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La transformation numérique amène la formation à se réinventer

La transformation numérique de la formation est en marche. Outils et contenus, méthodes et modalités, tout doit être revu et repensé. C'était le sujet d'une conférence qui a rassemblé plusieurs acteurs du secteur et un public venu très nombreux dans le cadre du Salon Solutions Ressources Humaines.

La transformation numérique a un impact important sur la formation. En effet, il faut former l'ensemble des effectifs à des savoirs, des méthodes, des outils et des processus nouveaux. Et cet impact concerne aussi bien les apprenants que les formateurs, les contenus que les modes de diffusion. Bref, une révolution est en cours qui impose de redéfinir tant les modalités de la formation que les contenus. Le salon Solutions Ressources Humaines, qui vient de se tenir à Paris, avait organisé une conférence sur le thème : « de nouveaux outils digitaux pour une pédagogie innovante ».

Premier constat, l'e-learning cède la place au « blended learning », qui mêle la formation en ligne et en présentiel. Les outils numériques se sont multipliés. On parle désormais de Mooc (Massive online open courses), de Mobile Learning, de Gamification (on s’appuie sur les rouages du jeu pour favoriser la transmission de connaissances) avec les Serious Games, d'Adaptive Learning (la formation s’adapte au profil de l’apprenant) ou de Social Learning. « La question est de savoir lequel de ces dispositifs choisir », reconnaît Anne Gibassier, directrice de projets de Micropole Learning Solutions. Pour elle, les critères à prendre en compte sont la thématique de la formation, la population concernée, le tempo, les formats et le budget. « Un Mooc vise une cible large sur une thématique porteuse dans toute l'entreprise alors que l'on choisira le Mobile Learning plutôt en complément d'une autre modalité avec de petits formats en responsive design. »

Une question d'usages plus que de technologies

« Plus que la question de la technologie, il faut se poser la question des usages », suggère Loïc Le Gac, président fondateur de Thinkovery, agence de « digital learning ». « Il faut concevoir chaque solution en fonction de l'usage qui en sera fait puis utiliser l'innovation technologique la plus adaptée.  Il faut partir de l'apprenant et construire un parcours qui lui correspond. » MySkillCamp propose pour sa part un « learning hub », une plateforme qui réunit les différents outils et contenus de formation. « Pour la Loterie Nationale belge, nous avons conçu une place de marché qui rassemble tous les composants de la formation pour 50 000 personnes dans 10 000 points de vente. Cela permet de répondre aux besoins de tous », explique Kevin Tillier, CEO de MySkillCamp.

Cette approche permet aussi de s'adapter aux pratiques dans les différents pays. Ce sujet est cher à Philippe Riveron, président fondateur de Learning Tribes : « Pour former le personnel des 80 magasins qu'il a ouverts en Chine en 2016, Decathlon a proposé entre autres du Mobile Learning via la messagerie mobile WeChat. Au bout d'une semaine, la moitié des effectifs avait adopté ce mode de formation ». La situation est différente aux Philippines où il n'y a pas de forfaits données. En Afrique, on compte 500 000 nouveaux étudiants chaque année. Le Mooc apporte là une réponse adaptée à condition de disposer de réseaux haut-débit. « Il faut adapter la solution retenue aux pratiques et aux moyens technologiques disponibles localement », conclut Philippe Riveron.

Scénariser les contenus

Quels que soient les outils retenus,  « la formation et la transmission de connaissances reposent toujours sur des contenus. Ce sont leurs formats qui changent pour s'adapter aux usages et aux outils. Il faut donc scénariser différemment ces contenus », remarque Marie-Dominique Picard, présidente de FormaLearning, qui crée des contenus numériques personnalisés pour les secteurs de la banque/assurance et de la grande distribution.

Pour scénariser les contenus, elle propose de jouer sur la modularité, leur gamification et leur contextualisation. Des modules courts et réutilisables pourront être assemblés de différentes façons pour s'adapter à différents parcours. Des jeux, quiz et autres challenges rendront des sujets ardus ou austères plus accessibles. Enfin, l'ingénierie pédagogique permet de contextualiser les contenus, autrement dit de mettre le bon contenu à la disposition de la bonne personne au bon moment.

« Il faut aussi prendre en compte le fait que le smartphone devient notre ordinateur principal », constate Vincent Desnot, CEO de Teach on Mars. « Le Mobile Learning modifie l'approche pour les formateurs et pour les apprenants, mais il change aussi les moments de formation. On peut désormais se former partout et à tout moment ». Tout cela doit être pris en compte pour élaborer des contenus qui resteront attractifs et accessibles.

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2 commentaires

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La transformation digitale devient de nos jours un critère important de l'évolution et du renforcement de la compétitivité de plusieurs secteurs, surtout celui de la formation.

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Effectivement, avec le virage numérique pris par les entreprises, la maturité technique des outils auteur ou des LMS et l'évolution des usages, le digital learning évolue rapidement. Tant mieux, parce que c'est au profit de la pédagogie et de l'expérience apprenant. Ce post fait d'ailleurs parfaitement écho à votre article : https://bit.ly/2nYeZPN
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