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Kubernetes sur Azure Container Service : une clé pour le Cloud hybride

La stratégie de Microsoft en matière de conteneurs sur Azure pourrait bien changer de dimension avec Kubernetes et démocratiser un peu plus le Cloud hybride et les conteneurs.

Une illustration que les conteneurs sont une clé de la stratégie Cloud hybride de Microsoft. L’éditeur de Redmond a officiellement annoncé  le support de Kubernetes sur son service de conteneurs sur Azure, Azure Container Service (ACS).  Ce support était certes en construction depuis novembre 2016, date à laquelle Microsoft avait annoncé travailler à inclure l’orchestrateur de conteneurs dans son service Azure.

Depuis cette preview (selon le vocabulaire de Microsoft), la technologie a quelque peu muri. Elle se voit désormais dotée de fonctions de dimensionnement horizontal et du support de cluster multi-masters hautement disponibles, pour améliorer par exemple les capacités de dimensionnement et au final la robustesse du système.

Mais finalement, ce n’est pas le plus important. La disponibilité de Kubernetes sur ACS représente un élément clé de la stratégie de Microsoft dans le support des conteneurs. Si ce n’est certes pas une première technique, cela illustre que le groupe adapte cette technologie très en vogue, pour répondre aux entreprises clientes du groupe, à la recherche de davantage de facilité d’utilisation. Déployer des outils d’orchestration, à l’image de Kubernetes, n’est pas une opération aisée, rappelait d’ailleurs la société Platform9, lors du lancement de sa solution Saas de gestion de cluster kubernetes.

Dans cette logique, Azure Container Service devient également le seul service de conteneurs sur un Cloud public à supporter les trois principaux moteurs d’orchestration de conteneurs du marché : Docker Swarm, DCOS de Mesosphere, et donc Kubernetes.

« Il existe une réelle valeur à donner le choix en matière d’orchestrateurs as-a-service, car ceux-ci sont suffisamment différents pour nécessiter leurs supports respectifs », explique Richard Watson, analyste chez Gartner, chez nos confrères de SearchCloudComputing (Groupe TechTarget, propriétaire du MagIT).

Par exemple, DCOS est privilégié pour les workloads à état (stateful – par opposition à stateless) et pour les applications qui s’adossent à des frameworks Big Data. Les clusters Docker sont quant à eux plus adaptés aux entreprises qui souhaitent conserver l’écoystème Docker pour des raisons de simplicité et de cohérence. Pour les observateurs de l’industrie, la fonction différenciante de Kubernetes sur Azure est la fédération de Cloud, déjà en production dans certains environnements.

Kubernetes sur Azure relance la bataille du Cloud hybride

Mais là où les conteneurs peuvent la faire la différence : des cas d’usage liés au Cloud hybride. Après tout, les conteneurs se différencient historiquement des VM par leur portabilité entre différents systèmes. Docker Swarm et Kubernetes – deux moteurs supportés par Microsoft – ont déjà la possibilité de gérer des conteneurs qui s’exécutent sur plusieurs Clouds.

Plus centré sur le Cloud public, AWS ne s’est pas complétement écarté du modèle hybride. Les dernières versions d’OpsWorks et CloudWatch fonctionnent également sur des serveurs « privés ».

« C’est ce vers quoi tendent les outils d’orchestration, même si le rythme des infrastructures privés est plus rapide », soutient Brandon Cipes, directeur DevOps chez cPrime, un cabinet de conseil américain spécialisé en agilité. « S’ils peuvent alors réduire les distances qui séparent ces deux mondes, cela devient convaincant. »

Même si Kubernetes n’est pas supporté par le service EC2 Container Service d’AWS, le moteur d’orchestration est la technologie qui se rapproche le plus d’un éventuel standard du marché. Il peut en effet s’exécuter sur l’infrastructure d’AWS et deux des ténors du secteur le supportent dans leurs offres respectives. Il est encore difficile de déployer Kubernetes dans un datacenter privé, mais certaines entreprises y travaillent, comme Heptio, par exemple.

Il est évident qu’une grande partie de l’intérêt pour les conteneurs est lié au Cloud hybride, soutient à son tour Jay Lyman, analyste au cabinet 451 Research. « De plus en plus d’entreprises utilisent le Cloud hybride, que ce soit dans un dispositif multi-cloud ou au sein d’une infrastructure plus classique, mêlant Cloud public et Cloud privé. Les conteneurs apportent un certain niveau de portabilité et évitent d’avoir à réécrire une application d’une plateforme à l’autre », ajoute-t-il.

L’hybridation : une ambition forte

Microsoft travaille d’ailleurs à des configurations de Cloud hybride avec des conteneurs plus exotiques encore. Par exemple, un billet de blog publié par des responsables Microsoft pointe vers une page GitHub qui explique comment « déployer une application Docker hybride Windows / Linux » avec Kubernetes.

Si ce besoin d’associer Windows à Linux dans la même application n’est pas encore très répandu, certains utilisateurs souhaitent découpler véritablement leur application de la couche d’infrastructure – privée ou publique. Et ce, quel que soit l’hyperviseur ou l’OS, rappelle encore l’analyste.

Les briques chez Microsoft se mettant en place, l’éditeur pourrait bien se retrouver dans une position unique, face à ses concurrents comme AWS, résume encore Brandon Cipes.

Le support de Windows se fait encore attendre

Mais pour cela Microsoft doit d’abord assurer le support des conteneurs de Windows Server 2016 dans Kubernetes sur Azure. Une version preview a d’ailleurs été annoncée cette semaine.

Le support de Windows Server par Kubernetes est encore en alpha, mais comme l’indique Jay Lyman, « les demandes pour ce support sont fortes, comme l’indique la rapidité avec laquelle Kubernetes sur Azure a été lancé.  En matière de support des conteneurs Windows par Kubernetes, le plus tôt sera le mieux. »

 

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