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Comprendre les concepts fondamentaux de la BI moderne

Pipeline analytique, data literacy, intelligence augmentée, avancée, activable, data lineage. La Business Intelligence foisonne de concepts. Qlik les a explicités lors de son évènement annuel. Un résumé bienvenu qui intéressera au-delà des seuls utilisateurs de l’éditeur suédois.

Le jargon de la Business Intelligence ne manque pas de termes plus ou moins explicites. L’évolution de ces outils, de plus en plus complets et de plus en plus infusés à l’Intelligence Artificielle, n’a cessé d’en rajouter. Voici les principales notions pour s’y retrouver.

Intelligence, Insight, Data Driven

Le premier concept n’est pas nouveau… mais il est fondamental. Dans Business Intelligence, l’intelligence n’est pas « l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance rationnelle Â» comme la dĂ©finit le Robert (le « smart Â» anglais). Le terme est plutĂ´t Ă  rapprocher du I de CIA (Central Intelligence Agency) – c’est-Ă -dire « renseignements Â» ou « capacitĂ© Ă  obtenir des informations Â».

Cette information intelligente (ou « insights Â») est extraite des donnĂ©es brutes (« data Â» ou « points of data Â» en anglais).

Elle doit permettre de prendre des dĂ©cisions plus « Ă©clairĂ©es Â», c’est-Ă -dire justifiĂ©es par des Ă©lĂ©ments objectifs explicitement chiffrĂ©s et non plus sur des intuitions. D’oĂą l’expression anglaise de « data driven Â» â€“ une prise de dĂ©cision « pilotĂ©e par le donnĂ©e Â».

Le data driven, dans sa forme extrĂŞme – ou mal comprise â€“ peut se transformer en une dĂ©cision non plus pilotĂ©e, mais « imposĂ©e Â» par la donnĂ©e, c’est-Ă -dire qui ne s’appuie que sur des insights comme s’ils Ă©taient des vĂ©ritĂ©s absolues. Ce qui n’est Ă  la base pas l’objet de la BI.

Pipeline Analytique

L’analytique est la partie du processus du traitement de la donnĂ©e qui extrait les « insights Â» (raffine les donnĂ©es en informations). Mais le processus analytique ne se rĂ©sume pas Ă  cette analyse.

En amont, il faut trouver les données, les comprendre, les nettoyer, les importer dans l’outil BI, les qualifier et les classer pour qu’elles soient trouvables par les analystes. En aval, il faut que les résultats de la phase analytique soient compréhensibles, voire utilisables, pour lancer des actions.

Ces trois grandes Ă©tapes – Data Preparation et intĂ©gration ; analytique en elle-mĂŞme ; comprĂ©hension/diffusion de l’analytique â€“ constituent le « pipeline analytique Â».

Ă€ l’occasion du Qlik World 2021, StĂ©phane Briffod, directeur avant-vente chez Qlik est revenu sur cette dĂ©finition. « Qu’est-ce que le pipeline de donnĂ©es analytique ? C’est la chaĂ®ne de valeur de la donnĂ©e de bout en bout, c’est Ă  dire de la donnĂ©e brute jusqu’à la prise d’actions Ă©clairĂ©es Â».

Data Catalog, le menu du restaurant de la donnée

Analyser de mauvaises données ou des données incomplètes aboutira immanquablement à de mauvaises conclusions ou à des conclusions incomplètes.

Dans la première Ă©tape du pipeline analytique, il faut donc avoir des donnĂ©es – ce qui n’est pas si Ă©vident â€“, puis trouver la bonne donnĂ©e pour rĂ©pondre aux questions que l’on se pose – ce qui l’est encore moins.

« La première chose, c’est d’aller chercher cette donnĂ©e oĂą qu’elle se trouve â€“ c’est-Ă -dire de la libĂ©rer des diffĂ©rents silos â€“ qu’elle soit dans un ou plusieurs clouds, sur site, en interne, en externe, etc. C’est lĂ  que l’on trouve toutes ces notions de rĂ©plication de donnĂ©es en temps rĂ©el et de change data capture, de crĂ©ation automatisĂ©e de data warehouse ou de data lake pour “libĂ©rer ces donnĂ©es” et permettre aux utilisateurs de la trouver Â», liste StĂ©phane Briffod.

Une fois cette donnĂ©e capturĂ©e, il faut la rendre accessible aux analystes et aux mĂ©tiers. « Parce qu’une fois qu’on a captĂ© cette donnĂ©e, on se rend compte que beaucoup d’utilisateurs ont toujours du mal Ă  la trouver Â», constate l’expert de Qlik.

Comme dans un restaurant qui propose une carte de ses plats ou chez un grossiste qui liste ses rĂ©fĂ©rences produit dans un document unique, les jeux de donnĂ©es peuvent ĂŞtre listĂ©s et expliquĂ©s dans un catalogue centralisĂ© : le Data Catalog.

« Cette notion de cataloging va prĂ©server la traçabilitĂ© de la donnĂ©e (le Data Lineage) tout en donnant Ă  l’utilisateur mĂ©tier une expĂ©rience de “shopping de la donnĂ©e” Â», compare StĂ©phane Briffod. « Je vais avoir des indicateurs sur cette donnĂ©e (est-elle fraĂ®che ? Ă€ jour ? GouvernĂ©e ?) et pouvoir la publier automatiquement pour une analyse Â».

