Numérique durable : DSI et responsables RSE doivent travailler main dans la main

Pour répondre aux enjeux de la transition écologique tout en poursuivant leurs objectifs économiques, les entreprises doivent arriver à créer une synergie entre leurs DSI et leurs directeurs RSE. Le DG d’Experis explique pourquoi et comment faire.

Le poids environnemental du numérique n’est pas négligeable. La production d’un ordinateur par exemple consomme 2,2 kilos de produits chimiques, 1,5 tonne d’eau et 240 kilos de combustibles fossiles. À noter que, selon l’ADEME, plus de 70 % de l’empreinte carbone du numérique vient des appareils électroniques. Aujourd’hui, ce poids doit être réduit… sans pour autant réduire l’utilisation de l’IT, devenue indispensable à tous les niveaux des entreprises.

Alors, comment faire ? En passant à l’IT durable. Ce qui ne sera possible que sur la base d’une synergie très forte entre les DSI, les responsables RSE et les collaborateurs.

Services numériques écologiques : quels moyens d’action pour les entreprises ?

La transition écologique doit d’abord passer par un monitoring rigoureux (commandé par les DSI) des dépenses énergétiques, afin de dresser une cartographie des outils informatiques de l’entreprise, indiquant leurs volumes, leur durabilité et leur consommation en énergie grâce à des outils dédiés.

Ce travail d’évaluation permet d’établir un constat exhaustif à 360° de la situation, puis de construire un plan d’action cohérent, qui mixe les ressources financières que l’entreprise a à attribuer au sujet, ses besoins et ses engagements de durabilité.

Quelques bonnes pratiques existent déjà en la matière.

La première est l’allongement de la durée de vie du matériel mis à disposition des collaborateurs. Un bon indicateur pour enclencher cette action est d’analyser l’indice de réparabilité. En privilégiant des notes au-dessus de 8/10 lors d’achats de matériels, les entreprises vont valoriser des outils durables et ainsi éviter la surconsommation.

Les entreprises disposent d’autres moyens comme le rétrofit du matériel, (remplacement d’une pièce défectueuse sans se débarrasser de l’objet). La commande publique (loi AGEC) fait d’ailleurs l’objet d’une obligation de 20 % d’appareils reconditionnés. Autre levier, le recyclage des machines avant leur obsolescence est aussi une solution utile pour éviter les gaspillages.

Mais pour faire exister cette voie numérique respectueuse de l’environnement, il faut une prise de conscience de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise et un travail commun et pérenne.

La nécessaire collaboration entre responsables RSE, DSI et employés

Même si les collaborateurs sont désormais sensibilisés aux impératifs écologiques (par leur culture personnelle) qu’ils souhaitent voir respecter par leur entreprise, l’usage responsable du numérique est une transition qui doit être accompagnée. C’est là que les responsables RSE ont un rôle à jouer.

Ils sont désormais amenés à travailler main dans la main avec les DSI et à jouer un rôle de préconisateur, de formateur et de sensibilisateur afin d’accompagner durablement le changement. C’est par cette étroite collaboration que les objectifs nécessaires à la bonne transition écologique pourront être atteints.

Des moyens existent pour accompagner les salariés dans le changement de leurs usages et marquer les esprits : la réalisation d’une fresque numérique (un atelier proposé aux collaborateurs pour comprendre les enjeux du numérique) par exemple permet des prises de conscience sans culpabilisation.

Une problématique à la fois privée et professionnelle

Indirectement, la problématique est également RH.

Dans un contexte de pénurie de talents et face aux nouvelles aspirations des salariés (selon l’étude « The New Human Age » de ManpowerGroup) qui attendent désormais des entreprises un positionnement ferme et un projet ambitieux pour répondre à la crise climatique, la mise en place d’une stratégie collaborative est un impératif RH pour faciliter les recrutements et diminuer le turnover. Sans oublier la notoriété de la marque.

Mais plus important, une telle stratégie permet de poser les premières briques d’une stratégie durable pour un numérique responsable.

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