CroissancePlus optimise ses actions de lobbying avec un CRM Cloud français

L’association d’entreprises gérait ses contacts et ses actions sur Excel. En passant au CRM, elle veut centraliser ses données, optimiser ses actions et simplifier ses démarches légales. Mais le projet n’a pas été sans accroc.

Comment gérer plus de 5.000 contacts quand vous êtes une association qui n’a que cinq permanents, des données en constante évolution, et un changement d'équipe tous les deux ans ? C’est à peu de chose près le défi auquel va répondre aujourd’hui CroissancePlus en adoptant un CRM.

CroissancePlus est une association de lobbying et de réseautage qui regroupe des entreprises française en croissance qui mettent en place des politiques salariales (actionnariat salarial, etc.) plus poussées que le minimum légal.

Elle se fixe pour mission d’intervenir auprès des responsables publics – députés, sénateurs, ministres, organismes sociaux, etc. – pour défendre les intérêts de ses quelques 400 adhérents. Autre action, l’association à but non lucratif organise des ateliers formations et des évènements pour favoriser les échanges entre ses membres. Troisième axe, elle œuvre pour intervenir dans les médias sur ses thématiques phares.

Mieux connaitre ses membres, mieux utiliser leurs expertises

Problème, les informations sur les entreprises des membres, celles sur les influenceurs et celles sur les intervenants extérieurs (experts, sportifs, coach, etc.) étaient disséminées depuis des années dans une multitude de fichiers Excel.

L’idée de passer à un CRM pour centraliser toutes ces données était dans l’air depuis plusieurs mois. L’organisation de l’évènement annuel 2017 de l’organisme, Spring – qui a lieu en mars – va donner l’occasion à Céline Garrisson (Directrice Générale) et Béatrice Halotier (Responsable du projet et Chargée de la Communication Evènementielle) de passer à l’action.

Leur cahier des charges est à la fois simple et complet. Les deux responsables veulent regrouper les informations, les pérenniser et pourvoir les enrichir. Beaucoup de « fiches entreprises » sont en effet incomplètes ou périmées. « Nous voulons mieux connaître nos adhérents (activité, filiales à l’étranger, nombre exact d’employés, type d’actionnariat salarial, etc.). Cela nous permettra de mieux les cibler pour des évènements précis et de mieux sélectionner les membres qui peuvent nous accompagner dans les interventions auprès des autorités », explique Céline Garrisson. Connaître le poids exact de l’association en termes d’emploi permettrait aussi de mieux peser sur les décisions politiques.

Le CRM – en sédimentant classiquement les informations – répond aussi à la problématique du renouvellement partiel des équipes qui intervient tous les deux à trois ans. Le CRM amène en effet une gestion nouvelle des accès aux données qu’il héberge pour que ces données ne soient pas dans les mains de personnes qui quittent le bureau de l’association.

Un mauvais premier choix

En septembre 2016, les deux responsables pré-sélectionnent des solutions.

Parmi celles-ci : Salesforce. L'association envisage un partenariat avec le géant américain qui propose une édition spéciale pour les associations, voire la gratuité dans certains cas. Mais le projet n'aboutit pas.

Céline Garrisson et Béatrice Halotier reçoivent par ailleurs des propositions spontanées. « Une entreprise nous a carrément dit de ne pas nous embêter, qu’elle pouvait tout nous développer comme ça », plaisantent les deux responsables.

Plus réaliste, la deuxième offre émane d’une autre société – que l’association ne souhaite pas nommer – qui propose de fournir gratuitement un CRM contre une visibilité auprès du réseau de CroissancePlus. Séduites par la gratuité, les deux responsables donnent leur feu vert. Mais rapidement, les besoins évoqués pour le CRM vont demander plus de personnalisations que prévues et même nécessiter des développements. Comme le marché passé avec CroissancePlus ne génère pas de chiffre d’affaires en espèce sonnante et trébuchante, le prestataire prévient que le chantier ne sera pas prioritaire.

En février 2017, Céline Garrisson et Béatrice Halotier arrête le partenariat, juste avant l’évènement qui avait initié le projet CRM.

Un deuxième essai validé, avec Eudonet

Qu’à cela ne tienne, en avril 2017 après son séminaire Spring, CroissancePlus reprend le dossier. Béatrice Halotier, qui était allée il y trois ans à un petit déjeuner organisé par l’éditeur français de CRM en mode SaaS, Eudonet, décide de le contacter.

Eudonet réagit rapidement, fait une démonstration personnalisé de son outil, et séduit immédiatement les deux responsables qui ont profité de l’échec précédent pour affiner leurs attentes. « Nous avons une plateforme globale et des verticaux, dont un dédié à ce secteur », précise Antoine Henry - Président d’Eudonet depuis qu’il a racheté l’éditeur en mars – pour expliquer le succès et la rapidité de sa démo.

Le seul obstacle au choix d’Eudonet pouvait être le prix. Ou plus exactement, le fait d’être payant. « Nos tarifs sont clairs, c’est 70 € par mois et par utilisateurs », auxquels s’ajoutent les coûts (confidentiels) d’accompagnements du projet. Mais l’obstacle saute immédiatement. Le Comité de direction valide immédiatement le budget, conscient de la nécessité d’un CRM pour améliorer l’efficacité de ses actions et que toute valeur se paye d’une manière ou d’une autre.

La décision n’a pas été uniquement motivé par la gestion des contacts. Un autre sujet – majeur – s’impose également à l’association : la mise en conformité avec les exigences légales française sur la transparence et la moralisation de l’économie. « Encore plus que le RGPD, un outil comme Eudonet permet de se conformer plus facilement à la Loi Sapin 2 », explique CroissancePlus.

Cette loi oblige en effet toute organisation de lobbying à lister et à conserver ses actions (rendez-vous, déjeuners, etc.) en précisant le contexte, les présents et les objectifs. Ces informations doivent ensuite être saisies sur une plateforme de l’Etat. Le CRM d’Eudonet n’automatise pas la saisi directement sur le portail mais il assure d’avoir un enregistrement exact de ces actions et un export fluidifié.

En juin 2017, CroissancePlus passe donc un nouvel accord pour un CRM.

Le prochain défi : convaincre de partager les informations

Depuis, les étapes s’enchainent sans accroc. « En trois mois et demi, tout sera fait », se félicite Antoine Henry, « cela peut paraitre long pour adapter un vertical, mais en fait c’est plutôt rapide ».

Durant cette période, l’éditeur français aura finalisé les cinq étapes du projet : la compréhension des besoins, le paramétrage, la récupération des données, la formation des utilisateurs, et le test avant mise en production.

« Le principal défi aujourd’hui, c’est d’arriver en interne à convaincre nos membres de jouer le jeu », constate Béatrice Halotier.

Pour mettre à jour les informations sur les entreprises des adhérents, un questionnaire a été envoyé au réseau, mais « seul un tiers de la liste a répondu ».

Aujourd’hui, CroissancePlus compte sur son CRM pour organiser son prochain Spring et envisage déjà des utilisations nomades via les applications mobiles et sur tablette… notamment sur le lieu du salon pour collecter ces précieuses informations en face à face.

Visiblement satisfaite de l’outil SaaS - hébergé dans des datacenters français de Colt et d’Ecritel - l’association n’exclut pas de faire du bouche à oreille en faveur d’Eudonet. Et Eudonet n’exclut pas, lui, d’adhérer à l’association dans les mois qui viennent.

Dernièure mise à jour de cet article : octobre 2017

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