Securitas Direct exploite l’Internet des objets avec Oracle

D’origine suédoise, le fabricant d’alarmes Securitas Direct est un pionnier des objets connectés. Avec son bus d’entreprise et le Complex Event Processing, son système d’information absorbe déjà plus de 3 millions de messages par jour.

Constructeur de systèmes d’alarmes présent dans 14 pays, Securitas Direct est mieux connu dans l’Hexagone sous sa marque Verisure. L’industriel emploie plus de 8 000 personnes à ce jour et compte 1,8 million de clients. Securitas Direct opère 2 plateformes, l’une pour les pays anglo-saxons, les pays nordiques, le Benelux, l’autre pour l’Europe du Sud, la France, mais aussi les pays d’Amérique du Sud où la marque commercialise ses alarmes et systèmes de sécurité connectés.

Passer de l’ère du M2M à celle de l’Internet des Objets

Créé à la fin des années 80 en Suède, Securitas Direct a fait évoluer ses systèmes d’alarme connectés par paliers successifs.

En 2000, Securitas Direct intégrait une liaison GSM pour assister ses clients en cas d’alarme, puis ce fut l’arrivée du DSL comme moyen de communication. « L’Internet des objets est un nouveau concept. Il y a 3 ans seulement, on parlait encore de Machine to Machine », explique David Martinez Alvarez, responsable des systèmes de réception chez Securitas Direct pour l’Europe du Sud et l’Amérique latine. « Quand nous avons commencé sur le marché, le concept lui-même d’Internet des objets n’existait pas encore ».

Securitas

Dès 2000, la marque a développé sa première application mobile à destination de ses vendeurs pour Palm Pilot puis pour BlackBerry en 2003. Mais il faudra attendre 2010 pour que la marque développe la première application mobile destinée à ses clients.

« Aujourd’hui, en 2015, plus personne ne penserait lancer un produit connecté destiné à la maison sans son application mobile dédiée », souligne David Martinez Alvarez. « A l’époque, ce n’était pas si courant. Nous avons livré une application BlackBerry qui permettait déjà de piloter l’installation depuis le smartphone, pour armer/désarmer l’alarme. »

Aujourd’hui, la plateforme déployée par Securitas Direct en Espagne assure le support d’environ un million de clients, ou plutôt un million d’écosystèmes d’équipements. Ceux-ci peuvent-être des détecteurs sur les fenêtres, des capteurs, des serrures connectées, des caméras, etc.

« En moyenne, chacun de nos clients possède entre 6 et 7 de nos équipements chez lui, soit un total de 7 millions d’objets connectés à gérer en temps réel. Nous sommes véritablement une entreprise de l’Internet des objets », ajoute le responsible.

Une infrastructure conçue pour absorber jusqu’à 100 millions de messages / jour

En termes d’infrastructure de traitement des messages de ces objets connectés, Securitas Direct a dû tenir compte à la fois de cette problématique de volumétrie, mais aussi une forte contrainte liée à la fiabilité des échanges.

« Nous recevons entre 3,1 et 3,3 millions d’événements par jour et nous envoyons à destination de ces équipements de l’ordre de 350 000 messages par jour », explique David Martinez Alvarez qui ajoute : « Un autre point capital dans notre infrastructure, c’est la fiabilité. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le moindre message car il peut signaler un cambriolage, un SOS, un feu chez notre client. Nous avons donc réalisé de gros efforts afin de mettre en place une plateforme en haute disponibilité. »

Autre contrainte forte pour l’architecture technique du constructeur, il doit gérer de multiples protocoles et équipements de communications. Au fil des générations d’alarmes vendues ces dernières années, celles-ci exploitent divers moyens de communication, depuis le GPRS, la 3G, le DSL et, dernièrement l’UNB (Ultra Narrow Band), en cours de déploiement en Espagne et en France.