Lorsqu’il est bien fait, cet annuaire permet d’aller un pas plus loin en suggĂ©rant automatiquement des jeux de donnĂ©es. « Par exemple, si je cherche les donnĂ©es relatives aux ventes, le catalogue va me suggĂ©rer la table des ventes, mais l’outil va aussi me dire qu’il est intĂ©ressant de l’associer aux tables clients, fournisseurs, et Ă  la gĂ©ographie [des magasins] Â».

Analytique augmentée, analytique avancée

Une fois la bonne donnĂ©e trouvĂ©e, il faut la comprendre. C’est lĂ  qu’entre en scène l’analytique en elle-mĂŞme â€“ avec les notions d’analyse augmentĂ©e et d’analyse avancĂ©e.

L’analyse augmentée est l’ajout de fonctionnalités à base d’intelligence artificielle pour rendre l’interprétation de la donnée plus intuitive, voire automatique.

Avec un moteur cognitif, l’analytique peut ainsi devenir « conversationnelle Â».

« Je pose des questions en langage naturel [N.D.R. : grâce Ă  un moteur NLP]. L’outil va me rĂ©pondre [N.D.R. : grâce au NLG]. Il va mĂŞme me faire des suggestions de reprĂ©sentations graphiques pertinentes [par rapport Ă  ma question]. Parce qu’on se rend compte aussi que dans les entreprises, avoir accès Ă  la donnĂ©e est une chose, mais que tous les utilisateurs ne sont pas rompus au choix des bonnes visualisations [N.D.R. : DataViz] Â». Voir ci-après la « Data Literacy Â».

L’analytique augmentĂ©e est un des piliers de la nouvelle vague de la BI que le Gartner a baptisĂ©e « Modern BI Â». Un autre est l’analytique avancĂ©e.

Tout comme l’analytique augmentée, l’analytique avancée utilise l’IA, mais cette fois-ci avec des algorithmes de Machine Learning et de Deep Learning, pour passer de l’analyse descriptive des données à une mise en perspective qui puisse aboutir à des prévisions voire à des prescriptions.

Data Literacy

La Data Literacy fait partie de la troisième brique du pipeline analytique, celle qui concerne la diffusion des enseignements tirés des données (Insights). On peut la définir comme la capacité à comprendre les conclusions de la BI (évaluer un pourcentage, interpréter une probabilité, lire un graphique, etc.) en fonction des données de départ.

« La data literacy est quelque chose de très important [qui permet] de dĂ©mocratiser l’utilisation de l’analytique et d’être capable d’opĂ©rer une transformation pour devenir Data Driven Â», confirme StĂ©phane Briffod.

Dit autrement, c’est la « culture de la donnĂ©e Â».

Active Intelligence, Analytique embarquée

Toujours dans cette troisième partie du pipeline, le concept d’intelligence active (active intelligence) est une appellation de Qlik, mais on retrouve cette mĂŞme notion sous d’autres noms chez de nombreux Ă©diteurs : HyperIntelligence chez MicroStrategy (« la BI Ă  la Iron Man Â»), analytique embarquĂ©e ou analytique encapsulĂ©e.

Qu’est-ce que l’Active Intelligence ? « C’est le prochain chapitre de la BI. C’est ce qui doit permettre de voir les moments clĂ©s – grâce Ă  des alertes intelligentes quand la donnĂ©e change â€“ puis de lancer des actions immĂ©diates et de prendre des dĂ©cisions par rapport Ă  ces moments et ces changements Â», rĂ©sume StĂ©phane Briffod.

L’alerte peut être définie soit par l’utilisateur soit par l’administrateur en fonction des usages.

L’intelligence active prend tout son intĂ©rĂŞt quand les alertes et les recommandations sont directement accessibles et poussĂ©es dans les applications opĂ©rationnelles (CRM, ERP, SCM, etc.) – quand « on amène la BI dans le processus mĂ©tier Â» dit StĂ©phane Briffod. Par exemple, une hausse des ventes dĂ©tectĂ©e par la BI peut activer une alerte dans l’application de gestion de stocks d’un ERP ou dans un outil de gestion d’entrepĂ´ts (Warehouse Management System), pour lancer un rĂ©approvisionnement. D’oĂą la très Ă©troite proximitĂ© du concept avec les notions d’analytique « embarquĂ©e Â» ou « encapsulĂ©e Â».

Deux guides du MagIT pour vulgariser la BI dans votre organisation :

Analytique augmentĂ©e : guide pour bien choisir sa BI de nouvelle gĂ©nĂ©ration
Pour s’y retrouver dans l’analytique augmentée, l’analytique avancée, et l’automatisation du Machine Learning.

Data Storytelling : comment mettre la donnĂ©e en scène pour diffuser la Data Science
Pour que des « insights Â» soient utiles, il faut savoir les transmettre – et donc savoir les mettre en scène et les contextualiser. Ce guide vous donne des conseils clefs pour devenir un bon « narrateur de la donnĂ©e Â».

Pour approfondir sur Outils décisionnels et analytiques