Cet article fait partie de notre guide: Comment optimiser l’infrastructure de votre VDI

Télétravail : calculez les caractéristiques de votre infrastructure VDI

En matière de VDI, la solution matérielle qui s’impose est l’infrastructure hyperconvergée. Ce mémo permet de savoir quelle configuration acheter.

Les entreprises qui basculent durablement dans le télétravail sont susceptibles d’investir dans une infrastructure hyperconvergée. Ce type de matériel et le VDI ont toujours fait bon ménage, au point que servir des bureaux virtuels à des utilisateurs distants serait toujours le premier cas d’usage de cette solution de virtualisation tout-en-un.

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Dans le principe, le VDI est un service de bureau à distance qui projette sur l’écran des utilisateurs un environnement de travail (souvent Windows) depuis un serveur distant, en leur permettant d’interagir comme s’il s’agissait d’un PC installé à côté d’eux. Mais plusieurs facteurs doivent être pris en compte.

Les infrastructures hyperconvergées constituent une plate-forme idéale pour les mises en œuvre de la VDI, car elles offrent des conceptions à haute densité avec plusieurs nœuds par châssis, de nombreuses interfaces de stockage et de réseau intégrées, ainsi qu’une riche prise en charge des logiciels VDI les plus répandus.

Leur modularité, leur architecture distribuée et leurs fonctions de gestion centralisée permettent aux entreprises de commencer avec des clusters de 3 ou 4 nœuds, qui peuvent rapidement évoluer vers des dizaines ou des centaines de nœuds répartis sur plusieurs racks. De plus, comme les infrastructures hyperconvergées utilisent des composants standard, les entreprises évaluant plusieurs solutions VDI pour trouver la meilleure, peuvent tester simultanément les différents logiciels sur les nœuds d’une même plateforme hyperconvergée, afin d’établir un comparatif des performances plus juste.

La configuration dépend du nombre d’utilisateurs et de leur profil d’usage

En pratique, la solution matérielle se présente comme un cluster de serveurs x86, où chacun comprend :

- une grande quantité de mémoire vive système, au moins 192 Go, mais généralement 768 Go ou plus.

- des cartes GPU optionnelles qui remplacent les unités graphiques intégrées dans les processeurs x86 et fournissent un support de moniteur virtuel 4K, tout en accélérant les applications à forte intensité graphique, comme la conception graphique et l’édition vidéo.

- un grand espace de stockage pour les images du système d’exploitation, pour les bureaux de chaque typologie de métiers et pour les répertoires personnels.

- un logiciel de bureau virtuel qui permet à un seul serveur multisocket et multicœur d’héberger simultanément plusieurs sessions à distance.

Au fil du temps, pour supporter des bureaux plus performants, il faudra gonfler les processeurs, la RAM, le stockage et la bande passante réseau. Pour supporter plus d’utilisateurs, il faudra ajouter des serveurs dans le cluster. Dans tous les cas, l’élasticité d’une infrastructure hyperconvergée est particulièrement adaptée à l’extension de la puissance comme à celle du nombre d’utilisateurs. 

Pour déterminer le matériel et les logiciels nécessaires, il est important de prendre comme point de départ les différentes manières dont les télétravailleurs accèdent aux données et aux applications de l’entreprise, ainsi que le nombre de collaborateurs dans chaque catégorie.

Concernant le classement des métiers, Cisco, par exemple, recommande d’établir trois profils utilisateurs, chacun avec des caractéristiques techniques propres :

- Les Task Workers, des salariés qui utilisent principalement une seule application métier à la fois.

- Les Knowledge Workers, des salariés qui utilisent la suite complète de Microsoft Office, les outils de visioconférence et qui ont plusieurs applications ou onglets Web ouverts simultanément.

- Les Power Users, des utilisateurs avancés qui ont les mêmes exigences que les précédents, mais qui utilisent également des logiciels de traitement graphique ou vidéo et qui ont besoin de haute résolution comme de puissance.

Chaque profil d’usage nécessite des caractéristiques particulières. Et toutes ces caractéristiques, multipliées par le nombre d’utilisateurs par profil, doivent se retrouver dans le total des capacités des serveurs qui proposent le service de VDI.

