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Nexity mise sur sa « Log Factory » pour gérer son SI entièrement cloud

Après un mouvement massif vers le cloud, Nexity avait besoin d’adopter une suite d’observabilité capable de répondre à ses enjeux. La DSI du groupe immobilier a jeté son dévolu sur Datadog et son offre de gestion des logs.

Le groupe Nexity – 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 – organise ses activités autour d’une plateforme de services immobiliers adressée aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités. Dans ce réseau qui mêle numérique et physique, la société dispose de 365 agences réparties dans toute la France (dont 103 en région parisienne).

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Si Nexity consacre son savoir-faire à la vente et la gestion de biens matériels, c’est bien un SI immatériel qu’il a choisi. Il y a trois ans, la direction des solutions et des innovations numériques (DSiN) du groupe a lancé le programme « Go to cloud » dans le but de se séparer de ses infrastructures sur site. En juin 2019, elle a fermé les portes de ses deux centres de données.
En un an, la DSI a migré pas moins de 460 applications métiers en mode « lift and shift » sur AWS avec l’aide du géant du cloud et de Claranet. L’entreprise affiche d’ailleurs une approche multicloud, puisqu’elle a annoncé en juin dernier qu’elle avait choisi l’ERP cloud d’Oracle pour « transformer sa fonction finance », avec le concours d’Accenture. Elle dispose également de logiciels SaaS hébergés sur Microsoft Azure.

Le SI de Nexity, un environnement uniquement cloud

« Il s’agit d’exploiter le plus de services managés possible dans le cadre d’une stratégie IT dont le but est d’obtenir un “SI as a Service”. »
Laurent DirsonDirecteur des Solutions Business et des Technologies, Nexity

« La DSiN conduit un programme de 36 mois intitulé “Transform” », indique, Laurent Dirson, Directeur des Solutions Business et des Technologies au sein de la DSiN de Nexity. « Il s’agit d’exploiter le plus de services managés possible dans le cadre d’une stratégie IT dont le but est d’obtenir un “SI as a Service” », ajoute-t-il.

Il faut désormais gérer les applications, au besoin les adapter aux spécificités du cloud. « Nos collaborateurs de la DSiN doivent composer des solutions en combinant des services à valeur ajoutée. C’est pour cela que nous utilisons majoritairement des produits SaaS, et du PaaS ou du CaaS pour les développements internes » indique le responsable.

Laurent DirsonLaurent Dirson, Nexity

Et comme dans l’immobilier, la supervision des actifs hébergés dans le cloud réclame les outils adéquats. « La gestion des logs applicatifs était inefficace. Nous avions aussi des difficultés à débugger les applications », constate Laurent Dirson.

Pour capturer et associer les traces d’infrastructure et les logs, il fallait passer par des processus longs et complexes. « Les responsables de la production devaient rassembler les logs, transférer de grosses quantités de données sans compter les problèmes inhérents que cela pouvait engendrer », témoigne le directeur des solutions business et des technologies. « Ces sujets sont désormais derrière nous ».

Le dirigeant et ses collaborateurs se sont donc attelés à chercher un service managé capable de répondre à ces différents défis.

La DSiN a sondé le marché et a trouvé chaussure à son pied auprès de Datadog, éditeur américain fondé par deux centraliens. « Nous avons regardé les produits disposant d’un bon potentiel. Cependant, des solutions qui ont la richesse de Datadog en matière de connecteurs et de traitement des logs, je n’en connais pas beaucoup », tranche Laurent Dirson.

Une des forces des capacités de Datadog, selon le responsable, « c’est qu’elles ont été pensées pour des environnements cloud natifs, mais elles sont aussi capables de gérer l’hétérogénéité des composants qu’ils soient cloud ou non. C’est totalement en ligne avec notre stratégie SI as a Service ».

Datadog, une condition sine qua non au développement chez Nexity

Après un POC de quatre à cinq semaines, le directeur a lancé son projet de « Log Factory », notamment basé sur le produit Log Management de l’éditeur new-yorkais. « Datadog propose un grand nombre de connecteurs natifs, ce qui nous a permis un déploiement simple et rapide », assure-t-il.

« Datadog propose un grand nombre de connecteurs natifs, ce qui nous a permis un déploiement simple et rapide. »
Laurent DirsonDirecteur des Solutions Business et des Technologies, Nexity.

La DSiN s’est appuyée sur ces connecteurs ainsi que sur les extensions Fluentd et l’agent Datadog. « Cela demande quelques heures de mise en place par application, non pas des jours, voire des mois », vante Laurent Dirson. « Nous sommes allés plus loin, par exemple avec un logiciel hébergé sur AWS qui se raccorde à un service Azure. Nous obtenons une vue multicloud ».

