 Md$. Notons toutefois qu’une partie de ses 12,5 Md$ ne proviendront pas de la vente de logiciels ou de services, mais de la vente de composants d’infrastructure physique.

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