Développement : seulement 36 % des projets livrés dans les délais 

Le 17 décembre 2010 (12:41) - par Cyrille Chausson

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Rubriques : Externalisation - Projets - Outils de développement Tags : developpement - projet - développement agile

Une étude d’Evans Data révèle que seulement 36 % des projets de développements en EMEA sont livrés selon le calendrier fixé initialement, contre 51 % pour les développeurs nord-américain. Le cabinet d’étude que l’agilité ne représente pourtant pas la pilule miracle.

Le retard des livrables serait-il une spécificité du développement logiciel à l'européenne ? C’est une des conclusions qu’on peut tirer des derniers chiffres publiés par le cabinet d’études Evans Data, d’après une enquête réalisée auprès de 1 200 développeurs en Amérique du Nord ainsi que dans les zones Emea (dont l'Europe) et Asie-Pacifique. Alors que la complexité des développements augmente, poussée notamment par des modèles de développement et d’informatique plus distribué (à l’image du Cloud Computing par exemple), les développeurs du monde entier peinent cependant véritablement à sortir leurs projets dans les temps.

Reste que selon Evans Data, les développeurs européens seraient les plus mauvais élèves en matière de délai. Ceux-ci ont admis n’avoir livré que 36% des projets dans les temps et moins de 60% des développements ont été fournis quelque trois semaines après la date marquant la fin des phases de développement prévues initialement. De leur côté les développeurs nord-américains semblent plus rigoureux en terme de calendrier : ils affirment avoir livré 51% de leurs développements dans les temps impartis au projet et deux-tiers des développements seraient livrés trois semaines après la date initiale. Mêmes résultats en ce qui concerne les projets livrés dans les temps pour les développeurs de la zone Asie-Pacifique, note l’étude, tout en soulignant que 71 % des développements dans cette zone sont délivrés trois semaines après la date fixée par le calendrier initial.

Autre donnée intéressante, les développements réalisés en interne respecteraient davantage le planning initial que ceux effectués par des prestataires externalisés. Les résultats obtenus par les développeurs de la zone Asie-Pacifique - la poche principale de l’externalisation - cités précédemment en sont certainement une première explication.

L’étude note enfin que les projets de développements en Amérique du Nord et en Europe sont le plus souvent abandonnés pendant les phases de programmation, tandis que pour les développeurs Apac, les phases de tests sont les plus souvent fatales aux projets.

Pas de solution miracle

Plus surprenant, explique Evans Data, l’agilité, qui aujourd’hui occupe une place de plus en plus importante dans les phases de développements et dans l’ensemble du cycle de vie du projet, ne semble pas, pour autant, être le remède adéquate.
“Ce qui est intéressant, rappelle le cabinet, c’est qu’alors que les développeurs sont adeptes de l’agilité, les projets reposant sur les modèles de management de type six sigma ou Itil, ainsi que sur la gestion de projet en cascade [appelé également cycle en V - la méthode de gestion traditionnelle, NDLR] sont moins propices à l’abandon”, souligne Janel Garvin, PDG d’Evans Data.

Une étude de VersionOne, éditeur d’outils de gestion de projets, rappelait en janvier dernier que si les méthodes agiles - à l’image de Scrum - gagnaient en popularité, elles restaient cependant cantonnés à de petits projets en entreprise, freinées par le bouleversement organisationnel que cela entraine dans un schéma de gouvernance classique.

reste une question que n'aborde pas Evans Data : ces retards dans les livrables n’entrainent-ils pas un raccourcissement d’autres phases du projet, comme le testing ? Bernard Homès, président du Comité français des tests logiciels (CFTL), nous rappelait à l’occasion de la 2e journée française des tests logiciels que, si les phases de tests certes se multiplaient, elles étaient encore réalisées dans l’urgence, et souvent en aval des phases de développement. Une phase dans laquelle on n’hésite pas à tailler pour respecter un certain délai. “15 % des défauts sont aujourd’hui livrés en production”, ajoutait-il alors.


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Par doudou
 Le 18/12/2010 à 22:23
Seuls les développeurs sont à blâmer ? Ayant plusieurs années d’expériences dans plusieurs entreprises de moyennes/grandes tailles, j'ai pu remarquer que la négligence est à tous les niveaux. Utilisateurs, chefs de projets et MOA sont tout aussi coupables que les développeurs. Les specs peuvent être incomplètes ou les tests d’intégration bâclés.
Continuez de prôner l’agilité ou des méthodes brain fuck, cela n'arrangera rien si tous les éléments d'un projet n'agissent pas de concert.
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Par Vincent Decugis
 Le 20/12/2010 à 16:34
Ce chiffre rejoint de nombreuses analyses faites aux USA (Standish Group), en Angleterre et en France : seul environ un tiers des projets informatiques sont totalement au rendez-vous des conditions fixées au départ par les donneurs d'ordre en termes de coût, délai, qualité et fonctionnalités. Les autres projets sont soit en dépassement, soit arrêtés en cours de route.

Il faut cependant noter que cette étude est une enquête d'opinion qui interroge les développeurs sur tout un tas de sujets (leur IDE préféré, l'utilisation du dernier framework à la mode, etc.) et porte très accessoirement sur le projet proprement dit. Ils s'expriment ainsi sur ce qu'ils constatent dans leur environnement. Mais de là à suggérer qu'ils sont la source unique de ce retard, il y a un pas qu'il ne faut pas franchir. Il y a tout un tas de raisons de retard, et toutes ne sont pas de leur fait, loin de là. Je crains que cette enquête ne soit pas assez poussée sur le sujet particulier des retards pour en tirer de quelconques conclusions ... Si ce n'est que le chiffre corrobore d'autres études plus poussées.
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Par michelbodin
 Le 21/12/2010 à 16:49
Pour ma part, en tant que chef de projets depuis plus de 15 ans, j'ai quasi (>80%) toujours livré ceux-ci à temps, de bonne qualité et avec une équipe épanouie et motivée - malgré la pression de plus en plus forte imposée par le marché et la concurrence, avec une (fâcheuse) tendance à un mode de management plus brutal -.
Rien de miraculeux dans cette performance... plutôt, quelques règles et une attitude en direction de projet qui marchent à tous les coups... et ce n'est que du bon sens basé sur une expérience et un simple recul sur les causes de réussite et les causes d'échec d'un projet.
Quelques pistes : "le contrat en continu", "la règle des trois tiers", "le coaching d'équipe", "être avant de faire", 'courbe en S", "l'agilité du V",..., "y être déjà", "systémique des parties prenantes",...
... mais, n'est pas "manager coach" qui veut...
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Par michelbodin
 Le 21/12/2010 à 17:05
Les causes de dérapage d'un projet sont à scinder en
- contrat
- organisation
- pilotage
- conception/plan recette
- développement/recette
- déploiement

Une étude (très ancienne) d'une grande SSII avait noté - si mes souvenirs sont corrects -, pour les causes de dérapage des projets en responsabilite :
- 30 pour le contrat
- 30 pour l'organisation et le pilotage
- 25 pour la conception/plan recette
- 15 pour le développement/recette/déploiement
... quelqu'un pourrait-il mettre la main sur cette étude !?

Il est dit que pour un quantum de temps économisé (à tort) dans une étape amont, le temps de rattrapage de l'erreur augmente de manière exponentielle dans les étapes suivantes...
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