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L’analytique freiné par le manque de compétences

Nouveau domaine, l’analytique est un outil de plus en plus recherché par les entreprises. Mais son adoption est freinée par un manque croissant de compétences.

La capacité des ordinateurs à identifier du sens dans un texte, des sons ou des images a rapidement progressé, mais avec l’amélioration du matériel et des logiciels, nous sommes désormais – enfin – dans une situation où à la fois la rapidité et l’exactitude de cette reconnaissance permettent de prendre en charge un large éventail d’applications d’entreprise.

Lorsque nous ajoutons l’analyse à la reconnaissance, nous pouvons faire correspondre du contenu à des règles, détecter des comportements inhabituels, déterminer des tendances et déduire l’existence de sentiments. L’analytique de contenu est donc un élément clé de l'informatique décisionnelle de type Big Data. Elle est également utile aux applications telles que l’auto-classification, la rectification de contenu, la correction de la sécurité, la gestion adaptative de cas et la surveillance des opérations.

Cette proposition est très intéressante pour la plupart des entreprises, car le simple volume de leurs contenus internes, combiné aux quantités croissantes de nouveaux contenus entrants, signifie que l’analytique peut réellement constituer l’outil le plus performant dont elles disposent.

Cependant, l’adoption reste relativement lente. L’AIIM a publié un rapport sur l’utilisation de l’analytique en entreprise : « Content analytics: automating processes and extracting knowledge ». Celui-ci peut nous éclairer sur ce qui freine cette adoption.

Ce rapport montre que l’analytique devient rapidement un outil professionnel incontournable : 6 entreprises sur 10 indiquent qu’il sera essentiel d’ici à cinq ans. Dans le même temps, les trois quarts des entreprises sondées considèrent que l’analytique peut leur permettre d’acquérir de véritables éclaircissements métier. Cette discipline confirme ainsi sa position de technologie qui apporte une réelle valeur à l'entreprise.

Le problème tient à ce que, pour libérer leur potentiel, les programmes d’analytique nécessitent une orientation stratégique et un personnel doté des compétences appropriées. Or, 80 % des personnes interrogées n'ont pas encore choisi de responsable senior chargé de mettre en place et de coordonner les applications d’analytique.

Cette absence de responsables désignés, combinée avec un manque de compétences dans le domaine, limite les possibilités offertes par l’analytique, selon les presque deux tiers (63 %) des répondants.

L’étude met également en évidence le fait que les entreprises se noient dans les contenus, et que maintenir la tête hors de ce flot de données entrant par des canaux multiples devient rapidement l’un de leurs principaux problèmes, surtout si les processus sont manuels.

Beaucoup d’entreprises s’efforcent de gérer les données obscures – les « dark data » -– ces données non structurées, non marquées et non exploitées qui sont stockées dans les référentiels, et qui ne sont ni analysées, ni traitées. Si ces données présentent un risque, les personnes interrogées n'en restent pas moins prêtes à leur ajouter une valeur métier plutôt que de les supprimer.

Les projets destinés à obtenir des éclaircissements métier grâce à l’analyse de contenu avancent : 20 % des personnes interrogées indiquent que de tels projets sont déjà en cours, et 30 autres pour cent que des plans sont en place. La bonne nouvelle, c'est que 68 % des entreprises ont enregistré un retour sur investissement dans les 18 mois, voire moins. L’amélioration des produits ou des services est le gain mentionné en premier, suivi de l’étude des connaissances, ou d'investigations fondamentales, puis de l’amélioration de la conformité.

Ces projets qui concernent le Big Data ou les éclaircissements sur l'activité en sont encore à leurs balbutiements. Toutefois, un certain nombre d’autres applications fondées sur les techniques d’analyse des contenus révèlent actuellement des avantages considérables.

L’enquête indique que les directeurs informatiques montrent un intérêt et une adoption croissants dans les domaines de la reconnaissance et de l'acheminement des contenus entrants, de la classification automatisée des enregistrements et des courriels, et de l’ajout et de la correction des métadonnées.

Nombre d’observateurs estiment que l’analytique peut offrir beaucoup plus, avec la perspective d’un grand nombre d’autres applications et utilisations. D’ici 2020, cette discipline pourrait être considérée comme l’un des principaux outils utilisés par toutes les entreprises autour du contenu.

Mais l’étude montre que la principale difficulté réside dans le fait que, pour tirer pleinement parti de toutes les possibilités offertes, les entreprises doivent afficher des priorités claires, en définissant l’orientation stratégique et en remédiant au manque de compétences en interne.

Doug Miles est analyste en chef chez AIIM

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