Relier les profils à des caractéristiques techniques

Reste à savoir quelles caractéristiques attribuer à quel profil. De nombreux fournisseurs proposent des références d’infrastructures hyperconvergées prêtes à l’emploi pour le VDI. Dell EMC et VMware, par exemple, publient un guide avec des configurations types selon les cas d’usages et le nombre d’utilisateurs. Même si Dell a conçu ses directives pour le logiciel Horizon de VMware, elles sont conformes aux meilleures pratiques publiées par Citrix et d’autres.

Ainsi, concernant le nombre de cœurs de processeurs nécessaires, ces directives sont les suivantes : pour les Tasks Workers, il faut compter quatre utilisateurs par cœur de processeur Xeon Cascade Lake de seconde génération, ou 128 utilisateurs par serveur, lesquels disposent typiquement de deux sockets de 16 cœurs chacun. Pour les Knowledge Workers, il faut compter trois utilisateurs par cœur de processeur, ou 96 utilisateurs par serveur double socket totalisant 32 cœurs. Pour les Power Users, enfin, il faut compter deux utilisateurs par cœur, ou 64 par serveur totalisant 32 cœurs.

Concernant le nombre de GPU, il faut compter 2 Go de mémoire vidéo pour chaque écran 4K ou chaque configuration en double écran HD. Un serveur disposant de 6 GPU Nvidia T4, par exemple, totalisant 96 Go de mémoire vidéo, pourra supporter 96 écrans HD ou 48 écrans 4K.

Concernant le stockage, en partant du principe que chaque utilisateur disposera d’un espace de travail de 50 Go, il faut compter 100 Go par utilisateur en RAID 1 et 66,5 Go par utilisateur en RAID 5.

Concernant le réseau, une baie complète de 42U remplie de serveurs 2U destinés à des Knowledge Workers aura deux switches Ethernet – pour la redondance – de 24 ports chacun à 10 Gbit/s côté serveurs et 3 ports chacun en 40 Gbit/s vers le reste du réseau qui relie les serveurs à la passerelle WAN. Quand les serveurs sont destinés à des Power Users, les deux switches auront chacun 24 ports 25 Gbit/s côté serveurs et deux ports 100 Gbit/s vers le reste du réseau.

Dans leur guide, Dell EMC et VMware donnent des exemples précis par type de machine. Ainsi sur un nœud VxRail à double processeur Xeon Gold 6248 de 20 cœurs chacun en 2,5 GHz et avec un total de 768 Go de RAM, il serait possible de mettre 160 Task Workers ou 120 Knowledge Workers. Pour les Power Users, il faudra que ce nœud intègre des GPU Nvidia T4 : on peut monter à un maximum de 6 par serveur 2U pour servir l’écran des 80 Power Users supportés ici par le total des 40 cœurs présents.

Il est à noter que ces configurations prennent en compte un usage à 85 % de la machine, afin de gérer de manière transparente des pics d’activité ou des problèmes de saturation. Dell EMC explique qu’il est possible de grimper sur un tel nœud VxRail à 96 Power Users, pour une utilisation à 95 % des cœurs. De la même manière, on peut grimper ainsi à 48 Power Users avec écran 4K (ou double écran).

Quatre facteurs supplémentaires à prendre en compte

D’autres facteurs entrent dans la conception d’une solution VDI. Ce sont les suivants :

- L’élasticité, ou la capacité de la plateforme à pouvoir ajouter rapidement des utilisateurs et des ressources, ce qui est primordial, par exemple, dans les entreprises qui ont des activités saisonnières.

- La distribution géographique et la redondance, pour héberger l’infrastructure dans plusieurs centres de données afin de prévenir une panne ou afin d’être au plus proche des différents utilisateurs finaux.

- La flexibilité, c’est-à-dire la capacité à exécuter des types de tâches, des configurations et des environnements très différents. Il s’agit typiquement de pouvoir prendre en compte en même temps les trois profils utilisateurs cités plus haut.

- La gestion centralisée pour permettre aux administrateurs de configurer, mettre à jour, dépanner et suivre à distance les infrastructures installées sur plusieurs sites.

Encore une fois, les différentes infrastructures hyperconvergées excellent généralement dans les quatre domaines mentionnés ci-dessus, ce qui n’est pas le cas des solutions serveur traditionnelles, que l’on aurait souvent tort de considérer dans un projet de VDI.

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