Jean Leroux, USF : « remettre sur la table la question du coût de revient de SAP »

Interrogé en marge de la convention annuelle de l'USF (le club des utilisateurs SAP francophones), Jean Leroux, président de l'association et DSI d'Aelia, revient sur son dialogue "tendu mais constructif" avec SAP. Des tensions évidemment centrées sur la hausse des taux de maintenance.

lerouxAvec le sondage que vous avez lancé en France, et qui s'est étendu au niveau international, vous tentez d'infléchir la position de SAP sur son contrat Enterprise Support. Quels sont les axes de progrès selon vous ?

Jean Leroux : Si SAP veut aller vers les PME, il doit commencer par garantir un support en français aux heures de bureau. Cette remarque vaut aussi pour le secteur public, très attaché à la francophonie. D'autre part, la politique de support - qui consiste à offrir le même contrat pour tous - est embêtante ; certains utilisateurs ont très peu recours aux services de support de l'éditeur...

Il sera pourtant difficile de faire revenir SAP sur son taux de maintenance, annoncé à 22 %. Ne pensez-vous pas qu'il sera plus simple d'obtenir plus pour la même tarification ?

J.L. : Je pense effectivement que l'éditeur sera plus réceptif à cette démarche. Cette façon d'avancer ne me dérange pas à si le coût total de possession de la solution diminue. Je veux avant tout mesurer la vraie valeur de Enterprise Support (le nom du nouveau contrat de support de SAP, ndlr).

SAP a envoyé sa lettre aux utilisateurs, pour les prévenir du changement de contrat de support, à la mi-septembre, alors que la crise financière s'aggravait avec la faillite de Lehman Brothers. Que pensez-vous du timing de cette annonce ?

J.L. : C'est une maladresse. Cette hausse du taux de maintenance arrive à un moment affreux où les gens ont les yeux rivés sur les coûts. Mais peut-être que ce timing permettra de remettre sur la table la question du coût total de possession (TCO) des solutions SAP. Je considérerais comme un plus que la migration de version devienne un non-événement. Si la maintenance devient plus cher, mais qu'elle fait baisser d'autant le coût des montrées de version, les utilisateurs s'y retrouvent. D'autre part, ce changement de la politique de support pourrait être l'occasion d'obtenir une simplification de l'offre tarifaire aujourd'hui très complexe chez SAP, comme chez d'autres éditeurs. Par exemple, la maintenance est aujourd'hui calculée sur le nombre de licences achetées par l'entreprise. Elle pourrait plutôt être indexée sur les utilisateurs réels de la solution, sur l'usage constaté notamment dans l'outil Solution Manager fourni par SAP.

Cette hausse de la maintenance pourrait-elle donner naissance à des offres concurrentes de support des plates-formes SAP ?

J.L. : C'est possible en théorie. Mais je n'y crois pas en raison de la taille des investissements industriels à mettre sur la table.

En complément : lire également notre article sur la convention du club utilisateur.

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