 La DSI de Nexity rassemble désormais les logs à un même endroit. « Comme cette plateforme spécialisée est gérée par Datadog, nous nous limitons à déverser les logs que l’on souhaite analyser. Ce qui nous intéresse, c’est de les corréler.

De plus, les moteurs d’IA au sein de la plateforme permettent de projeter des tendances », indique Laurent Dirson. « Nous sommes capables de cartographier les composants, leurs interactions, les temps de traitement, la mesure de la contention, ou encore de paramétrer des alertes », illustre-t-il.

Le fait que les outils de Datadog s’interfacent au système d’annuaire de Nexity facilite l’administration des rôles et la sécurité des logs, selon le responsable. « Quand les utilisateurs se connectent à Datadog, nous pouvons les mettre dans un groupe Active Directory et gérer les droits d’accès. De même, flouter en temps réel certaines parties de logs, notamment les données sensibles, renforce leur confidentialité ».

« Avec Log Management et Datadog, nous avons réduit le temps de mise à disposition des logs de plusieurs jours à de l’instantanéité. »
Laurent DirsonNexity

Mais le bénéfice principal de cette solution d’observabilité pour la DSI de Nexity, serait la rapidité d’acquisition des traces et des logs. « Avec Log Management et Datadog, nous avons réduit le temps de mise à disposition des logs de plusieurs jours à de l’instantanéité. C’est un point clé », répète Laurent Dirson.

Après un déploiement débuté en septembre 2020, plus de la moitié des 460 applications hébergées sur AWS sont monitorées depuis la Log Factory. Pas moins de 200 utilisateurs chargés des études et de la production IT accèdent à la plateforme. « Datadog est devenu obligatoire. Dès que nos développeurs déploient une nouvelle application, ils y intègrent l’agent de Datadog ».

À cet égard, Laurent Dirson loue la simplicité de l’outil. « Il n’y a pas besoin d’une longue formation pour maîtriser Datadog, la courbe d’apprentissage est très courte avec les dashboards préformatés », assure-t-il.

Des gains opérationnels significatifs

Tableau de bord Datadog Nexity
Un tableau de bord consacré au suivi des erreurs des API Rest dans la Log Factory de Nexity.

« Certains de nos collaborateurs ne disposant pas de compétences hautement techniques – notamment des responsables d’applications – utilisent Datadog. Nous n’avons pas eu besoin de passer des heures à démontrer l’intérêt de la Log Factory et cette démarche d’observabilité. Demain, nous envisageons de mettre certains outils dans les mains des métiers. Nous allons dépasser les frontières de l’IT dans une approche omnicanal, par exemple en octroyant une vue en temps réel sur smartphone des performances applicatives. À travers un outillage, nous sommes capables de réconcilier deux mondes qui historiquement ne sont pas forcément en phase », ajoute-t-il.

Les solutions de collecte et de traitement des logs sont souvent pointées du doigt pour les coûts d’ingestion et de stockage des données qu’elles entraînent. Dans le cas de Nexity, ce n’est pas un sujet.

« Notre approche sélective facilite la gestion financière des logs. Diminuer le nombre de logs réduit les coûts. Quand nous en collectons beaucoup, c’est que nous trouvons un intérêt à le faire, pour créer de la valeur. Ce que cela nous apporte en matière de fonctionnalités et de gain opérationnel, c’est sans commune mesure », affirme Laurent Dirson.

L’APM, le « dernier étage de la fusée »

Interrogé sur les possibles améliorations à apporter à la plateforme de supervision de Datadog, le directeur des solutions business et de la production chez Nexity affirme qu’il « n’en voit pas beaucoup ».

En revanche, la DSiN compte prochainement utiliser les capacités de traitement APM fourni par l’éditeur dans un contexte de refonte d’une bonne partie de son parc applicatif.

« L’APM est le troisième et dernier étage de la fusée que nous allons mettre en place. »
Laurent DirsonNexity

« L’APM est le troisième et dernier étage de la fusée que nous allons mettre en place. Nous aurons une vision complète afin de monitorer toutes nos solutions. Dans un SI as a Service, basé sur des produits SaaS et des services, les microservices composites pouvant rapidement gagner en complexité, il nous faut ce type d’outil », martèle Laurent Dirson.

In fine, Nexity souhaite évaluer l’expérience utilisateur. La DSiN envisage de mettre dans les mains des métiers des tableaux de bord qui synthétisent l’utilisation des services web et mobiles de Nexity par ses clients. Il s’agirait non plus de signaler des problèmes, mais de savoir le nombre de réservations de logements effectuées dans la journée, de mesurer l’audience, etc. « Le champ des possibles est conséquent », conclut Laurent Dirson.

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