« L’Internet des objets, ce sont avant tout énormément d’équipements connectés, des équipements de plusieurs générations qu’il faut être capable de gérer. Des systèmes 3G, des systèmes DSL, certains avec des caméras, etc. Dans notre architecture, une couche « receiver » assure la réception des signaux émis par ces millions de terminaux connectés. Nous collectons l’intégralité des données via notre middleware. Celui-ci s’appuie sur Oracle Service Bus, qui est le système de communication de l’ensemble des systèmes de l’entreprise. Nous avons fait ce choix, car les données émises par les objets connectés doivent pouvoir être exploitées par l’ensemble de nos systèmes de support client. »

Securitas Direct a privilégié une solution de backend qui est faiblement couplée aux objets connectés eux-mêmes. « Nous devons être capables de connecter rapidement de nouveaux équipements, être capables d’ajouter n’importe quel nouveau canal de communication ou  nouveau protocole. Tout changement doit pouvoir être fait sans nouveaux développements, uniquement par configuration. Nous cherchons à avoir un Time-to-Market le plus rapide possible et ce n’est véritablement possible qu’à partir du moment où l’on s’appuie sur une plateforme. »

Oracle Coherence assure l’analyse des messages reçus

Oracle Service Bus assure les échanges de données entre la couche de réception des messages et le système d’information, mais Securitas Direct exploite aussi intensivement plusieurs composants de la suite Oracle Fusion Middleware, comme la brique Oracle Event Processing et surtout Oracle Coherence.

Peu connue, il s’agit de la solution Big Data In-Memory qu’Oracle avait racheté en 2007 en prenant le contrôle de la startup Tangosol. Couplée à Oracle Event Processing, c’est cette grille de calcul qui analyse en temps réel le flot de messages qui convergent chaque seconde vers la plateforme Securitas Direct.

Le logiciel recherche des corrélations entre les messages émis par les différents équipements de l’abonné et doit, le cas échéant, déclencher des actions dans le système d’information. « Le logiciel reçoit les signaux émis par l’ensemble de nos objets connectés en temps réel et génère des événements synthétiques à destination de nos autres systèmes » résume David Martinez Alvarez.

« C’est un système très rapide et qui doit traiter énormément de signaux bruts. C’est lui qui va détecter qu’un équipement n’émet plus de messages, vérifier que s’il n’émet plus, c’est peut-être parce qu’un technicien est sur place ou que nous avons suspendu le service car l’abonné ne paye plus son abonnement, etc. Lorsque l’indisponibilité est détectée, le système envoie le message à nos systèmes backend. Nous appelons le client pour vérifier. On parle ici de temps réel et de millions de clients. Cela n’a rien de facile. »

En parallèle, Securitas Direct a déployé une solution de BAM (Business Activity Monitoring). Ce tableau de bord de l’activité du SI délivre des métriques quant au nombre de messages échangés sur les différents réseaux mis en œuvre. Il permet aussi de suivre l’activité des applications mobiles téléchargées par les clients et les requêtes émises par ce parc mobile. C’est aussi un moyen pour l’industriel de vérifier l’état des SLA de chacun des opérateurs de télécommunications qui lui fournissent la connexion réseaux vers ses objets connectés.

L’architecture déployée en Espagne par Securitas Direct est actuellement capable d’absorber des pics de 140 000 événements par seconde. L’infrastructure a été dimensionnée pour traiter jusqu’à 100 millions de messages par jour. Il y a un an, elle en traitait 2 millions. Cette année, elle a franchi le cap des 3 millions. Un rythme de progression qui va être amené à s’accélérer rapidement à mesure que le parc d’objets connectés s’accroit, mais aussi à l’occasion du lancement de nouveaux services.

Ainsi, Securitas Direct s’est récemment positionné sur un nouveau marché, celui des caméras de vidéosurveillance connectées. Une simple application sur smartphone permet d’afficher le flux vidéo de la caméra, via un service Cloud. « Nous avons lancé un nouveau service voici 4 mois et nous avons déjà 1,7 million de téléchargements réalisés dans le Cloud chaque jour. Cela constitue déjà un challenge important et augure l’arrivée de prochains services, comme la reconnaissance faciale, la génération de heat maps, etc. »

Pour accélérer la mise sur le marché de nouvelles offres, la DSI de Securitas Direct réfléchit désormais à l’orchestration de services sur la suite Oracle Fusion Middleware. « Nous travaillons aussi sur le volet Business Services Orchestration, car lorsque nous lançons de nouveaux services, ceux-ci sont amenés à solliciter des Web Services dans le Cloud et d’autres dans notre SI, comme la logistique, etc. L’activation des services doit pouvoir être réalisée en ligne, très rapidement. »

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